ALLOCUTION DE MGR GEMAYEL AU RECITAL DES DEUX SAINTES RELIGIEUSES PALESTINIENNES, 22 mai 2015

Excellences, Chers frères et sœurs,
Permettez-moi tout d’abord de vous souhaiter la bienvenue dans la cathédrale de Notre Dame du Liban. Cela fait un siècle, 100 ans, que la liturgie maronite est célébrée dans cette église. Plusieurs milliers de fidèles ont dû occuper les mêmes sièges que vous occupez ce soir, et prier devant cet autel et devant cette statue de Notre Dame du Liban.
Mais, ce soir, c’est la Palestine, la Terre Sainte, qui a pris rendez-vous ici. les Eglises orientales, malgré deux millénaires de tradition chrétienne de piété et de témoignage, donnaient l’air de ne pas être concernées par ce processus de sainteté établi à Rome vers la fin du XVI siècle. Obnubilées par la supériorité des puissances étrangères européennes, accueillant leurs pèlerins et leurs missionnaires, hommes et femmes, elles se considéraient inaptes à produire des saints. Jusqu’à la sanctification de saint Charbel, en 1977, l’on croyait que les saints venaient uniquement d’Italie, de France ou d’Europe, en général. Pourtant, que de persécutions ! Que de martyrs ! Que de souffrances pour le Christ ! Que de fidèles morts en odeur de sainteté !
Frères et Sœurs, nous sommes rassemblés pour assister à un récital dédié à deux saintes, oui deux religieuses palestiniennes arabes, originaires de l’Eglise d’Orient : Marie Alphonsine et Marie Bawardi, adoptées par deux congrégations missionnaires latines. C’est pour nous autres une marque de considération en même temps qu’un témoignage d’honneur, et d’appel à suivre leur exemple. Grâce à elles, la Palestine devient un lieu de rassemblement, un point de convergence et de confrontations positives. La sanctification des deux saintes coopère à l’édification de la paix qui est l’aspiration la plus urgente de tous les peuples et de toutes les nations. C’est le message ultime de leur sanctification qui rappelle que le temple, la cathédrale et la mosquée constituent l’axe autour duquel s’édifient les peuples, les nations et les civilisations. Leur sanctification couvre l’espace d’Abraham, la paix, l’amitié et la solidarité entre Israël et Ismaël. Cette paix sera le fondement de la paix entre toutes les nations du monde.
Et maintenant, il est temps de m’arrêter afin de déguster une musique de notre Orient meurtri par la guerre, autre que la cacophonie des canons et de la haine. Il s’agit de nous mettre à l’Ecole de nos deux Saintes pour vivre la charité, la prière et la mission. Vivons, ensemble, ce moment de paix, de sérénité et de grâce bien mérité qui nous rappellera l’orchestre des Anges de Bethléem, mélangé avec les cris et les prières des enfants de Gaza, et qui nous élèvera, tous et toutes, jusqu’au 7ème ciel.

(c) Eparchie Notre-Dame du Liban de Paris des Maronites - mis en ligne le 14 janvier 2013 - Mentions Légales