Première visite pastorale de Mgr Gemayel à Göteborg et à Stockholm en Suède

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La première messe en Suède fut célébrée par Monseigneur Maroun-Nasser Gemayel à Göteborg, en l’Eglise Sainte Maria Magdalena. Elle a rassemblé une centaine de personnes. D’autres fidèles n’ont pas pu venir, ils étaient présents dans le coeur et les prières de notre Evêque.

Lors de son homélie, Monseigneur Gemayel a salué le dévouement remarquable du Père Georges Nehmé qui fêtait en ce jour le 14ème anniversaire de son ordination sacerdotale. Un grand merci également pour le Père Abraham Gharys, syriaque catholique, qui a accompagné et servi la communauté maronite de 1889 à 2003 date d’arrivée du Père Nehmé. Son installation a pris lieu par la suite de la visite de sa Béatitude le Patriarche Sfeir.

Une pensée particulière dans les intentions de messe furent portées aux pionniers arrivés dans ce pays, apprenant la langue et faisant leurs premiers pas, loin du soleil du Levant, dans le froid de la Scandinavie, portant leur chaleur dans leurs yeux et leurs coeurs.

Avant la célébration, Monseigneur Gemayel avait rencontré les jeunes de la chorale dirigée par Mme Thérèse Youssef Abboud, certains d’entre eux avaient déjà rencontré leur Evêque lors du Rassemblement Diocésain des Jeunes en 2014 et étaient ravis de savoir que le second Rassemblement se prépare à Paris pour Pentecôte 2016.

Après la messe les fidèles se sont rassemblés autour d’un repas partagé, dans une ambiance familiale chaleureuse. Père Georges Nehmé a tenu à remercier et présenter chaque personne, à commencer par les 5 qui constituent le conseil pastoral : Romel, Carlos, Lydia, Georges et Bassam. La jeune Gabriella (responsable des Jeunes), Manguala, Micheline et Hiam qui s’occupent du catéchisme, Ibrahim, Marie, Alfred, Rima et Eva, en charge de l’accueil, la logistique, la liturgie ... sans oublier tous les autres.

Depuis 2011, Père Nehmé a instauré un pèlerinage annuel permettant aux fidèles de voyager ensemble, visiter des hauts lieux spirituels (Jerusalem, Rome, Medjugorje, Fatima et Lourdes), faire connaissance et créant ainsi des amitiés et une synergie nouvelle. C’est lors du dernier pèlerinage que l’idée de fonder une confrérie mariale s’est concrétisée. 35 femmes ont répondu à l’appel. L’Evêque a promis de revenir bénir la cérémonie de consécration en octobre prochain.

Prenant la parole, Monseigneur Gemayel a remercié encore une fois l’engagement du Père Nehmé depuis plus de 12 ans auprès des fidèles, son intelligence à les rassembler et à les fédérer autour de leur Eglise. Il a évoqué les conditions de la guerre qui ont amené les maronites du Liban et leurs frères chrétiens d’Orient à se disperser de par le monde. "L’histoire de chacun de vous est un livre à part entière".

Cette situation a amené le Pape Benoît XVI à créer une Éparchie pour les Maronites de France, une structure épiscopale refusée jusque là, alors que des évêchés maronites existent aux Etats- Unis depuis les années 1960 et en Australie depuis 1970, sans parler de celles en Amérique Latine
 ! En Europe il y avait juste une "visite apostolique".

Monseigneur Gemayel a insisté sur la valeur ajoutée que les familles maronites apportent dans la société suédoise, la solidarité, les relations conviviales entre ces familles, l’entraide, l’hospitalité. Il a encouragé les fidèles d’apprendre des européens leur ponctualité, leur respect des droits de l’Homme, leur civisme, leur engagement citoyen, sans pour autant oublier nos valeurs et notre parfum oriental.

Pour l’Evêque, le point le plus essentiel, qui a toujours était notre richesse, c’est l’éducation. Notre facilité avec les langues, 10.000 heures d’enseignement en langue étrangère ! Son Excellence était surpris de voir les jeunes de la chorale apprendre les chants en phonétique ou lisant l’arabe en lettres latines (à la Saïd Akl). Il a rappelé le rôle prépondérant du Liban dans le domaine de l’enseignement, celui des écoles privées appartenant aux différentes congrégations qui ont
enseigné des dizaines de générations. Il a insisté sur l’importance de la langue arabe, langue économique et la potentialité qu’elle offre pour le marché du travail dans les pays du Golfe.

Une question fut soulevée concernant les possibilités réelles qu’offre la Suède pour aider à créer et financer une école bilingue voire trilingue. La langue est un atout important pour garder les liens, transmettre les valeurs et sauvegarder un patrimoine culturel riche.

Monseigneur Gemayel a transmis aux fidèles la situation de l’Éparchie en France, ses réalisations depuis 3 ans ainsi que ses projets. Le nombre de Paroisses et de missions qui a augmenté considérablement malgré le manque de prêtres et d’argent. La volonté d’aller de l’avant et rester optimistes.

Il a demandé à ne pas oublier les nôtres restés en Orient, gardiens de cette terre sainte, de ce riche patrimoine. A nous de les aider, les soutenir moralement et financièrement. Il a encourager les fidèles à investir au Liban, "vous le faites pour vos enfants, pour garder ce lien sacré".

Pour conclure Monseigneur Gemayel invite les jeunes au Rassemblement de Pentecôte du 14 au
16 mai 2016. Un cadeau que les parents peuvent offrir à leurs enfants, un week-end à Paris, au Sacré Coeur de Montmartre où ils ont l’occasion de rencontrer d’autres jeunes venus de toute l’Europe. Une concentration de Jeunes talents dans un émulation positive et constructive pour l’avenir. "Les voyages forment la jeunesse et notre jeunesse maronite a beaucoup de richesses à partager".

Une séance de questions /réponses a suivi, relative à la situation en Orient, à la crainte de voir cette terre sainte se vider de ses chrétiens, le patrimoine des chrétiens qui s’amenuise avec la vente des terrains, les jeunes tentés de plus en plus par le départ, la population qui vieillit, la situation en Europe avec le peu de moyens et le nombre limité des prêtres.

Avec franchise et transparence l’Evêque a essayé d’apporter des réponses claires loin de toute ambiguïté appelant les fidèles à persévérer dans leurs prières. Le Seigneur, toujours à l’écoute, ne manquera pas de déceler de nouvelles vocations, le Liban ne peut toujours exporter ses prêtres, le meilleur pasteur sera celui issu parmi vous, connaissant vos valeurs, vos traditions et vos souhaits.

3 jours de visite pastorale à Stockholm
du 9 au 11 avril 2016

Samedi 09.04.2016, Monseigneur Gemayel quitte Göteborg par le train direction Stockholm où il est accueilli par Père Simon-Petrus Semaan en charge de la mission maronite.

Père Simon-Petrus, originaire de Chiyah est arrivé en Suède en 1989 afin de poursuivre ses études supérieures et se consacrer à sa carrière professionnelle. L’appel du Christ, qui avait touché son cœur auparavant, est revenu plus intense. Il décide alors de prendre contact avec l’Evêché catholique de Suède afin de suivre des études théologiques, il étudie un an au Liban et demande la biritualité (latine et maronite).

Curé incardiné dans le diocèse de Stockholm. Il a été curé de la paroisse de la Sainte Trinité à Jakosberg, puis aumônier de l’école catholique à Stockholm. Actuellement et depuis août 2012, il est curé de la paroisse Saint Ansgar (Oscar) à Södertälje.

Birituel depuis 2003, Père Simon-Petrus assure également le service de la mission maronite à Stockholm qui se réunit tous les dimanches à l’église Saint Maroun. Eglise louée en 2007, elle fut acquise en 2012 grâce à l’aide généreuse de Monseigneur Anders Arborelius.

La première journée dans la capitale suédoise fut réservée pour une rencontre - échanges avec les fidèles suivie d’un repas partagé dans la salle de l’église Mar Maroun. Monseigneur Gemayel a parlé de la création de l’Eparchie en 2012, retraçant l’historique de l’installation des Maronite en Europe, particulièrement en France, territoire de l’Eparchie auquel s’ajoute la visite apostolique des 16 pays. La grande distance à couvrir, les pays à parcourir, les fidèles à rencontrer.

L’Evêque poursuit "cette visite en Suède, tant attendue nous réjouit et nous donne l’occasion de venir vous parler de nos projets pour ces générations nées loin de nos pays d’origine et qui risquent de faire souche dans ce pays d’accueil. Comment faire pour garder vivant dans leurs cœurs mais aussi dans leurs vies, au quotidien, nos valeurs, nos origines, notre authenticité maronite ?".

Nous remarquons que la langue maternelle perd du terrain au profit des nouvelles langues acquises dans les pays de l’expansion. Quelle langue pour les générations futures ? Cette question a suscité beaucoup de débats : l’arabe, le libanais, le syriaque poussant certains à revenir au phénicien !!!

La réponse de Monseigneur Gemayel, basée sur l’histoire et la méthodologie scientifique, a rappelé les origines de cet Orient balloté entre identité linguistique et idéologie politique. Face au refus de la langue arabe, considérée souvent restrictive aux musulmans, il a retracé l’historique des pays à l’Est et à l’Ouest de l’Euphrate (gharbo devenue 3arbo), rappelant aussi que certaines tribus d’Arabie étaient chrétiennes bien avant l’apparition de l’Islam et pour les plus sceptiques, il leur conseille de relire le premier chapitre des Actes des apôtres, dans lequel sont notés les peuples christianisés, parmi eux les Arabes.

Pourquoi refuser cette langue à laquelle nous avons tant apporté ? Nous avons toujours été les intermédiaires entre l’Orient et l’Occident grâce à notre maîtrise des langues et nous en avons encore besoin de nos jours car c’est une langue économique qui nous ouvrent les marchés du travail. Combien de familles libanaises vivent grâce à la manne de pays du Golfe ? Une langue c’est une richesse. La langue syriaque n’a d’intérêt que pour la liturgie et pour le phénicien ... c’est la pure utopie !!

Après la séance questions/réponses, Mr Tony Saouma El-Zouki, installé depuis 48 ans en Suède a déclamé un poème inspiré de cette rencontre conviviale.

Dimanche 10.04.2016 une messe maronite a rassemblé les fidèles autour de leur évêque, en présence de Mlle Aline Younès, première conseillère à l’Ambassade du Liban. Une rencontre autour d’un café gourmand a permis à ceux absents samedi de rencontrer son Excellence et de prendre de photos en souvenir de cette visite.

L’après-midi, le soleil chaleureux a donné l’occasion d’une visite du centre historique de Stockholm, suivie d’un dîner à l’invitation de Mlle Aline Younès au Grand Café.

Lundi 11.04.2016, un rendez-vous était fixé à 10h pour la visite de l’Ambassade du Liban et à midi,
Un déjeuner avec l’Evêque catholique, Anders Arborelius, au siège épiscopal. Ce fut l’occasion d’évoquer la question des chrétiens orientaux et leur arrivée en Suède, en particulier les Maronites. Les deux évêques ont salué le dévouement du Père Simon-Petrus au service des deux églises, un lien indispensable pour cette riche la communion, un symbole de respect mutuel et d’écoute.

L’après midi fut l’occasion d’une visite de la ville universitaire d’Uppsalla, de sa cathédrale et de son Musée qui regroupe une collection unique de vêtements, d’ornements archiépiscopaux et d’autres textiles du moyen-âge, les insignes royaux des rois et reines, etc.

(c) Eparchie Notre-Dame du Liban de Paris des Maronites - mis en ligne le 14 janvier 2013 - Mentions Légales