Le cardinal Sandri dénonce les « Hérode modernes » face aux « tragédies » en Syrie et en Irak

Devant un parterre de patriarches orientaux, mais aussi plusieurs diplomates européens, le préfet de la Congrégation pour les Églises orientales a déploré mercredi 29 avril le « démantèlement pur et simple » de la « dimension de cohabitation » entre chrétiens, musulmans et juifs qui a prévalu jusque-là en Orient. Face au « martyre qui touche les chrétiens de toutes confessions » dans la région, le cardinal Leonardo Sandri a salué l’engagement inlassable du pape François qui est à ses yeux « une voix qui crie dans le désert pour diffuser celle des chrétiens du Moyen-Orient et pour dire aux Hérode modernes qui les assaillent : ’Tu n’as pas le droit’ ». Le jour de Noël, le pape François avait fustigé les « Hérode actuels », en référence aux enfants victimes de guerres et de persécutions.

Le cardinal Sandri a alors évoqué le récit de la Passion du Christ et « le fameux geste de Pilate qui se lave les mains face à la condamnation de Jésus », confiant que nombre de chrétiens d’Orient avaient peut-être pensé « à l’indifférence et à l’inaction auxquelles la communauté internationale semble s’être résignée face aux tragédies qui se déroulent désormais depuis des années en Syrie et en Irak ».

Il a aussi confié sa tristesse devant « l’incapacité des responsables libanais, y compris chrétiens, qui n’ont pas été capables de trouver un consensus autour d’un nouveau président ». Depuis mai 2014 et la fin du mandat du président Michel Sleiman, les députés libanais ne parviennent en effet pas à se mettre d’accord sur le nom de son successeur, nécessairement chrétien maronite en vertu de la Constitution. En pleine crise régionale, le parlement est divisé en deux camps : pro-occidental et pro-syrien.

Éclipse de Dieu

S’il a reconnu que les problèmes sont « multiples et complexes » dans la région et concernent bien souvent « les rapports internes entre les diverses composantes de l’islam », le cardinal Sandri a aussi pointé du doigt « les intérêts et les équilibres de pouvoir et de richesse qui sont placés avant la survie des populations, sans parler de leur bien-être ». « C’est un scandale », a encore soutenu le cardinal avant de relever que l’Occident avait « perdu au fil des siècles sa capacité à s’imaginer avec une référence religieuse saine » en préférant « un modèle de laïcité à outrance, voire une pure et simple ’éclipse de Dieu’ ».

Le colloque international « Chrétiens au Moyen-Orient, quel avenir ? » organisé à Bari voit la participation de très nombreux patriarches catholiques et orthodoxes. Parmi les participants figurent aussi les ambassadeurs près le Saint-Siège de Grande-Bretagne, de Grèce, de Chypre et de Russie. La France est représentée par Jean-Christophe Peaucelle, conseiller pour les affaires religieuses du ministère des Affaires étrangères. Le Saint-Siège est officiellement représenté par le secrétaire pour les relations avec les États, Mgr Paul Gallagher, et l’Italie par son ministre des Affaires étrangères, Paolo Gentiloni.
I.Media

(c) Eparchie Notre-Dame du Liban de Paris des Maronites - mis en ligne le 14 janvier 2013 - Mentions Légales