Mgr Gemayel à Mère Clémence Hélou : nous sommes fiers de Vous

A l’occasion du 30 ème anniversaire du Foyer de la Providence des Sœurs Antonines, rue du regard, dans le 6ème arrondissement à Paris, la Supérieure, Sœur Marie Touma , entourée des sœurs Edith Hannoun et Antoinette Ghaleb, a accueilli les invités à la soirée en l’honneur de Mère Clémence Helou, fondatrice de ce Foyer le 12 septembre 2015.

Puis, elle a souhaité la bienvenue aux convives :

« Monseigneur, Excellence….
Chers amis,

Vous êtes la grande famille de nos amis, la nôtre. Votre rencontre tisse notre joie !
La Providence nous a aidés et nous a inspirés pour l’organiser. Cette rencontre est faite autour de la fondatrice de cette Maison, Sœur Clémence Helou qui a eu le courage, en pleine guerre du Liban, de venir en plein cœur de Paris pour y planter le cèdre du Liban, au moment où il risquait d’être déraciné. Que de péripéties avant d’acquérir, de réhabiliter et d’ouvrir ce Foyer de la Providence international et interconfessionnel aux étudiantes et aux familles venues en fuite du Liban, à toutes celles qui demandent un logement !
Depuis que j’ai pris la charge de ce Foyer, tout m’a rappelé Sœur Clémence. Elle a été à côté de moi dès le noviciat comme sœur supérieure générale, conseillère, enseignante et surtout amie.
J’ai la joie aujourd’hui de pouvoir lui dire merci en votre présence, de remercier le Seigneur pour les dons dont il l’a comblée, avec Marie nous répétons Magnificat ! Pour que la vie continue dans cette maison du Liban à Paris, nous avons besoin de votre amitié, de votre présence, de votre soutien humain et spirituel. « Le Liban n’est pas seulement un pays, mais une mission, un message », a dit le Saint Père
Jean Paul II. Nous avons à le mériter avec vous ! Merci à toutes et à tous pour votre présence.
Et ce n’est qu’un commencement ! »

Ensuite, Sœur Touma s’est adressée à Mgr Maroun Nasser Gemayel pour le remercier d’avoir accepté de présider cette rencontre amicale et lui a donné la parole :

Mgr Maroun Nasser Gemayel
“ Révérends Pères, Excellences, Révérendes Sœurs, Mesdames et Messieurs, Nous sommes réunis, ce soir, pour rendre hommage à Mère Clémence Hélou. Sœur Marie Touma, la supérieure de cette maison, m’a confié le soin de dire un mot résumant son parcours scientifique, religieux et culturel. Pour débuter, je remarque qu’il n’est pas si facile en quelques minutes de cerner tout le parcours d’une religieuse ayant à son actif une longue expérience religieuse, culturelle, théologique et administrative. J’ai pris quand même mon courage à deux mains, et je me suis attelé à cette tâche, concernant une religieuse que j’ai connue, à Paris, depuis 1978, quand je préparais encore ma thèse. Je me rappelle d’elle encore quand elle prenait goût à mes recherches de doctorat. Et elle n’hésitait pas à m’encourager dans ce que je faisais ; j’en avais besoin.
Aujourd’hui, à mon tour, en signe de reconnaissance, étant devenu ce que je suis, permettez-moi, chère Mère Clémence, de vous dire tout d’abord, un GRAND MERCI pour ce que vous êtes, et ce que vous faîtes. Vous méritez bien le nom que vous portez. La clémence est toujours et partout Ktir حلو !

Je vous propose, chers amis, un parcours en trois étapes :
1)- Une étape religieuse monastique. Mère Clémence est l’exemple de la religieuse, imbibée de foi, mure, sage, équilibrée. Quand on cherche un modèle de vie religieuse, on pense à elle ! C’est durant les longues années de guerre, inspiratrices de sa vision, qu’elle a pu témoigner de son identité religieuse. Elle a essayé de changer le cours des choses, collaborant avec des grands de Notre Eglise maronite : Youwakim Moubarac, Michel Hayek, Nasrallah Sfeir, et combien d’autres ! Mère Clémence, humble qu’elle est, est de ce calibre-là ! Une expérience monastique syriaque, mystique, radicale, a été initiée et mise en pratique, à Qannoubine, grâce à elle. Elle fut la première à l’avoir expérimenté dans la Vallée Sainte. Cette tradition perdure jusqu’à present, avec les religieuses de sa Congrégation et d’autres chercheurs de la Vérité et de l’Absolu.
2)- Que dire de l’étape personnelle de Mère Clémence ? Etape culturelle et académique ? Il n’est pas donné à tout le monde de pouvoir être suivi par Paul Ricoeur ! Elle ne s’empêcha pas de choisir un sujet de thèse, hors du commun et difficile, intitulé : Symbole et langage dans les écrits johanniques, (Mame, 1980). Ce chef d’œuvre est suivi par un autre : Apocalypse de Jésus-Christ. (Cariscript, 1997). Ses ouvrages , venant d’une religieuse orientale, rivalisant avec d’autres européennes, font date !

3)- Avant de terminer, une dernière étape s’impose, que j’intitule : Mère Clémence la visionnaire. Vous vous rendez compte, durant les années de guerre, sous les bombes, au moment où l’on se demandait quand sera la fin des Chrétiens d’Orient, Mère Clémence a eu l’ingéniosité de convaincre sa Congrégation de s’installer en plein centre de Paris, là où nous sommes maintenant ; il y a trente ans de là ! Paris, ville de lumière, de culture et d’ouverture et de liberté ! Elle voulait par là, contribuer à sa manière à promouvoir la jeune fille étudiante orientale. C’est grâce à votre foi, à votre ténacité, et aux relations tissées avec de grandes personnalités françaises, que vous avez pu réaliser merveilleusement ce projet !
Mère Clémence, nous sommes tous, ici présents, fiers de Vous, et nous attendons encore beaucoup de Vous ! “

Puis, plusieurs personnalités du monde associatif, caritatif et religieux ainsi que des membres de la famille, ont pris la parole pour témoigner de leurs expériences avec Mère Clémence et de leur reconnaissance envers celle qui est une figure emblématique de l’intellectuelle maronite.

Soeur Clémence Helou remercie l’assemblée :

« Excellence, Monseigneur Maroun Nasser Gemayel.
Notre Evêque en France et visiteur apostolique en Europe, Monseigneur Amine Chahine, directeur du foyer Franco-Libanais.
Messieurs nos représentants libanais et tous les dignitaires du clergé.
Je remercie spécialement Père Youhanna Gheha qui nous a enchantés par sa musique avec Messieux Imad Morcos et Fouad Abi Dib.
« Un ami rien qu’un ami, c’est aussi précieux qu’une vie », disait Georges Bernanos.
Que dire de cette constellation d’amis qui nous entoure ce soir ?
Si nous cherchons le visage du Christ, il est là présent rayonnant sur vos faces.
Vous êtes notre grande famille de Paris, vous élargissez notre « tente » comme dit le psaume.
Je vous dis à tous, de tout cœur, merci !
Notre maison de la Providence du 13 rue du Regard porte bien son nom.
Elle a été fondée en 1983, en pleine guerre du Liban, pour héberger des étudiantes désemparées devant leurs universités fermées, les familles en fuite et surtout les jeunes résistants, cherchant refuge.
Cette maison s’est transformée plus tard en Foyer international et interconfessionnel.
La Providence était là pour nous guider à mener à bien ce projet. Elle a été relayée par des organismes et des charismatiques de tous bords qui nous ont tendu la main. C’est Monsieur Jacques Chirac, le Maire de Paris en premier lieu, inoubliable et que nous accompagnons par nos prières, c’est le Maire de Paris 6eme, Monsieur Jean-Pierre Lecoq qui n’a pas été moins fraternel, c’est l’Oeuvre d’Orient, notre proche, par son soutien matériel, humain et spirituel et surtout notre congrégation Antonine du Liban. A vous tous merci !
Ici, c’est le flambeau du Liban que nous voulons porter dans une France tutélaire et amie.
Le Pape Jean Paul II nous a indiqué le chemin : « Le Liban n’est pas un pays, mais un message. »
Ce message, nous avons à le mériter et à le vivre et à le faire rayonner, malgré toutes les misères qui nous entourent au Moyen-Orient et qui rejaillissent sur le Liban.
Le Pape François ne cesse de nous recommander la Joie, la Miséricorde (el Rahmeh) et surtout l’Evangile : « Ne nous laissons pas voler l’Evangile ! ».
Nous essayons avec notre Eglise, nos étudiantes, notre personnel et vous tous « d’entendre » cette voix et d’écouter l’Esprit.
Finalement, nous répétons avec gratitude : « Tout vient de toi, Seigneur, et ce que nous t’avons donné vient de ta main. » (Chroniques 29 ; 14) Merci à Dieu et à vous tous.
« Laudato-si », Seigneur. Toute ma vie je te bénirai ! Amen !”

Après les remises des cadeaux, les participants ont été invités par Soeur Marie Touma à partager le vin d’honneur .

(c) Eparchie Notre-Dame du Liban de Paris des Maronites - mis en ligne le 14 janvier 2013 - Mentions Légales