Retour sur notre rencontre synodale de Bordeaux

« Ma maison est une maison de prières pour tous les peuples », Jean 1-14 ; Isaïe 56,1-41 ; 1Psaume 2,4-9.
Notre communauté à Bordeaux était très enthousiaste d’être une ville étape du premier synode maronite de France. Père Nabil Mouannes a choisi Madame Mouna Zaiter pour le seconder dans la préparation de cette rencontre qui fut un succès pour notre éparchie.
Nous avons accompagné le synode dès son bourgeonnement à Paris, dans la première session. Pour la deuxième session nous avons suivi les rencontres à Meudon et pour la troisième session itinérante en région, nous étions présents à Marseille puis Paris pour revenir sur notre ville Bordeaux.
Pour préparer la rencontre à Bordeaux, nous avons mis en place avec le conseil paroissial et le conseil financier, les modalités, les frais, ainsi que l’investissement dans les commissions de tous les membres de la communauté. Tout le travail réalisé fut coordonné avec notre évêque Gemayel, son assistante Madame Souraya Abi Farès, puis proposé à tous les responsables des commissions.
Nous avons choisi le thème de nos rencontres en se basant sur le choix des commissions nommées par l’éparchie pour la rencontre de Bordeaux. Cela dit, notre synode avait pour titre : « Culture, enseignement et intégration ». Toute la paroisse fut mobilisée, également ses membres latins.
Le programme et le thème furent envoyés par mail, bulletin, internet, facebook, et communiqués d’une manière personnelle par téléphone et messages téléphoniques. Surtout, ils furent annoncés par diffusion sur deux radios locales chrétiennes et laïques.
Dès jeudi 9 avril, madame Abi Farès accompagnée par son époux Jad étaient déjà à Bordeaux pour nous soutenir et nous aider à mettre en place les derniers préparatifs. Autour d’un dîner chez la famille Zaiter, nous avons conclu ce qu’il fallait imprimer, publier ou restructurer.
Le vendredi 10 avril, nous avons accueilli vers midi le Père Charbel- Daniel Abou Haydar arrivant de Suresnes, sa présence nous fut d’un grand soutien, puisqu’il est de formation « Graphiste designer ». Avec lui, Souraya et Père Nabil, ont conclu et terminé le journal de l’éparchie, « numéro Zéro », le finissage de deux prospectus : « Comment aider notre éparchie et comment adopter un prêtre ».
Les préparations de l’exposition étaient aussi en cours dans la salle Saint Victor. L’aide de Robert Khater, qui s’est libéré de son travail pour accrocher les tableaux dans les meilleures conditions. Les livres de notre évêque, une bonne quarantaine, du Père Nabil et de quelques paroissiens surtout des thèses des étudiants furent exposés près des tableaux. Le Cardinal Jean-Pierre Ricard, eut la gentillesse de participer tout modestement à cette exposition avec son dernier livre intitulé Sept défis pour l’Église, Éditions Bayard, 2003. Un mur fut gardé pour les enfants de la paroisse qui ont exposé leurs dessins et leurs peintures, exprimant ainsi la nostalgie de la patrie et de la vie paisible au Moyen Orient.
Monseigneur Laurent Dognin, évêque auxiliaire de Bordeaux, (nommé évêque de Quimper et Léon par le pape François le mercredi 20 mai 2015), a attendu dans la cour de l’archevêché avec le père Nabil, Fayez Bitar et Georges Sassine l’arrivée de notre évêque Gemayel escorté par Charbel Matta. L’évêque s’est installé à l’archevêché pour ce court séjour bordelais.
A 19h30, dans l’église saint Victor, débuta la conférence de Madame Abi Farés sur l’art au Liban, à sa demande, préférant l’église à la salle. La présence de Monseigneur Dognin, Monseigneur Gemayel, les prêtres et les paroissiens et les participants déjà arrivés à cette rencontre fut bien appréciée.
Le thème de la conférence art engagé ou art business, abordait la situation de l’art contemporain au Liban. Depuis quelques années le monde de l’art étant devenu un des plus grands marchés, attirant de plus en plus d’investisseurs. Toutefois, l’art contemporain reste incompris d’une grande majorité de la population, suscitant des questionnements en particulier les installations, performances ou l ‘utilisation des nouvelles technologies dans la création artistique. Sans oublier, le dilemme entre artistes contemporains attachés à leur production « classique » et « moderne » et la nouvelle génération, plus impliquée dans sa production « contemporaine ». Une sélection d’œuvres fut projetée montrant les différentes tendances et courants qui ont marquées cette évolution artistique.
Quelques questions furent posées à la fin de la rencontre. Toute l’assemblée se déplaça dans la salle Saint Victor, pour admirer les tableaux exposés, ceux de Madame Azzi Michèle, Madame Véra Harik, Père Jean Jabbour et Monsieur Charbel Matta, sans oublier ceux des enfants de notre petite académie de langue et de catéchèse.
Cette soirée artistique et culturelle se termina par une dégustation de vin et de fromages. Elle était surtout arrosée de vin offert par Monsieur Marwan Harb qui avec une grande générosité a offert une variété de ses vins, en quantité pour les trois jours et deux caisses en bois pour le cardinal et notre évêque Gemayel.
LA JOIE DU SYNODE
Samedi 11 avril, de bonne heure les manakich et le café étaient prêts pour tous les visiteurs.
A 9H30, les commissions et les membres présents, se réunirent dans divers endroits pour partager les enquêtes et les travaux réalisés et dialoguer autour des résultats obtenus. Même Monseigneur Gemayel, présida une commission de dialogue inter- religieux. Un groupe de 18 toulousains arriva pour la grande joie de tous et étoffa la présence locale. Des personnes étaient présentes de plusieurs endroits, des Parisiens, des Nîmois, des Nantais, et de toute la Gironde.
A 10H30, les présentations débutèrent dans l’église soutenu par père Charbel Daniel et toute l’assistance*.
Communication et information par Georges Sassine : insistance sur la communication partagée et commune ouverte surtout aux jeunes dans les différentes paroisses et missions.
Enseignement secondaire et primaire par Mme Maggy Morin, qui suggéra la nécessité d’une école maronite, bien sûr avec le temps qu’il faudra pour la réalisation. Patience et persévérance.
Pèlerinage, par Père Fadi Elmir, nous expliquant la complexité et toutes les normes exigées en France pour organiser des pèlerinages.
Enseignement supérieur, par Mouna Zaiter, qui donna les résultats de l’enquête expédiée dans toutes les missions maronites pour récolter les demandes et les avis des jeunes étudiants ainsi que leurs attentes.
Père Mouannes a exposé l’idée d’une « université maronite » en France et pour l’Europe à Meudon.
Le Cardinal Jean-Pierre Ricard, son vicaire général Jean Rouet, le père Pierre Salembier, curé du secteur et d’autres prêtres et amis français de notre communauté et paroisse ont partagé le repas préparé par les paroissiennes, qui furent applaudies plusieurs fois. Tante Saidy, Doris et Antoine Salloum, Elham Makhoul et Rana Jbara, Samih et Vivianne Moukh.
Cardinal Ricard est arrivé pour l’apéritif. Pierre Salembier le curé de notre secteur est venu aussi. Il a été suivi du vicaire générale Mgr Rouet. La présence du Père Francis Bacqueyris était bien appréciée avec aussi les prêtres retraitées de st Victor les pères Humberto et Pierre Dulon.
Une journaliste du courrier de Gironde Marie - Paul Finoux était aussi notre hôte. Elle a réussi à interviewer notre évêque et plusieurs amis et paroissiens mais surtout le groupe des jeunes toulousains.
Tout le monde était servi copieusement et gratuitement par nos paroissiens qui ont excellé dans leur service, leur joie et leur expertise dans l’art culinaire riche en diversité culturelle et Moyen-Orientale.
Table ronde
La table ronde présidée par le Cardinal Jean-Pierre Ricard entouré de notre évêque Gemayel, à sa gauche et par Docteur Mouna Ghoussain Zaiter et des deux côtés étaient présentes Bernadette Rigal Cellard, professeur à l’université de Bordeaux et Hiam Mouannes la vice-présidente de la Faculté de Droit - Toulouse 1.
Les conférenciers ont ouvert un débat animé par Mouna Zaiter autour de la laïcité et son influence dans l’enseignement et l’intégration des jeunes et de leurs familles de cultures différentes. L’intervention du public, ses questions et les échanges durèrent jusqu’à 17 h.
Les groupes, ravis de cette thématique, ne cessèrent de débattre du sujet. Ensuite, ils se sont groupés en voiture pour aller à Pessac, visiter un château et déguster du vin bordelais. Un groupe d’une trentaine de personnes remplissant les voitures sillonna la ville en direction du château Haut Bacalan, accueilli généreusement par le propriétaire Monsieur Charles-Henri Gonet. L’ambiance était riche en culture et en dégustation de vin de la propriété. Malheureusement, un petit groupe de jeunes était obligé de nous quitter pour Toulouse, le père d’un étudiant a eu un malaise cardiaque et décéda au Liban.
Après cette découverte œnologique et du château où résida jadis Montesquieu nous sommes rentrés pour la suite de la journée synodale.
Pour terminer cette journée, une immersion dans la musique et les chants préparés par notre chorale à peine constituée qui excella dans un répertoire de chants religieux et profanes traditionnels. Les jeunes toulousains se joignirent aux bordelais pour la joie de tous. Ils étaient dirigés par Joseph Harik. Ils furent ovationnés et très appréciés. Mais aussi, la petite chorale des enfants de nos paroissiens et de notre école dirigée par Elham Makhoul, nous chanta, tout autour d’Anne Marie et Père Mouannes, avec allégresse : " Christ est venu,,, christ est la ... Christ reviendra .,, ".
Tout à la fin Père Mouannes a remercié la chorale naissante et tous les paroissiens qui ont aidé, préparé et accueilli dans leurs maisons certains de nos hôtes et qui ont servi participé de tout cœur à toutes les tâches.
Un prix a été lancé ce soir-là, créé par Père Mouannes, utilisant un slogan lancé par Fouad Hassoun en l’honneur de Saint Maroun et en soutient à la mission de notre évêque Gemayel : labayka Maroun. Comme elle fut la réponse de Samuel à l’appel de Dieu : « Seigneur me voilà ».
Ce prix fut attribué à notre évêque qui ne cesse de sillonner la France et l’Europe pour construire son diocèse et aplanir le chemin en Europe. Le deuxième prix fut accordé à Fouad Hassoun, lui-même pour son témoignage sublime de l’amour de Dieu et son soutien inestimable pour notre diocèse naissant. Le troisième prix fut donné pour Madame Zaiter pour le travail qu’elle avait fait comme responsable de la rencontre synodale et pour avoir assumé tous les sacrifices pour soutenir la mission de Bordeaux. Le 4ème prix fut attribué au Père Salembier, curé jésuite du secteur, d’avoir montré un sens chrétien bienveillant envers notre communauté et au Père Mouannes à son arrivée. Le 5ème prix fut accordé à Madame Souraya Abi Farès. La joie fut à son comble.

Dimanche le 12 avril en la Cathédrale st André
Pour la première fois, les maronites célèbrent une messe maronite au cœur de Bordeaux. Une cathédrale qui a cette histoire d’avoir accueilli des grandes personnalités, telle la reine d’Angleterre et un de ses archevêques qui est devenu pape. Elle a reçue finalement la messe maronite présidée par l’évêque Gemayel. Quel moment ! Au cœur de son autel ont été prononcées les paroles de la consécration. A la fin de la messe Monsieur Hassoun donna son témoignage criant son pardon face à la barbarie. L’apogée de l’esprit priant fut atteinte. Notre effort a réveillé la conscience et la pensée de notre peuple, incarnée aussi par le cri de l’Ave Maria chantée par Yara kasti, touchant les voûtes les plus hautes de la cathédrale et brisant les murs élevés dans nos cœurs.
La beauté a tout transformé, surtout nos faiblesses.

*(un compte rendu détaillé des interventions des commissions sera présenté ultérieurement).

(c) Eparchie Notre-Dame du Liban de Paris des Maronites - mis en ligne le 14 janvier 2013 - Mentions Légales