Livret des commissions et leurs travaux durant la deuxième session de notre synode à Paris


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Eparchie Maronite de France

Synode diocésain – 2° session 30 – 31 mai 2014

SOMMAIRE

Prière du Synode................................................................................................... 2 Programme........................................................................................................... 3 Introduction.......................................................................................................... 5 Avant-Propos........................................................................................................ 7
Commission 2 Présence de l’Eglise maronite, sa vocation, sa mission en France & sa Relation avec l’Eglise Latine en Europe............................................................21

Commission 3 Famille ..........................................................................................23 Commission 4 Jeunes...........................................................................................29 Commission 6 Nouvelle Evangélisation et catéchisme .........................................35 Commission 7 Enseignement primaire et secondaire...........................................43 Commission 8 Enseignement supérieur ...............................................................53 Commission 9 Culture..........................................................................................55 Commission 10 Relations avec les Eglises Orientales et œcuménisme .................65 Commission 11 Commission Affaires sociales et seniors (CASS)...........................70 Commission 12 Pastorale des Vocations ..............................................................73 Commission 13 Information et communication ...................................................78 Commission 14 Economie ....................................................................................80 Commission 15 Pèlerinages..................................................................................90 Commission 16 Dialogue interreligieux................................................................93 Commission 17 Juridique .....................................................................................93 Commission 18 Mécénat (Fundraising) ................................................................94 Commission 19 Développement des Projets ........................................................96 Commission 20 Parole de Dieu.............................................................................98
Commission 1 Identité de l’Eglise maronite, son histoire, son présent et son avenir.................................................................................................................101

Commission 5 Liturgie et chorale .......................................................................105

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Prière du Synode

Père très bon,

Jésus-Christ notre Seigneur est venu pour habiter notre humanité et nous conduire à Toi. Il a uni Sa divinité à notre humanité, et notre humanité à Sa divinité. Il a uni Sa vie à notre mortalité, et notre mortalité à Sa vie. Il a pris ce qui nous appartient, et nous as donné ce qui Lui appartient, pour notre vie et pour notre salut. A lui la louange à jamais.

Père de toute miséricorde,

Jésus-Christ, par Son Incarnation, a conduit à sa perfection l’Ancienne Alliance, celle de la Loi, en inaugurant la Nouvelle Alliance, celle de l’Esprit. Toi qui, par amour pour notre genre humain, Tu as fondé l’Église comme nouveau Peuple de Dieu, sous la conduite de l’apôtre Pierre et des Douze, accorde-nous, alors que nous œuvrons pour ce synode de l’Eglise Maronite en France et en Europe, de cheminer en Vérité et avec Authenticité vers Celui qui est la source de notre foi, vers Ton Fils Unique, Lumière de l’Orient. A lui la gloire, à jamais.

Seigneur Dieu,

Permets à Marie de nous conduire, sans cesse, vers Toi. Avec elle et à travers elle nous n’avons plus peur des ouragans et des tempêtes, de tout ce qui nous déstabilise et qui nous inquiète dans notre traversée vers Toi. Dans nos difficultés, reste pour nous le Dieu de l’Alliance et de la Promesse. Que Ton Esprit d’amour, de force, de sagesse et de paix, nous réconforte sans cesse. Que Ton Esprit Saint, consolateur, descende sur nous et qu’il nous remplisse de tes dons. Nous Te glorifions et Te rendons grâce, Toi qui es Père, Fils et Esprit Saint, maintenant et à jamais. Amen

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Programme

Vendredi 30

8h00 Arrivée + accueil 8h30 Messe inaugurale
9h30 Mot de Mme Souraya Kanaan Abifares (coordinatrice) 9h45 Mot de Monseigneur Maroun Nasser Gemayel

10h00 – 12h30 / 6 Commissions avec une pause

- Commission 1 : Identité de l’Eglise maronite… Mgr Gemayel (modérateur) - Commission 4 : Jeunes P. Akoury
- Commission 3 : Famille Mme Issa (membre) Pause
- Commission 15 : Pèlerinages P. Fadi Elmir (modérateur) - Commission 5 : Liturgie & Chorale P. Geha (secrétaire)
- Commission19 : Développement et Projets P. Mouannes (modérateur)

12h30 Déjeuner

14h00 – 18h00 / 8 Commissions avec deux pauses

- Commission14 : Economie Mr Khoueiry (secrétaire) - Commission 9 : Culture P. Geagea (modérateur)
- Commission 6 : Nouvelle évangélisation P. Elmir (modérateur) Pause - carrefour d’échanges
- Commission 11 : Seniors et affaires sociales P. Jabre (modérateur)

- Commission 10 : Relations Eglises orientales … P. Maamary (modérateur) - Commission 12 : La pastorale des vocations P. Abou Haydar (modérateur)
Pause - carrefour d’échanges

- Commission 13 : Information et communication Mr El Rahi (modérateur) - Commission 8 : Enseignement supérieur, P. Mouannes (délégué)

18h00 Prière et clôture de la première journée

18h30 Rencontre avec les prêtres

20h00 Dîner Mgr Gemayel avec les prêtres

22h00 Couvre-feu pour les personnes hébergées sur place

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Samedi 31

8h30 Arrivée +accueil 9h00 Prière

9h30 – 10h30 / 4 Commissions avec une pause

- Commission 2 : Présence de l’Eglise maronite, sa vocation.. & sa Relation avec l’Eglise latine en Europe. Mr Youssef (membre)
- Commission 7 : Enseignement primaire et secondaire, Mme Feghali-Morin (secrétaire)
- Commission 20 : Parole de Dieu, Mr Bou Ali (membre) - Commission 18 : Mécénat, Mr Hassoun, (modérateur)

10h50 Pause - carrefour d’échanges

11h30 Conférence de Mme Jocelyne Khoueiry "la pastorale familiale dans le cadre de mission du Centre Jean-Paul II au Liban".

12h30 Déjeuner

- 14h00 Retour sur les questions et recommandations en vue de la 3° session synodale

16h00 Prière et clôture de la 2° session synodale. Dates de la 3° session

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Introduction

Lors de la fête de Saint Maroun, le 9 février 2013, Monseigneur Maroun-Nasser Gemayel proclamait l’ouverture d’un Synode pour l’Eglise maronite d’Europe1.

Démarche audacieuse pour certains, juste un an après son installation2 comme premier évêque des Maronites de France et visiteur apostolique pour l’Europe septentrionale et occidentale. Néanmoins, cette démarche se dessine dans la continuité des différents synodes qui ont marqué l’Eglise maronite.

Le monde change ainsi que le contexte dans lequel les Maronites évoluent. Que ce soit sur le plan local (au Liban), régional ou dans les pays de l’immigration. L’Eglise maronite, à l’instar de toutes les Eglises Orientales, est confrontée à la question identitaire. Comment vivre dans son temps et son espace tout en gardant son authenticité et mission3 ?

Une première session inaugurale regroupa à Paris, du 12 au 14 décembre 2013, des fidèles et amis, venus de tous pays. Un rassemblement de grande envergure, clôturé par une Grand’Messe à Notre Dame de Paris.

Cette deuxième session synodale, intermédiaire, est plutôt consacrée aux travaux de réflexions et aux propositions. Les vingt commissions constituées, se sont réunies afin de réfléchir ensemble autour d’une question centrale « Comment puis-je être aujourd’hui maronite, en France en particulier et en Europe en général, tout en maintenant un certain équilibre entre ma maronité et mon intégration dans la société d’accueil ? ».

Quelle est l’identité de notre église, son histoire, son présent et son avenir ? Comment vit-elle sa mission en France et à travers sa relation avec l’Eglise latine ? Le rôle de la famille, souvent mixte (maronite - latine) ? Quelle place notre Eglise réserve aux jeunes, nés en France et appartenant à la tradition orientale, antiochienne ? Quelle liturgie adopter dans un contexte de mixité de langues et de rites ? Le rôle du catéchisme, de l’enseignement (primaire,

1 Cf. Eparchie Notre Dame du Liban de Paris. Texte du Synode, 2013. Paris, 7 février 2013
2 Bulle Pontificale, donnée à Rome, près Saint Pierre, le 21 juillet 2012, A.D. huitième année de Notre Pontificat,

BENEDICTUS PP. XVI.

3 Devise de Monseigneur Maroun-Nasser Gemayel.

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secondaire et supérieur), de la culture ? Quelle place prévoit l’Eglise maronite pour les seniors et les affaires sociales, les relations entre générations ?

Quelle sera la ligne directive de l’Eglise maronite, son discours, son rôle fédérateur d’Eglise antiochienne au sein de l’Eglise universelle ? Réussira-t-elle, comme au Liban, d’être un intermédiaire de choix, un acteur principal dans le dialogue œcuménique et interreligieux ?

Une Eparchie maronite en France, toute jeune soit-elle, est appelée à vivre et à gérer ses affaires dans un cadre juridique bien défini4. Le développement des projets suppose une bonne gestion, animée par une commission économique et soutenue par une équipe missionnée pour la recherche du mécénat.

Comment apporter la Parole de Dieu dans notre monde contemporain ? Comment communiquer et échanger avec les autres dans un esprit de fraternité et de convivialité ?

Tout un programme, qui sera débattu le 30 et 31 mai afin d’amorcer la troisième session qui effectuera la synthèse de ces réflexions et propositions, suite à une consultation élargie auprès des fidèles en France et en Europe.

« Si le Seigneur ne bâtit pas la maison, les bâtisseurs travaillent en vain ». Si le Seigneur ne guide pas nos pas, toutes nos réflexions sont vides. En lançant ce synode, Monseigneur Gemayel a souhaité « Que le Seigneur produise en nous une nouvelle Pentecôte aussi bénéfique que la première, et nous écarte des illusions ».

Souraya Kanaan Abifares

4 Cf. Rapport de la Commission Economie : « tous les fidèles n’ont pas forcément connaissance ni du droit français applicable aux différentes Eglises implantées en France, ni des contraintes juridiques de l’Association Diocésaine qui sont celles dues à son statut, régi par le droit civil français, tandis que le ministère de l’évêque est régi par le droit canonique de l’Eglise ».

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Avant-Propos

PARCOURS D’UNE NOUVELLE EPARCHIE POUR LES MARONITES DE FRANCE (ET D’EUROPE)

Conférence donnée à l’Institut Catholique de Paris dans le cadre de la Convention des Melkites d’Europe, le Vendredi 16 mai 2014

+ Mgr Maroun Nasser GEMAYEL

Evêque de l′éparchie maronite Notre-Dame du Liban à Paris Visiteur Apostolique des Maronites en Europe

Béatitude, Révérends Pères, Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi, tout d’abord, d’exprimer mes sincères félicitations aux inspirateurs de ce Colloque. Ils méritent notre reconnaissance d’autant plus que les Chrétiens d’Orient passent en ce moment, au Moyen-Orient, par une période cruciale de leur existence voire même de leur présence. Quoiqu’éloignés physiquement de nos Eglises d’origine, nous nous sentons plus proches de leurs problèmes et de leurs témoignages ; et nous nous tenons en admiration face à la « résistance » pacifique qu’elles ont manifestée et qu’elles manifestent toujours. C’est pourquoi, il est impératif, pour nous chrétiens Orientaux, basés en France, de faire le point, de temps en temps, de notre parcours, de notre mission, et de notre témoignage en dehors de ce Moyen-Orient meurtri par des séries de guerres et d’exactions qui ne finissent pas. Par contre, nous sommes pleinement conscients qu’il est nécessaire et urgent de sonner le cri d’alarme afin de sensibiliser nos frères du Monde entier, notamment nos frères les plus proches de nous, ceux de l’Eglise catholique de France avec laquelle nous sommes en communion, en échange et en collaboration depuis plusieurs siècles. Avec eux, nous partageons les mêmes défis et les mêmes valeurs et nous travaillons pour la même cause. Je vais dire, tout simplement, aux uns et aux autres que la neutralisation et la disparition du rôle des Chrétiens d’Orient pourraient avoir des conséquences catastrophiques sur l’Europe chrétienne et laïque, et sur l’Eglise universelle, à la fois.

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En répondant à l’appel de Mgr Charbel فولعمMAALOUF, que je remercie vivement de m’avoir fait l’honneur en m’invitant à me prononcer devant vous à ce colloque, je me suis engagé à évaluer à haute voix l’expérience de la nouvelle structure ecclésiale accordée à l’Eglise maronite, depuis le 21 juillet 2012, à savoir la fondation d’une nouvelle éparchie orientale relevant de l’Eglise Apostolique d’Antioche, en France. D’ores et déjà, trois évêques orientaux font partie intégrante de la Conférence des Evêques de France, électeurs et éligibles, à savoir : l’arménien, l’ukrainien et le maronite, (en espérant d’être suivis, bientôt, par un évêque melkite). Deux ans après cet événement, c’est l’occasion d’en retracer les défis, les limites, mais aussi les mérites de cette nouvelle fondation.

***********

A - LES DEFIS

I - POURQUOI PAS AVANT 2012 ?

La première question que je me pose et que je vous livre se résume de cette manière : Pourquoi n’a-t-on pas autorisé l’érection d’une éparchie pour les Maronites de France avant 2012, alors que toutes les conditions étaient remplies depuis belle lurette ? Pourquoi l’a-t-on érigée 122 ans après l′installation de la première délégation permanente à Paris, à la chapelle du Palais du Petit-Luxembourg, le 1er septembre 1892 ? N’y avait-il pas une communauté maronite qui méritait une éparchie spéciale ? Bien sûr que si. Les conditions canoniques étaient favorables ainsi que les conditions religieuses, compte tenu du principe d’ouverture et de respect pour la tradition des Eglises Orientales inauguré surtout par le pape Léon XIII[1], qui posa les pierres de fondements de la conversion des mentalités latines, habituées à la "praestentia ritus latini" : l’idée de la supériorité du rite latin masquait la dignité égale du rite oriental. Déjà donc, vers la fin du XIX° siècle, on s’est rendu compte que la très grande diversité des Eglises orientales demandait à être préservée sans émiettement ou dispersion. Ce fut un long travail qui a abouti à la constitution du Code des Canons des Eglises Orientales, en 1917, avec le Pape Benoit XV, suivi des « questions orientales » avec Pie XI, en 1929, et de « l’Eglise d’Orient » en 1944, avec Pie XII. Toutes ces positions avant-gardistes vont être à la base du décret sur les églises orientales catholiques « orientalium ecclesiarum » du concile de Vatican II [2], qui stipule ce qui suit : « … Dans sa sollicitude pour les Églises orientales, qui sont des témoins vivants de cette tradition, le Concile œcuménique

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désire qu’elles soient florissantes et accomplissent avec une vigueur apostolique renouvelée la mission qui leur incombe… ».
Partout on pourvoira, donc, au maintien et au développement de toutes les Églises particulières ; et en conséquence, on instituera des paroisses et une hiérarchie propre, là où le bien spirituel des fidèles le requiert. Cependant les hiérarchies des différentes Églises particulières qui ont juridiction dans un même territoire prendront soin de se concerter dans des réunions périodiques pour promouvoir l’unité dans l’action et de réunir leurs forces pour soutenir les œuvres communes, afin de faire progresser plus aisément le bien de la religion et de protéger avec plus d’efficacité la discipline du clergé [3].
Armés par ces données, les patriarches maronites n’ont jamais cessé de réclamer, en vain, depuis le XIX° siècle, l’installation d’une éparchie qui prendrait soin de leurs fidèles, en France, et encadrerait leurs efforts, à savoir, tour à tour : les patriarches HAGE, HOYEK, ARIDA, MEOUCHI, KHOREICHE, et SFEIR. L’accord ne sera, enfin, obtenu qu’avec Sa Béatitude Mar Béchara Boutros, cardinal El-RAHI.

II - RAISONS DE LA RETICENCE :

La réticence dura plus d’un siècle, et pour cause. Il leur manquait l’intégration dans la vie française. Certes, il y avait des Chrétiens d’Orient en France : des Melkites, des Arméniens, des Syriaques, des Maronites, ou autres, depuis le XIX° siècle, mais surtout avant et après la première guerre mondiale, du temps du mandat français en Syrie et au Liban. Mais, il faut le reconnaître, ces chrétiens d’Orient n’étaient pas encore devenus des Chrétiens Orientaux de France. Ce qui leur manquait c’était la stabilité ! C’était l’enracinement ! C’était l’insertion sociale ! Etc… Si l’on opère un retour authentique aux sources de notre tradition, on découvre, par exemple, que les maronites ne formaient pas encore « une église », une communauté. C’étaient des individus, appartenant certes, à la famille catholique de l’Eglise Apostolique d’Antioche, mais ils étaient éparpillés dans plusieurs villes et localités de la France. Si les chrétiens en Orient sont quelquefois considérés comme le miroir d’un Occident souvent regardé avec méfiance par les musulmans, les chrétiens d’Orient basés en Occident, même ceux qui se croyaient insérés et assimilés, n’étaient pas toujours considérés comme tels, mais comme des « étrangers ». Le cas du maronite Rouchaid ad-DAHDAH, qui vivait en France à partir de 1840, malgré que, ayant un frère évêque, malgré qu’il avait construit une église à Dinard, la ville qu’il avait achetée. Même le titre de Comte papal, que le Pape Pie IX lui a accordé, en 1867, n’a

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pas servi à dissuader les méfiants [4].

Alors, à quoi bon isoler, dans une éparchie, quelques bons fidèles orientaux, pratiquants en majorité, des individus ou même des familles quelquefois, pour faire cavaliers seuls, indépendamment du contexte latin ? D’autant plus que la plupart de ces communautés n’ont pas encore de structures propres, ni suffisamment de moyens pour acquérir de telles structures ?
Cette situation perdurait depuis déjà le XVII° siècle, lorsque nos illustres ancêtres, ceux qui étaient venus s’installer tout d’abord en France, étaient des professeurs de langues arabe et syriaque, appelés par Louis XIII, il y a quatre siècles de là, jour pour jour [5]. Tout cela pour signaler que la présence maronite, ou même Melkite, en France était, d’abord, une présence culturelle, pour devenir quelques années après, une présence diplomatique, économique, religieuse et ecclésiale.
* Malgré tout cela, on a jugé bon de ne pas accorder une structure spéciale ni aux Melkites, ni aux maronites. Il n’y avait pas encore une exigence pour une éparchie qui régisse tous ces fidèles dont le nombre et l’influence commencent à être remarqués. Les Melkites de Marseille ont pu obtenir l’Eglise Saint Nicolas de Myre, et en 1889, l’église Saint Julien le Pauvre, à Paris. Les Maronites, quant à eux, tout ce qu’ils ont pu obtenir, à la suite de la visite de l’évêque Elias HOYEK, en 1890, à Paris, c’était la chapelle du Palais du Luxembourg, l’oratoire de Marie de Médicis. Avant cette date, à la suite de la réclamation répétée des Maronites de Marseille, (les DAHDAH, les HAWWA…), madame DAHDAH ne comprenant pas le français, et voulant se confesser, le patriarche maronite Youssef el-KHAZEN envoya le père Matta SABA, à leur service. Eux-mêmes se occupés de lui assurer les dépenses.
Alors qu’à Paris, une simple délégation, formée d’un prêtre, représentait le patriarche auprès des autorités françaises, tant religieuses que politiques, depuis le 1er septembre 1892. La chapelle du petit Luxembourg fut mise à leur disposition par le gouvernement anticlérical de l’époque ; car cet « anticléricalisme n’était pas un article à exporter », professait un Georges CLEMENCEAU. L’inauguration a eu lieu le 12 février 1893, à la fête de Saint Maroun. En 1905, ils se transportèrent à la chapelle de l′Abbaye-aux-Bois, rue de Sèvres, puis à la chapelle de l′Hôpital Trousseau ; puis enfin, j’espère, à la chapelle de l’Ecole Préparatoire Sainte Geneviève des Pères Jésuites de la rue d′Ulm. C’était en 1914, à la veille de la première guerre mondiale, mais l’inauguration de l’Eglise Notre-Dame du Liban n’a eu lieu que le 11 juillet 1915, en pleine période de guerre.

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Depuis ce temps-là, l′Eglise maronite de Notre-Dame du Liban à Paris était devenue un centre religieux et familial, et fut également le pivot de vie nationale des Libanais, à Paris et en France. Les Maronites de Paris, formés généralement de commerçants, de médecins, d’avocats, de professeurs d’Universités, de banquiers, de gérants de restaurants, de directeurs de sociétés, d’industriels, mais surtout d’intellectuels, en contact permanent avec ceux d’Egypte et des Etats d’Amérique du Nord et du Sud, jouèrent un rôle politique de premier ordre ; ils jouèrent un rôle prépondérant dans la littérature libanaise en langue française et s’acharnèrent à œuvrer pour la création de l’Etat du Liban et de son indépendance. Ils sont appelés actuellement à refaire le même engagement de réforme.
L’Eglise Notre Dame du Liban fut érigée en paroisse en 1953 par le Cardinal FELTIN. Elle est la première paroisse maronite en Europe. Le nombre de ses fidèles ne dépassait pas les 3000 personnes. Mais ce nombre n’a cessé d’augmenter, surtout avec plusieurs familles et beaucoup d’étudiants qui ont débarqué à Paris, entre les deux guerres. Sous le mandat français. Mais la grande nouvelle vague d’émigration maronite a commencé, à partir de 1975. Des milliers de familles, fuyant la guerre, ou venant d’Afrique, s’installèrent à Paris ou à Marseille et aux environs de ces deux métropoles. Bon nombre d’étudiants, empêchés de retourner au pays, vont également s’installer en France, pour de bon. Ainsi, assiste-t-on, à un passage d’une présence individuelle, estudiantine, prête à repartir au pays, une fois les études terminées, à une présence familiale, durable et collective, et à une insertion et une intégration sociale, économique voire même politique. Trois paroisses se dessinèrent, lentement, dans les trois principales villes : à savoir, Paris, Marseille et Lyon, alors que des messes étaient célébrées, occasionnellement, dans les différentes villes de France lors d’un passage de tel évêque maronite, ou tel ou tel prêtre. Il appartenait à l’archevêque de Paris de désigner un ordinaire, tel que l’exige le droit canon, pour s’occuper de la vie religieuse et pastorale pour tous les chrétiens d’Orient en France ; l’Orient étant considéré comme le frère pauvre. Il l’était politiquement, culturellement et matériellement. Du coup, des prêtres étaient présentés par l’Eglise maronite à l’archevêque de Paris qui les désignaient curés des trois paroisses respectives qui ont accaparé le service religieux des maronites de France durant plusieurs décennies [6].
L’effectif à Paris et aux environs, étant devenu tellement nombreux, des missions s’étaient créées autour du monastère Saint Charbel, à Suresnes, une deuxième à Bordeaux, et une troisième à Monaco et à Nice. Ces missions furent reconnues comme paroisses, après mon installation, en septembre

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2012. Actuellement, nous travaillons sur trois autres missions qui seront converties prochainement en paroisses : Val d’Oise, Alfortville et Meudon, au nouveau siège de l’éparchie. Nous avons besoins de prêtres pour honorer tous les appels de nos fidèles qui nous viennent de Clermont-Ferrand, de Lourdes-Tarbes et Pau, de Strasbourg, de Rennes, de Nantes, de Nancy, de Lille, de Cannes et les alentours, de Toulouse, de Laon, de Tours... et combien d’autres localités. Nous pourrons atteindre facilement, plus de vingt paroisses sur tout le territoire français.

*****

Je m’empresse à conclure cette première partie en relevant quelques REMARQUES :
1 - Ce qui a déterminé la fondation de l’Eparchie Notre Dame du Liban des Maronites ce n’était pas seulement l’augmentation du potentiel humain social, ecclésial et culturel, en France et en Europe, par suite de la guerre du Liban, mais c’est surtout l’évolution des mentalités : accepter qu’il y ait, sur un même territoire catholique, une autre juridiction catholique orientale antiochienne, priant en langue arabe et syriaque.
2 - La fondation de l’éparchie n’était pas tout à fait une fondation ex nihilo, c’était plutôt une reconnaissance d’un fait existant ; trois paroisses : Paris, Marseille et Lyon ; d’autres localités réclamaient des pasteurs.
3 - Remarquons ensuite que ces paroisses n’ont pas été préparées à accepter cette nouvelle structure, ni en personnes, ni en méthodes, ni en moyens. Une nouvelle conception pastorale aurait dû être mise en place pour passer d’une pastorale traditionnelle statique, à une pastorale missionnaire dynamique, qui nous pousse à aller à la rencontre de nos fidèles, au lieu de les attendre venir jusqu’à nous.
4 – Permettez-moi enfin de mettre l’accent sur le rôle du peuple fidèle dans l’accélération de la mise en place des paroisses, chose qui a provoqué, à coup sûr, la fondation d’un diocèse. En effet, c’est le propre de notre longue tradition maronite [7]. Les exemples ne manquent pas à travers l’histoire de l’Expansion maronite, soit aux Etats-Unis d’Amérique, soit en Australie, soit ailleurs.
Dans le présent, ayant été mis au courant de l’existence d’une nouvelle structure, nos fidèles se mettent en contact avec nous et réclament un prêtre pour leur service religieux. C’est le cas des maronites du Val d’Oise (desservis par le Père Charbel ATALLAH), d’Alfortville (P. Raymond BASSIL), de Laon (l’Evêque), de Tours (P. Youssef QOSSAYFI). Nous recevons des sollicitations de la région de Lourdes-Tarbes-Pau, de Lille, de

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Strasbourg, de Rennes, de Nantes, d’Antony et d’autres endroits de France et d’Europe.
Mais pour honorer leur réclamation et leurs souhaits que de difficultés ! Que d’empêchements ! On manque de prêtres, d’agents pastoraux compétents et dynamiques, besoin de moyens matériels, besoin de locaux plus nombreux et mieux adaptés.

B – Les LIMITES et les DIFFICULTÉS : Tout commencement est difficile, certes ! MAIS ce qui parait difficile aux hommes NE L’EST nullement AUX YEUX DU SEIGNEUR ! Laissez-moi vous livrer une confidence : je ne cesse de lire, jour après jour, les signes du Seigneur dans tout ce projet d’Eglise. Sachez une vérité : Tout projet d’Eglise est décidé, en son temps, par le Seigneur. L’éparchie a certainement un caractère humain, tangible, visible, mais sa finalité dépend du Ciel, du plan de salut du Seigneur. Pourquoi maintenant ?…. Des questions à n’en plus finir, des questions, souvent, sans réponses. Retraçons les limites et les difficultés.

1 – CONTRE LA FONDATION DE L’EPARCHIE : Jusqu’à cette heure-ci, deux ans presque après la fondation de l’éparchie, on tombe sur des gens qui ne sont pas encore favorables à cette nouvelle structure éparchiale. Ils ne voient pas les bienfaits pastoraux et identitaires de cette nouvelle fondation tant attendue. On parle de changement de mentalités, certes ; mais on se bat pour se faire accepter d’abord par quelques-uns de nos propres fidèles. Les réticences existent de facto dans un pays laïc, indifférent, chez des responsables politiques et religieux, et chez des citoyens de tout bord.
2 – ÉPARCHIE AUTONOME : Le discours que je tiens devant l’Eglise de France est très clair : il est vrai, nous formons à présent, par la force des choses, une éparchie indépendante et autonome ; mais, nous ne comptons pas nous emprisonner dans un ghetto ecclésial, autrement dit, nous refusons d’être un petit groupe de chrétiens orientaux repliés sur nous-mêmes. Il est vrai, notre Eglise est canoniquement autonome, mais elle affiche son ouverture à l’Eglise de Rome et à celle de la France. Elle manifeste sa reconnaissance pour tous bienfaits acquis de son ouverture à l’Eglise latine, et pour tout ce temps passé sous la juridiction de l’ordinariat en France. Ensuite, je ne cesse de proclamer que nous avons, tant Orientaux qu’Occidentaux, les mêmes défis ecclésiaux et moraux. Nos familles deviennent de plus en plus mixtes. Nous bénéficions d’une culture francophone et francophile, et nous nous enrichissons mutuellement dans le respect de nos rites et nos héritages spirituels respectifs.

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3 - DIFFICULTES FAMILIALES : Nos paroisses en France deviennent des paroisses de plus en plus difficiles : quelques-uns trouvent du mal encore à accepter l’autre, différent de nous politiquement ou socialement. Heureusement, une évolution rationnelle sensible dans le comportement des uns et des autres se fait lentement remarquer.
Bien plus, nos paroisses sont loin d’être des paroisses traditionnelles à la manière de nos paroisses en Orient ; car elles sont formées de plusieurs familles issues de plusieurs localités différentes. Autrement dit, elles n’ont pas les mêmes origines sociales, ni le même passé, ni le même parcours liturgique ou spirituel ou social, ou même culturel. Elles sont étrangères les unes pour les autres. L’Eglise fait de son mieux pour les fédérer et pour en créer une famille paroissiale homogène. Ce n’est pas seulement le propre de l’émigration qui les rassemble, ni le mal du pays, c’est plutôt leur attachement à l’héritage d’une foi vivante, voire même à une dévotion, qui leur donne dynamisme et enthousiasme. Et pourtant, elles restent des familles à passé très chargé de guerre, d’incertitude, et de soucis pour l’avenir.

Installées en France, les familles maronites ont une envie constante de vivre ensemble avec d’autres et pour rencontrer d’autres compatriotes. Les parents nés en Orient manifestent un problème d’intégration, chose que les nouvelles générations ne le ressentent pas. Mais, elles voudraient que leurs enfants restent toujours attachés à leurs origines et gardent toujours les mœurs et les affinités orientales. Elles croient que c’est une manière de les protéger.
Signalons cependant que l’ascension culturelle de la jeunesse, née en France, crée ou accentue un décalage entre la génération des parents qui ont une faible instruction et celle des enfants. La jeunesse née en France ne se reconnait plus comme enfants de tel ou tel village. Elle se démarque souvent de leur appartenance maronite ou moyen-orientale, alors que les parents demeurent bien villageois ou ruraux et le proclament avec fierté. Les aspirations des jeunes contrastent également avec les ambitions familiales ou la vision du monde des parents.
Ce décalage culturel commence à se traduire par une absence de dialogue entre parents et enfants, et par un désaveu de parents. Il peut être constaté au plan moral. Face au conformisme de la génération adulte, s’oppose une émancipation progressive de la jeune génération. Plus soucieuse de vérité que d’apparence. Les filles sont d’ailleurs plus contrôlées que les garçons qui sont progressivement tolérés.

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Cela se répercute sur le plan spirituel. Face à la ferveur « superstitieuse » des parents se dresse l’abandon de la vie sacramentelle. Nous, en tant que clergé, nous essayons de ne pas élargir le fossé entre les générations. Des programmes spéciaux sont préparés pour les jeunes de l’éparchie, pour préparer la paroisse de demain.
On pourrait donc dire, sans risque d’erreur, que les paroisses équilibrées deviennent chose bien rare. On rencontre des foyers malades ou boiteux ; les problèmes du couple commencent à être dévoilés. Des décisions d’annulation de mariage se manifestent de plus en plus.
4 - DIFFICULTÉS PASTORALES ET PSYCHOLOGIQUES : Ce qui caractérise les paroisses nouvellement créées, c’est l’appartenance à notre foi et notre identité ecclésiale antiochienne. Ceux qui ont connu l’expérience moyen-orientale sont les plus enthousiasmés. Ils considèrent que c’est la planche de salut pour les familles.
Il appartient à l’éparchie de prévoir une coordination entre les différentes paroisses et communautés, et une planification commune des programmes de catéchèse, ou de formation des jeunes, ou des célébrants liturgiques…
Le problème le plus grave, auquel nous avons commencé à faire face, est celui des jeunes qui sont nés et grandissent dans ces pays d’expansion. La plupart d’entre eux ne connaissent plus la langue arabe ; et quand ils viennent à nos célébrations, ils ne comprennent pas ce qui s’y passe. Il est urgent d’adapter notre liturgie et notre enseignement à leur mentalité et leurs aspirations. Il y va de la survie de l’Eglise maronite en France et en Europe d’élaborer une pastorale d’ensemble adaptée.
Par ailleurs, si les jeunes générations abandonnent petit à petit la langue arabe au profit des langues du pays accueillant, à cause des mariages mixtes, mais quelques fois aussi à cause de la nonchalance des parents, cela n’enlève rien à l’importance de la langue arabe qui reste la langue de prière commune à toutes nos Eglises Orientales. Il est impossible de la laisser tomber dans nos célébrations. D’ailleurs, elle est notre voie vers tout le monde musulman que nous côtoyons et qui attend à connaître Jésus Christ justement grâce à cette langue. En revanche, on est acculé à prier en français, en allemand, en anglais, en suédois… dans toutes les langues de l’Europe et du monde. Cela demande, vous vous en doutez, un effort considérable de traduction et d’adaptation. Et ce n’est pas chose facile.
Peut-on rêver d’une paroisse œcuménique face à la mixité de nos fidèles ? Comment surmonter la diversité des rites dans nos familles ? Cela mériterait à lui seul un colloque à part.
5 – MANQUE DE PRETRES : le nombre des prêtres consacrés au service de

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ces communautés est encore insuffisant. Par ailleurs, le prêtre qui projette venir en Europe doit avoir un profil européen, ayant des qualités et un niveau intellectuel adéquat pour être à la hauteur des attentes de nos fidèles : des prêtres missionnaires, accueillants, et disponibles. Notre peuple a besoin d’être catéchisés de nouveau. La dévotion à elle seule ne suffit pas. Un processus de formation appropriée doit être mis en place, en utilisant la nouvelle technologie : radio, télévision, YouTube…
Pour l’instant, je n’ai pas qu’un seul candidat sérieux pour le sacerdoce. Personne pour le Grand Séminaire. Il y a des demandes, mais on procède lentement et sagement avant de s’y engager.
6 - LE CÔTÉ ÉCONOMIQUE : Les charges d’un seul prêtre sont évaluées, en France, à 46000 euros par an, sans parler des dépenses de tout le personnel de l’éparchie elle-même. D’où chercher cet argent ? Un système de solidarité devrait être mis en place. Ne possédant pas de biens fonds, notre nouvelle éparchie comptera pour l’instant sur les dons des fidèles et sur le denier de l’Eglise. Nous avons eu une première expérience, peu réussie, du denier de l’Eglise. Nous espérons subvenir à nos besoins les années à venir. La meilleure formule adoptée pour avoir des prêtres, mis à part ceux de Paris et de Marseille, c’est de rattacher nos prêtres à une paroisse latine qui les prenne volontiers en charge, quitte à répartir leur temps au service des deux parties. Par cette formule, nos prêtres gagneraient, d’un côté, un peu plus d’organisation personnelle, communautaire, spirituelle et pastorale, et on assurerait, d’un autre côté, un service religieux, quoique minime, à nos fidèles.
On changera de formule quand nous aurions trouvé en nombre suffisant des prêtres qui se consacreraient à plein temps au service des fidèles.

C – LES MÉRITES DE LA FONDATION :

Bien que l’on assiste, malheureusement, à une disparition programmée des Chrétiens d’Orient et à la perte de leur influence, je vais terminer mon propos sur une note positive :
a - En ce qui concerne la fondation d’une éparchie, sur l’autre rive de la Méditerranée, une organisation de l’Expansion maronite se manifeste avec la création de nouvelles paroisses afin de maintenir le lien fort et persévérant avec les pays d’origine et préserver l’identité. A éparchie nouvelle correspond un dynamisme nouveau et une « Nouvelle espérance » sur le Vieux Continent.
b - Cette nouvelle structure permet à nos fidèles de sauvegarder leur identité et leur particularité. C’est l’occasion à eux de se réunir en familles

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et de se rencontrer, de se connaître et d se faire connaître. C’est dans le cadre de nos traditions, de notre patrimoine religieux et culturel, dans le cadre de nos bonnes habitudes et mœurs que les échanges se font.
c - L’éparchie s’impose en tant que référence pour les maronites en France et en Europe, d’un côté, et c’est le lieu d’engager et d’organiser les relations avec les différentes Eglises et religions : une ouverture très vaste à l’œcuménisme et au dialogue interreligieux.
d - Ce dynamisme nouveau s’est traduit par un premier synode diocésain. Conscient que la synodalité est fondamentale pour vivre la communion entre les fidèles de l’Eglise, j’ai appelé à un synode diocésain au début de mon installation. Il s’agit de connaître le troupeau qui m’a été confié et de prendre en considération ses talents et son charisme. En revanche, la synodalité se met à l’écoute de l’œuvre de l’Esprit Saint et rend témoignage à l’Evangile du Christ. Nos fidèles ont répondu volontiers à l’appel ; les commissions mises en place ont entraîné des réunions continues, inspirées par ma devise épiscopale : « Authenticité et mission ». Il s’agit d’un « état d’urgence » spirituel et d’un temps de grâce, de bénédiction, de tendresse, et de miséricorde divine. Je n’exagère pas si je vous dis que l’on assiste à une nouvelle Pentecôte, qui n’est autre qu’un cheminement d’espérance pour le présent et l’avenir. C’est un vaste chantier, AMBITIEUX, certes, mais innovateur. Il fallait voir l’assiduité des membres des commissions dans leurs séances de travail, où n’a été épargné ni téléphone, ni skype, ni mail. Quelle joie ! Quel enthousiasme ! Quel discernement !
e - Ce dynamisme s’est traduit en pratique par un premier congrès des jeunes de France et d’Europe ! 300 jeunes universitaires y ont participé. Il a démarré par une messe célébrée par le chef de notre Eglise, le patriarche cardinal RAÏ, l’évêque et les prêtres au Mont Saint-Michel. C’était une première. Les réunions de formation eurent lieu au centre de pèlerinage de Notre Dame de Pontmain, durant 4 jours.
Les jeunes générations représentent l’avenir de notre Eglise. Du coup, ils méritent une attention et une occupation spéciale de notre part. L’Eglise a toujours été « mère et maîtresse », et elle entend le rester.
f - Siège de l’éparchie à Meudon : 122 ans après l’installation du Procureur du Patriarche maronite à Paris (1892), et un siècle après son établissement à la rue d’Ulm (1914), c’est à Meudon, la ville de Rodin, à la rue Ernest RENAN, « missionnaire » de Phénicie, à l’ancien monastère des Sœurs Ursulines de Marie, à la « Villa des Cèdres », un site « prédestiné » chargé de symboles, de prière et de recueillement, que se dressera, dès à présent, le siège de notre nouvelle éparchie des Maronites. Alors que l’Eglise

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paroissiale de Meudon bénéficie, depuis 7 ans déjà, des reliques de Saint Charbel, j’ai la joie de dédier la chapelle du siège épiscopal maronite à Meudon à Sainte Rafqa. Elle attirera à la prière et à l’adoration tous ceux et celles qui cherchent la volonté du Seigneur dans leur vie. Bien plus, les caractéristiques, qui marqueront la nouvelle fondation dynamique, sont déjà clairement campées : beauté et dignité du site, mais aussi proximité de la population maronite.
En se basant à Meudon, l’évêque entend se consacrer au service de l’éparchie, spirituellement, pastoralement et culturellement. Il sera, à mi-chemin entre les différentes paroisses maronites de l’Île de France ; et il entend sauvegarder le patrimoine en danger des chrétiens d’Orient et se faire connaître par les Chrétiens de France et d’Europe. De Meudon, l’Evêque entend également pourvoir aux besoins éducationnels de nos nouvelles générations : garderies, écoles, institut de recherche, conférences, publications, attachement à la langue arabe et syriaque…. A Meudon, nos jeunes trouveront un lieu de formation et un espace vital pour leurs grandes décisions. A Meudon, les familles, les seniors, seront accueillis l’espace d’une journée ou d’une semaine pour leurs moments de recueillement et de thérapie spirituelle. La villa des Cèdres restera un lieu de fraternité, un havre de paix et de rencontre avec le Seigneur.

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CONCLUSION : L’éparchie compte préserver l’identité d’un peuple, non en coupant les ponts, mais au contraire en favorisant la cohabitation et la collaboration des siens avec les autres communautés orientales et avec l’Eglise latine. L’Eglise de France et d’Europe pourra faire sienne la citation du Saint Pape Jean-Paul II qui dit : "On ne peut pas respirer en chrétien, je dirai plus, en catholique, avec un seul poumon ; il faut avoir deux poumons, c’est-à-dire oriental et occidental". Avec nos frères chrétiens d’Orient, ces 23 Eglises catholiques orientales en pleine communion avec Rome, qui représentent entre 15 et 20 millions de fidèles catholiques, nous tâcherons d’être ce poumon oriental.
La création d’une éparchie pour les Maronites de France montre que leur présence est dorénavant reconnue en France, non comme des individus ou des communautés isolées, mais plutôt comme une présence d’Eglise, témoin de foi, d’espérance et de salut.

[1] - Discours dans un texte remarquable et remarqué : Orientalium Dignitas (1894) où le pape Léon XIII posa les pierres de fondements de la conversion des mentalités latines, habituées à la "praestentia ritus latini" : l’idée de la supériorité du rite latin masquait la dignité égale du rite oriental. Aujourd’hui, les Eglises catholiques orientales, quel qu’ait été leur parcours, retrouvent leur place et leur importance théologique dans une mentalité qui évolue dans la direction indiquée par Léon XIII jusqu’à Jean-Paul II : retrouver les deux poumons de l’Eglise dans leur complémentarité. Le pape François, lorsqu’il était cardinal, a eu à s’occuper dans son diocèse, des catholiques orientaux présents sous sa juridiction. Aujourd’hui, en tant que Pape, il montre une grande connaissance du monde catholique oriental et de l’œcuménisme afin de donner à l’ensemble du corps catholique une meilleure respiration.
[2] - « 1. L’Église catholique tient en grande estime les institutions, les rites liturgiques, les traditions ecclésiales et la discipline de vie chrétienne des Églises orientales. En effet, à cause de l’ancienneté vénérable dont ces Églises s’honorent, resplendit en elles la tradition qui vient des Apôtres par les Pères et qui fait partie du patrimoine indivis de toute l’Église et révélé par Dieu. Dans sa sollicitude pour les Églises orientales, qui sont des témoins vivants de cette tradition, le Concile œcuménique désire qu’elles soient florissantes et accomplissent avec une vigueur apostolique renouvelée la mission qui leur incombe. C’est pourquoi, outre les décisions qui concernent l’Église universelle, il a décidé d’établir quelques points principaux, s’en remettant pour le reste à la prudence des synodes orientaux et du Siège apostolique ».
[3] - Et le Concile de poursuivre :

6 - Que tous les Orientaux sachent en toute certitude qu’ils peuvent et doivent toujours garder leurs rites liturgiques légitimes et leur discipline, et que des changements ne doivent y être apportés qu’en raison de leur progrès propre et organique. Les Orientaux eux-mêmes doivent donc observer toutes ces choses avec la plus grande fidélité ; ils doivent donc en acquérir une connaissance toujours meilleure et une pratique plus parfaite. Et s’ils s’en sont écartés indûment du fait des circonstances de temps ou de personnes, qu’ils s’efforcent de revenir à leurs traditions ancestrales. Quant à ceux qui, par leur charge ou leur ministère apostolique, sont fréquemment en rapport avec les Églises orientales ou leurs fidèles, ils doivent, en raison de l’importance de la fonction qu’ils exercent, être formés avec soin à la connaissance et à l’estime des rites, de la discipline, de la doctrine et des caractéristiques propres aux Orientaux ».
[4] - Cf. Nasser GEMAYEL, Bibliographie des auteurs maronites, 2, Beyrouth, 2012, p. 354.

[5] - Ils méritent à eux seuls un jubilé ! Car, il y eut un temps où l’Orientalisme en Europe était en vogue. Dans toutes les universités catholiques d’Europe, il s’est trouvé des professeurs maronites pour ces deux langues, en Italie, en France, en Espagne, au Portugal, et même dans l’Empire Austro-hongrois. Ils occupaient en même temps les postes d’interprètes, de drogmans comme on disait, entre les rois et les diplomates et le

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Sultan Turc. Quatre siècles plus tard, Je viens m′incliner avec respect devant les efforts de ces savants qui ont inauguré cette tradition d′enseignement au Collège Royal, alias Collège de France, à savoir : Gabriel as-SAHIOUNI, Youhanna al-HASROUNI, Ibrahim al-HAQILANI, Sarkis al-GAMRI, et Boutros DIPY, sans mentionner ceux qui contribué à développer les échanges culturels entre les Maronites et l′Europe, tels les DOUAYHI, les ASSEMANI, les BANI, les ARIDA et combien d′autres !
Des Maronites du Mont-Liban furent les consuls de France à Beyrouth, tels que les KHAZENS et les Saad el KHOURY, tout le long du XVII et XVIII° siècle. Des Maronites étaient les interprètes de Napoléon Bonaparte durant son expédition en Egypte (le frère aleppin maronite Mach7ara ACH-CHAMI). Bien plus tard, au XIXº siècle, Mgr Nicolas MOURAD et l′abbé Youhanna AZAR représentèrent le patriarche, lors des sanglants événements de 1845 et 1860.
Petit à petit, après 1860, le rôle politique va céder la place au rôle culturel et religieux. Des séminaristes maronites étaient formés dans les Séminaires de Rouen, de Lille, de Paris et de Bordeaux. Car, chose curieuse, les diocèses de France étaient jumelés avec les diocèses maronites durant la deuxième moitié du XIX° siècle pour le grand bien des deux Eglises : au niveau missionnaire, croisières en Terre Sainte, des bulletins en faveur des Chrétiens d’Orient, dont les Œuvres des écoles d’Orient, la Sainte Enfance, et le Bulletin de Saint Louis des Maronites !
[6] - Depuis 1893, il s’est défilé pour la procure de Paris huit curés qui sont successivement : Paul BASBOUS, de Jrabta, Tobie YOUNES, de Tannourine, Emmanuel PHARES (à partir de 1914), de Sourate, Michel FEGHALI, de Kar3abida, Jean MAROUN, de Ayn Saadé, Rizqallah MAKHLOUF (1952-1977), de Ghadir, Boutros HARFOUCHE (1978-2000), de Bkassine, Saïd SAÏD (2000-2012), de Haytoura, Amine CHAHINE (2012- ). À Marseille, on retient le nom du père Matta SABA, au XIX° siècle ; au XX° siècle, on relève le nom du Père Joseph EID. A partir de 1947, c’est Mgr Joseph HAYEK (+1992), de Béjjé, qui s’engagea à monter un Foyer et une église au parc Borély pour le compte du patriarcat maronite. Mgr Amine CHAHINE, de Beit ed-Dine, lui succédera jusqu’à 2012. Depuis, la procure patriarcale de Marseille est prise en charge par le père Jean-Maroun KOUAIK, de Kfour (Kesrouan), vicaire judiciaire de la nouvelle éparchie maronite de France.
À Bordeaux, après la 1ère Guerre Mondiale, Mgr Michel FEGHALI, commença une présence maronite, développée par les pères : Nematallah AQOURI, Elie NAKHOUL et Nabil MOUWANNES, depuis octobre 2013.
À Lyon, un embryon de paroisse voit le jour, à partir de 1975, grâce au zèle de deux séminaristes qui étudiaient à l’Institut catholique de Lyon : Samir NASSAR et Nasser GEMAYEL. Elle sera suivie par le père Halim ABDALLAH, Habib DARWICHE, les pères Antonins qui s’installèrent pendant un quart de siècle à Chaponost, jusqu’en 2013. Mais, ils continuèrent à assurer, jusqu’à nouvel ordre, le ministère pastoral, tout en se basant à Fourvière. L’église maronite à Lyon se trouve actuellement à Vénissieux, après avoir été au Foyer Oriental, puis chez les Jésuites, 25, rue Sala, puis dans d’autres endroits de Lyon. Elle est desservie depuis 25 ans par les pères Antonins. Le curé est Robert MAAMARY, successeur du père Maroun ABI NADER).
À Monaco, depuis les années 1990 (?) l’évêque accueillait des prêtres du diocèse de Sidon : le Père Ghazi KHOURY, Khalil ABOU JAOUDEH, et Fadi JANDAH, qui fut le dernier (2013).
À Nice, une tradition commence avec le père Elie SACRE, à partir de 2013.

À Suresnes, ce sont les Moines de l’Ordre Libanais Maronite qui fondèrent la mission maronite grâce à un accord entre l’Ordinariat pour les Catholiques Orientaux en France, l’évêque de Nanterre, et le curé de Notre Dame du Liban. (Les noms de quelques moines ayant desservi la paroisse de Suresnes : Paul ROUHANA (évêque de Sarba), Joseph DAHER, Fouad ZOUAYN… Les pères actuels sont : Abboud CHAHOUANE, Youhanna GEHA, Charbel Daniel ABOU HAYDAR).
[7] - Dans le passé, je citerai l’exemple de Cheikh Mer3i DAHDAH, qui installé à Marseille à partir de 1831, il n’a cessé d’inciter le patriarche maronite d’envoyer un curé pour les maronites de cette ville. Dans ses lettres de 22 juin 1850, et du 22 août 1850, il se propose avec les autres fidèles d’assurer les charges de l’éventuel curé. Il rappelle au Patriarche HOBEICHE, à l’époque, que la présence d’un prêtre est non seulement nécessaire pour garder le troupeau dans la foi, mais il y va de leur droit d’avoir un curé à leur service. Le fait de passer en France ne leur enlève pas le droit de ne plus être des orientaux. Dans le présent, les maronites des autres villes et régions ont agi de la même manière : Val d’Oise, Alfortville, Tours, Clermont-Ferrand, Laon, Antony…

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Commission 2
Présence de l’Eglise maronite, sa vocation, sa mission en France & sa Relation avec l’Eglise Latine en Europe

Modérateur Secrétaires
Membres

Monseigneur Maroun-Nasser Gemayel Rita Boustany-Loumeau, Fady boustany
Père Charbel Eid, Père Ghassan Nasr, Père Michel Abboud,

Michel Youssef, Sandy Diab Youssef, Elie Mazloum

Les travaux de la commission : " Présence de l’Eglise Maronite, sa vocation, sa mission en France et sa relation avec l’Eglise Latine en Europe" nous ont permis d’aboutir aux réflexions suivantes :

1- Vocation

Notre vocation est de vivre et de témoigner de notre foi là où nous sommes en étant attentifs aux spécificités et attentes de la société dans laquelle nous vivons. Pour cela nous pouvons nous appuyer sur l’héritage historique de nos ancêtres et l’héritage spirituel de l’Eglise d’Antioche.

2- Mission - principales orientations

Axe 1 - Redécouvrir l’héritage de l’Eglise maronite. Nous devons faire redécouvrir à nos fidèles l’héritage spirituel, historique et liturgique dont ils sont dépositaires et sa spécificité par rapport aux autres traditions apostoliques. Nous devons être vigilants à ce que l’Eglise maronite ne soit pas confondue avec une identité nationale. Chaque nation y a sa place.
D’un autre côté, nous sommes avant tout maronites et peu importe si certains se sentent plus libanais, ou plus syriens et d’autres plus français. Proposition : Mise en place de projets réunissant des maronites de tous les âges. Le mélange intergénérationnel est enrichissant pour notre foi en raison de la transmission d’expérience de la part de nos ainés.

Concrètement cela peut se traduire de la manière suivante :

•Que dans les paroisses maronites les activités religieuses soient en majorité intergénérationnelles.

•La mise en place par l’évêque de rassemblements intergénérationnels annuels de 3 à 4 jours complets, à destination de toutes les paroisses d’Europe, autour des thèmes de l’approfondissement de l’identité maronite.

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Axe 2 - Prendre part à la mission d’Evangélisation. Nous devons prendre pleinement part à la mission d’Evangélisation à laquelle toute Eglise est appelée. Pour cela, nous devons être en mesure d’adapter notre manière de vivre notre foi et notre pastorale pour répondre au mieux aux exigences et défis de la société dans laquelle nous vivons.

Axe 3 – Apporter notre expérience du dialogue interreligieux.

La proximité que nous avons depuis des siècles avec l’Islam, nous a permis d’acquérir une connaissance de cette religion et l’expérience de la coexistence avec les musulmans. Ce vécu, différent de celui que la société occidentale a de l’Islam, nécessite d’être connu et partagé. Nous pourrions donc apporter notre contribution au dialogue interreligieux.
D’ailleurs, et de la même façon, nous avons également un rôle spécifique et légitime à développer au service de l’œcuménisme.

3- Points d’attention

•La suite de nos travaux abordera les propositions concrètes qui appuieront les orientations générales que nous venons d’identifier.
•Afin que nos propositions soient pertinentes, il est important lors de notre prochaine réunion d’identifier les différents cas de figure des fidèles maronites (Récemment arrivés ou pas, rattachés à une communauté ou plus isolés, famille mixte ou pas, ...) et l’approche la plus appropriée à chaque cas.
•Notre approche devrait également tenir compte de deux risques auxquels chacun est confronté,
1. Dans notre volonté d’intégration, laisser notre identité se dissoudre 2. Se contenter d’un "repli sur soi" confortable

Quelques précisions à apporter par rapport à ces deux points :

Par identité nous signifions identité religieuse maronite. Nous la distinguons également de l’appartenance à la culture libanaise.
Par repli sur soi nous entendons, un repli culturel centré sur une identité plutôt nationale et non un retour aux sources maronites. Il est bon de consolider notre identité maronite et en être fier pour pouvoir ensuite la faire rayonner et en témoigner indépendamment du milieu culturel dans lequel on évolue. il n’est pas souhaitable que cette identité soit confondue avec une appartenance nationale et favorise un " repli culturel" qui n’apporte pas une certaine fécondité à la société dans laquelle nous vivons.

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Commission 3 Famille

Modérateur Secrétaire
Membres

Père Elie Sacre Isabelle Karam
Olga Haddad Issa, Christelle Assaad, Lina Lteif Atallah,

Antoine Safi

Question proposée par Monseigneur Gemayel pour la Commission Famille (Texte du Synode) :

Comment vivez-vous votre communion familiale, à la maison ?

Le passage qui suit extrait d’UNE ESPÉRANCE NOUVELLE POUR LE LIBAN définit le terme « communion ».

Le concept de communion est important pour prendre une juste conscience de la nature de l’Église. Il implique toujours une double dimension : verticale (communion avec Dieu) et horizontale (communion entre les hommes), et un double aspect : visible (condition corporelle et sociale de l’homme) et invisible (union de grâce avec Dieu et, en Lui, avec tous les hommes).

Par ailleurs une phrase de Paul VI a retenu toute notre attention : L’homme vaut plus par ce qu’il est que par ce qu’il a. Gaudium et Spes §35

La communion en famille est directement liée à la relation que chacun vit avec Dieu, les relations entre les membres de la famille se construisent et s’enrichissent dans la communion à Dieu. La transmission des valeurs maronites va de pair avec la transmission d’une vision de l’homme : quelle valeur accorde-t-on à l’homme, aux biens matériels, à la réussite sociale et professionnelle, quelle place réserve-t-on aux valeurs évangéliques, à la solidarité ?

La Commission Famille n’a pas répondu directement à la question posée par Monseigneur Gemayel, un questionnaire permettrait de consulter les familles et de recueillir leur réponse. La Commission s’est réunie 4 fois (4 membres de la paroisse Notre-Dame du Liban à Paris). Ci-joint tableau récapitulatif des propositions ainsi qu’une ébauche de questionnaire.
UNE ESPÉRANCE NOUVELLE POUR LE LIBAN DE SA SAINTETÉ JEAN-PAUL II La famille

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46. Le Message du Synode a clairement énoncé les menaces qui pèsent sur la famille libanaise : « Démembrement familial à cause de l’émigration du père ou des enfants en quête d’un emploi ou d’une formation ; vie familiale compromise par les difficultés matérielles ; vie familiale minée par une conception erronée de l’indépendance des conjoints et une mentalité contraceptive »1. Face à cela, le soutien spirituel, moral et matériel des futurs couples et des familles est une des tâches les plus urgentes.

C’est d’abord à partir de la famille que le tissu social se construit, que l’éducation de la jeunesse, demain responsable de la nation, se réalise et que la foi chrétienne se transmet de génération en génération. L’Église fait confiance aux familles et compte sur les parents, tout spécialement dans la perspective du troisième millénaire, pour que les jeunes puissent connaître le Christ et le suivre généreusement dans le mariage, dans le sacerdoce ou dans la vie consacrée. « Le sacerdoce baptismal des fidèles, vécu dans le mariage-sacrement, constitue pour les époux et pour la famille le fondement d’une vocation et d’une mission sacerdotales »2. Les foyers sont porteurs d’un riche dynamisme spirituel et sont les premiers lieux de maturation des vocations. Par leur façon de vivre, les parents témoignent de la beauté du mariage et du don de soi. L’exemple quotidien de couples unis nourrit chez les jeunes le désir de les imiter. « Petite Église », la famille est une école de l’amour3 et le premier lieu d’un témoignage chrétien et missionnaire, par l’exemple autant que par la parole. Le mystère d’amour qui lie l’homme et la femme est le reflet de l’union entre le Christ et son Église (cf. Ep 5, 32). C’est dans la famille que, dès le bas âge, les enfants sont initiés à la présence de Dieu et à la confiance en sa bonté de Père. Une pédagogie toute simple de la prière chrétienne suppose que les adultes donnent l’exemple de la prière personnelle et de la méditation de la parole de Dieu. C’est donc pour soutenir, aider et préserver cette institution primordiale que les participants à l’Assemblée synodale ont souhaité que la pastorale familiale soit développée.

47. Dans cet esprit, la préparation au mariage est extrêmement importante. Pour exercer leurs futures responsabilités, les fiancés doivent pouvoir trouver des appuis auprès de l’Église locale.

1 Assemblée spéciale pour le Liban du Synode des Évêques, Message
2 Jean-Paul II, Exhort. apost. Familiaris consortio, n. 59 : AAS 74 (1982), p. 151.
3 Cf. Assemblée spéciale pour le Liban du Synode des Évêques, Instrumentum laboris, n. 53.

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Commission Famille - Propositions

Thème
Difficultés
Points positifs
Recommandation
Application

La famille "église domestique" et "cellule d’Eglise".
Eloignement ou abandon de la pratique religieuse à l’adolescence.

Langue libanaise peu pratiquée voire non-enseignée : incompréhension des homélies ou des conférences.
Centre de préparation au mariage. Proposition d’Equipes N-D pour les couples.

Temps forts pendant les fêtes de Noël ou Pâques.
Proposer des retraites pour soutenir les futurs couples ou les parents.
Ouvrir plus de places pour les cours d’arabe, recrutement de professeurs supplémentaires. Diffuser largement les informations via sites (paroisses et éparchie)ou mails.

Ateliers ou conférences pour les parents pendant les activités ou les cours des enfants le samedi.
Mise ne place d’une garderie ou "jardin biblique" pour les plus petits.

La famille et le Magistère

Méconnaissance de l’enseignement de l’Eglise. Cohabitation avant le mariage.

Conférences sur la famille et le couple.
Catéchèse pour adultes sur le thème de la famille. Développer la pastorale familiale dans le diocèse et les paroisses, intervention d’experts laïcs (plan médical, juridique, psychologique…)

Création d’un service de Pastorale Familiale :
Centre de préparation au mariage Equipes Notre-Dame Mouvements……

La famille et la société
Grand décalage entre les valeurs religieuses et humaines transmises dans les familles maronites et les « valeurs » laïques de la société occidentale.

Nombreuses associations en lien avec les municipalités.

Contact avec les pouvoirs publics et les institutions officielles.

Les conflits familiaux

Problèmes du couple. Crise des adolescents en difficulté scolaire.

Présence d’un prêtre spécialement disponible pour les situations de détresse.
Accueil aux horaires proposés dans le bulletin paroissial ou sur rendez-vous fixé à l’avance avec le prêtre. Groupe d’entraide scolaire entre jeunes diplômés et élèves en difficulté.

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SEIGNEUR, FAIS DE NOUS DES SERVITEURS !

Donner la vie Aider à grandir
(Croissance spirituelle et morale)

Partager Accueillir
(Apprentissage du don, de l’hospitalité)

Les missions

de la famille

S’engager dans l’Eglise

Servir

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QUESTIONNAIRE POUR LE SYNODE MARONITE

Commission Famille

Le questionnaire qui vous est proposé permettra de recueillir vos témoignages, vos attentes, vos souhaits mais aussi de valider des propositions ou de les modifier.

Quels types de liens vivez-vous ?

☐La messe du samedi et dimanche ☐En semaine

☐Les grandes fêtes (Noël, Pâques, 15 Aout, Toussaint, ...) ☐D’autres temps de prière proposés (chapelet, adoration, vêpres ...) ☐Catéchisme ☐Scoutisme
☐Les conférences☐Les retraites ☐Les temps forts

☐Les services d’Eglise :…………………………………………………………………………….. ☐Autre : précisez :…………………………………………………………………………………

Quels sont les obstacles qui vous freinent dans votre participation à la vie de la paroisse ?

☐Domicile éloigné : précisez en Km et en temps……………………………….. ☐La langue ………………………………………………………………………………. ☐L’absence de garderie ……………………………………………………………… ☐Difficultés de stationnement
☐Autre(précisez) ……………………………………………………………………

Vos enfants ou votre conjoint comprennent-ils la langue libanaise ? ☐Oui ………………………………………………………………………………… ☐Non ………………………………………………………………………………… Remarques
……………………………………………………………………………………………………… …………………………………………………
Si une garderie était proposée, accepteriez-vous de confier vos enfants ? ☐Oui A partir de quel âge : ……………………………………………………
REMARQUES ………………………………………………………………………………………… …………………………………………
☐Non Pourquoi ? .............................................................................. ..............................................

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Que recherchez-vous en fréquentant la paroisse (au niveau personnel, familial, couple, ) ? Si vous cochez une réponse merci de compléter par une évaluation de 0 a 10

(0 =ne recherche pas ; 10 =recherche beaucoup)

☐De l’écoute……. ☐Formation……. ☐L’amitié ☐La fête……. ☐Lajoie……. ☐Paix intérieure

☐Le partage de ma foi avec d’autres……. ☐Les sacrements…….

☐Nourrir ma foi……. ☐Partager des expériences de vie…….

☐Rejoindre une communauté…….. ☐Sortir…….

☐Trouver des repères…….. ☐Trouver des solutions aux difficultés que je rencontre…….

☐Un cadre référant…….. ☐Une aide morale, matérielle, humaine, spirituelle………

☐Un lieu pour me ressourcer ……… ☐Une famille spirituelle…….. ☐Une fraternité……..

☐Proposer mon aide, mon temps, mes capacités, mes expériences ………….

☐Rejoindre une association animée par l’esprit de l’Evangile ………….

☐Créer un réseau……..

☐Rencontrer des chrétiens pour prolonger mon activité professionnelle………

☐Permettre à mes enfants de connaitre des enfants partageant les valeurs chrétiennes ……….

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Commission 4 Jeunes

Modérateur Secrétaire
Membres

Père Elie Akoury Josiane Saleh-Tabet
Soeur Jocelyne Chahwan, Peggy Matta, Khalil Hajj Assaf,

Joanna Choufani, Vittorio Gharbi

I- Introduction

« L’Eglise universelle considère “la pastorale des jeunes” comme un champ pastoral vital et y voit un fondement pour la proclamation de la nouvelle évangélisation au troisième millénaire »1.
Ainsi, « notre Eglise maronite qui accorde une importance toute particulière à la mission et au prophétisme de la jeunesse, en récolte un bien abondant et réaffirme son soutien aux jeunes, espérance de l’avenir. Elle travaille avec eux et les aide à grandir dans leur Eglise, à porter sa mission et à témoigner des valeurs évangéliques dans leur vie »2
Envers ces jeunes, l’Eglise doit « se sentir engagée auprès d’eux, partager leur inquiétude et leurs préoccupations, leur ouverture et leurs espoirs, pour répondre à leurs attentes et leur dire que la certitude est le Christ, la vérité est le Christ, que l’amour est le Christ ». A ce moment-là, les jeunes s’engagent dans leur Église « lorsque les autorités ecclésiastiques comprennent leurs aspirations à s’affirmer dans leur milieu et leur société et les entourent de leur amour, de leur espérance et de leur confiance. Cet encadrement gratuit favorise, le dialogue sincère avec eux et leur montre à quel point l’Eglise les tient en estime et apprécie tout le bien et toute la beauté qu’ils portent en eux »3.

1 Le pape jean Paul II, cité dans le Synode Patriarcal Maronite : Textes et recommandations, Texte nr.11 : Les jeunes § 1, Bkerke 2008.
2 Synode Patriarcal Maronite : Textes et recommandations, Texte nr.11 : Les jeunes § 3, Bkerke 2008. 3 Idem, Texte nr.11 : Les jeunes § 13.

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Se basant sur les fondements de notre Église universelle et locale, et suite à la fondation de notre Éparchie Maronite en Europe et par la suite, pour répondre aux quatre questions posés par notre Évêque Mgr Maroun-Nasser GEMAYEL durant la première session du synode diocésain en 2013 surtout sur la question numéro 3 : « Quelle place occupent nos enfants et nos jeunes gens par rapport à cette foi et valeurs familiales orientales ? Comment se fait leur éducation à la vie chrétienne (à la maison, à la paroisse ? »

Le projet d’une rencontre JEME des Jeunes de l’Éparchie Maronite en Europe a vu le jour du 1er-4 mai 2014, « POUR TOUS, Joie de l’Évangile ».

II- Objectifs :

Les objectifs de la rencontre sont :

- La rencontre des jeunes de l’Éparchie avec leur bon pasteur (l’évêque).

- La rencontre de tous les jeunes de l’Éparchie en Europe pour vivre ensemble une expérience spirituelle, culturelle et sociale unique
- L’enracinement des jeunes dans leur Église et leur encouragement à vivre leur foi à travers une nouvelle évangélisation
- L’accompagnement des jeunes à la formation de groupes dans les différentes régions de l’Éparchie
- La création d’un réseau entre les jeunes afin d’unifier les forces selon chaque corps de métier et selon les différents niveaux d’expérience

III- Mise en œuvre :

III.1 Visite des régions :

1. Pendant la première session du Synode :

a. Lancement du projet de la première rencontre

b. Prise de rendez-vous avec les prêtres ou les représentants des régions pour visiter et rencontrer les jeunes
2. Visite des régions de l’Éparchie :

a. Si la région est accompagnée par un prêtre : La visite commençait par une prière suivie d’une présentation de notre patrimoine en tant qu’orientaux et une présentation des objectifs de la rencontre ainsi que le message de l’Évêque aux jeunes

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b. En absence de prêtre : La visite comprenait une messe suivie des présentations du patrimoine et des objectifs de la première rencontre et le message de l’Évêque aux jeunes
Chaque région est représentée par un délégué choisi par le Prêtre ou le groupe des jeunes.

Pour cette première rencontre les régions qui ont pu être visitées sont (Rennes, Nancy, Allemagne, Lyon, Marseille, Montpelier, Toulouse, bordeaux, Suède (Stockholm et Gutenberg), Londres). La visite des autres régions sera poursuivie afin de préparer la rencontre de l’année prochaine et d’autres projets.

III.2 Constitution des équipes de travail :

1. Équipe de coordination de la rencontre, c’est l’équipe qui :

a. avec l’aumônier des jeunes de l’éparchie coordonne avec l’Évêque pour définir les valeurs et les objectifs à atteindre.
b. Prépare avec l’Évêque les questions de réflexions que doivent traiter les participants afin de sortir des décisions et des conclusions par rapport aux objectifs définis.
c. coordonne avec les différents organismes extérieurs pour l’organisation d. coordonne le travail des différents groupes de travail
2. Équipe de travail spirituel : l’équipe a pour objectif de préparer des temps de resourcement spirituel dans la rencontre (messes, prières, processions) pour permettre aux jeunes de découvrir la présence de Dieu dans leur vie quotidienne et d’approfondir leur foi en se basant sur la Parole de Dieu qui change la vie et sur l’encyclique du Pape François sur la nouvelle évangélisation.
3. Équipe de travail logistique : L’équipe a pour objectif de mettre à disposition les ressources correspondant aux besoins de la rencontre ainsi que d’organiser le déplacement et l’hébergement des participants de la rencontre.

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4. Équipe de communication : L’équipe a pour but de mettre en place différents moyens et techniques qui permettent de :
a. promouvoir la rencontre

b. diffuser à la plus vaste audience les informations et les détails de la rencontre de vive voix et sur les différents moyens de communications et des réseaux sociaux
c. gérer l’inscription des participants

5. Équipe d’animation : l’équipe a pour objectif de développer un cadre pour aider les jeunes de :
a. Accueillir les participants

b. Se connaître et créer une cohésion entre les participants c. Mettre de la vivacité dans la rencontre
d. Entrainer une ambiance joyeuse

e. Donner du mouvement et de la vie

f. Préparer et animer des activités socioculturelles

6. Équipe de financement : l’équipe a pour objectif de faire une collecte de fond à partir de projet de financement et de trouver des sponsors

Un retro-planning a été établi afin d’assurer le bon déroulement des préparatifs de la rencontre. Les équipes de travail se réunissaient avec une fréquence d’une réunion par semaine à laquelle s’ajoutaient des réunions exceptionnelles selon les besoins. Durant les deux dernières semaines avant la rencontre, la fréquence des réunions s’accentuait à une fréquence quotidienne.

IV- Déroulement de la rencontre : Un compte rendu sera rajouté en annexe

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V- Recommandations

Recommandations
Modalité d’application

1. Création de groupes de jeunes dans toutes les paroisses et les régions
- Fixer des réunions régulières (prières, enseignements, partage biblique,…)
- Encourager les jeunes pratiquants à devenir des ambassadeurs du Christ auprès des autres jeunes maronites non pratiquants
- Partage d’expérience avec les groupes de jeunes déjà constitués

2. S’engager à une rencontre annuelle pour les jeunes de l’Éparchie
- Regrouper les potentiels des jeunes des différentes régions de l’Éparchie
- Constituer un comité de travail de toutes les régions et tous les pays

3. La formation spirituelle, humaine et socioculturelle des jeunes et leur accompagnement
- Invitation des jeunes à prendre conscience du contenu de leur foi et des valeurs humaines à travers :
o Des Enseignements avec l’Évêque pendant ses visites pastorales, avec les prêtres des différentes régions et avec l’aumônier des jeunes de l’Éparchie
o Invitation des intervenants extérieurs pour débattre sur des sujets qui intéressent les jeunes pendant la rencontre annuelle
o Création d’un forum physique ou informatique pour répondre aux différents questionnements des jeunes
o Constitution de sessions de formation thématiques

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4. Connaître et vivre notre patrimoine maronite et porter le flambeau de ce riche patrimoine
- Faire des conférences sur l’histoire et le patrimoine des maronites
- Faire des brochures pour expliquer d’une manière simplifiée ce patrimoine
- Participer aux célébrations liturgiques qui incarnent le vrai patrimoine, prévoir des explications des symboles liturgiques pendant ces célébrations
- Faire des rencontres avec les jeunes des diocèses locaux afin de faire connaître notre patrimoine
- Mettre les nouvelles technologies informatiques dans le service de la diffusion de notre patrimoine

5. pouvoir créer un réseau de jeunes d’Europe qui permet d’unifier les compétences pour commencer avec une entraide locale qui s’étend par la suite aux besoins de nos pays d’origine.
- Créer une base de données
- Prévoir des réunions par corps de métier :
o Élire un représentant de chaque corps
o Élaborer un plan d’action pour aider les juniors
oTrouver des partenariats et créer des jumelages entre les organisations de nos pays d’accueil et celles de nos pays d’origine

6. Ouverture œcuménique sur les autres jeunes orientaux et occidentaux, engager un dialogue interreligieux entre les jeunes.
- Prendre contact avec d’autres groupes de jeunes :
oPrières œcuméniques
oRencontres de partage et de réflexion

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Commission 6
Nouvelle Evangélisation et catéchisme

Modérateur Secrétaires
Membres

Père Fadi Elmir

Joumana Yammine Malésys, Lina Lteif Atallah

Père Roger Abdel Massih, Rafeh El Alam, Najwa Salamé,

Jacques Abraham, Marcelle Kouyoumdjian

I. Introduction

Est-ce que Saint Paul, vivant aujourd’hui, aurait-il contacté les différentes communautés chrétiennes comme il l’avait fait au 1er siècle après J.C.

Peut-on “annoncer la Bonne Nouvelle” ? C’est à dire évangéliser, partager sa confiance en Dieu avec les autres tout en respectant l’intimité de chacun au XXIème siècle comme le faisaient les missionnaires au cours des siècles précédents ?

L’annonce de la Bonne Nouvelle : la nativité, la passion et la résurrection tout cela est un témoignage de la transformation subie par l’être humain dans son fort intérieure. Ce témoignage ne devrait-t-il pas subir une transformation dans sa forme ?

Si l’enseignement, qui n’est autre chose qu’un partage, voit chaque jour des évolutions radicales dans sa réalisation à cause de la numérisation, comment devront-nous penser la nouvelle évangélisation pour qu’elle soit acceptée voire même comprise par ceux avec qui nous voulons la partager ?

La nouvelle évangélisation doit être adaptée aux différentes catégories sociales, professionnelles, et par tranches d’âges ?

Est-ce que la nouvelle évangélisation peut changer quelque chose dans le domaine catéchétique, les mouvements apostoliques, les homélies, les retraites spirituelles, les messes, la liturgie, les activités paroissiales et dans le numérique ?

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II. Qu’est qu’une nouvelle Évangélisation ?

La nouvelle Évangélisation est un projet de sanctification et de sainteté pour le monde d’aujourd’hui.

« Si vous demeurez en moi et moi en vous, vous porterez beaucoup de fruit » (Jn 15:5)

« Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ; mais moi, je vous ai choisis, et je vous ai établis, afin que vous alliez, et que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure, afin que ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne » (Jn 15:16)

« Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés » (Mt 28, 19-20).

III. Les nouvelles méthodologies de la nouvelle Évangélisation :

Avant d’aborder les moyens et activités, il est important de trouver les moyens de se revêtir du Christ et de son Esprit Saint.

A. Comment préparer le cœur à l’annonce de l’Évangile ?

Notre attitude est le cœur qui anime les moyens matériaux de notre mission.

Le message du Christ est une dynamique de vie. Notre action doit être basée sur une foi active et dynamique pour attirer surtout les jeunes qui sont l’avenir de l’Église.

Pour pouvoir transmettre sa foi aux autres, toucher les cœurs et refléter le visage du Christ, il faut soi-même être imprégné du Christ, avoir vécu l’expérience de Dieu, de son amour, de l’effusion de l’Esprit Saint. Sans cesse, il faut maintenir le cœur en éveil, habiller son cœur du Christ à travers la prière, la lecture vivante de l’Évangile et faire place à l’Esprit Saint ! Sans cesse, une remise en question et un discernement sont nécessaires. « Toutes les méthodes sont vides sans le fondement de la prière. La parole de l’annonce doit toujours baigner dans une intense vie de prière. […] Évangéliser n’est pas uniquement une façon de parler, mais une façon de vivre : vivre dans l’écoute et se faire la voix du Père. « Le témoignage personnel de la foi est en soi une forme puissante de catéchèse. » (Synode 2012).

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Se poser la question de : « Où et comment puis-je trouver le visage du Christ ? » La rencontre du Christ et la communion avec lui, c’est le « but de la transmission de la foi » (extrait de Lineamenta, Benoit XVI, Synode 2012).

B. Objectifs

Reformer nos églises : de l’intérieur. La rendre vivante, aimante et accueillante à l’image du Christ. « Le désir d’une Église dans laquelle elle peut être trouvée par Jésus et où elle peut Le trouver » (Cardinal Tagle – Cœur du Christ, modèle)

Répondre à l’appel des jeunes, leur enseigner l’amour du Christ.

L’objectif étant de chercher ceux qui sont en dehors de nos églises et de maintenir dans la durée ceux qui y sont déjà.

Rajeunir l’Église, innover les moyens de communication, parler plus simplement, un langage compréhensible par tous (sans termes « ecclésiales ») et les rendre plus accessibles au monde d’aujourd’hui.

Pour parler un même langage que les jeunes et la société actuelle il faudrait se conformer à leurs attentes, leurs hobbies, leur quotidien. Se mettre à la place des jeunes, véhiculer les messages du Christ à travers leurs différents centres d’intérêt, à travers leurs questionnements et leurs souffrances.

C. Techniques et moyens :

« Utiliser de manière raisonnable les méthodes modernes pour nous faire entendre […] mieux : pour rendre la voix du Seigneur accessible et compréhensible » (Extrait du Jubilé).

Les moyens les plus accessibles pour l’évangélisation sont ceux qu’on utilise tous les jours dans notre vie quotidienne, les technologies liées à nos loisirs, nos centres d’intérêts, mais adaptés, pour être mis en relation avec l’Évangile et le message du Christ :

1. ART ET CREATIVITÉ : musique, cinéma, théâtre…

o Promouvoir et encourager des communautés d’artistes (avec styles pop rock et autres pour attirer aussi les jeunes : exemple du CD « Vivre d’amour » médiatisé à la télé reprenant les poèmes de Sainte Thérèse, les paroles répondent à une nécessité actuelle qui est l’amour du prochain) ;
o Promouvoir des rassemblements artistiques et des concerts dans les rues ;

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o Affiches publicitaires humoristiques en lien avec des paraboles du Christ ou l’Évangile ;

o Spectacles humoristiques : utiliser l’humour pour faire passer des messages sérieux de l’Évangile.

2. LE NUMÉRIQUE :

o Rendre les ondes radios plus dynamiques ou en créer une autre spéciale pour les jeunes. Utiliser largement le télévisuel pour faire la publicité sur les produits des artistes (ex. CD de Thérèse). Activer des réseaux sociaux sur internet (Facebook et Twitter « apostolique », Évangile au quotidien, Prions en Église…). Utiliser des tableaux interactifs dans les activités paroissiales ;
o Tagger des messages concis et porteurs qui peuvent toucher les cœurs par des citations de l’Évangile, des spiritualités des Saints et des Pères ;
o Utiliser un langage compréhensible pour les jeunes qui utiliserait leur propre langage, « savoir dialoguer avec la culture numérique, avec la réalité de tous ces jeunes », « être capable de communiquer et d’annoncer l’Évangile dans une culture numérique » (Mgr Celli) ;
o Attention toutefois au danger du numérique : savoir l’utiliser avec intelligence et sagesse ;
o Le numérique dans l’éducation scolaire et familiale (jeux éducatifs ludiques).

3. SPORT : Créer des événements en ville où tous les religieux se mettent au sport ! (cyclisme, marathon,…) avec ou sans les fidèles (ex. Jean Paul II, ce grand sportif spirituel)

4. HUMANITAIRE : dans les Écoles, Universités, rues… : lobbying sur les actions caritatives et humanitaires, des actions qui peuvent toucher la sensibilité des athées

« Dans le visage du pauvre resplendit le visage même du Christ […] Leur présence dans nos communautés est mystérieusement puissante : elle change les personnes plus qu’un discours, elle enseigne la fidélité, elle fait comprendre la fragilité de la vie, elle appelle à la prière, et, pour tout dire, conduit au Christ » (Synode 2012 final).

o Promouvoir des actions et des œuvres de charité visibles même dans les rues : encourager de grands projets caritatifs nationaux ou internationaux entre chrétiens et athées, dans les associations

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chrétiennes et les associations non chrétiennes. La charité envers les pauvres véhicule le visage du Christ et sa présence (Caritas, aides aux différentes communautés de Mère Teresa, petits frères des pauvres, visites des malades dans les hôpitaux pour enfants et adultes (avec jeux déguisements clowns…), dans les centres d’accueil pour personnes âgées, « les centres de détention des mineures » si accessibles …) ;
o Œuvrer pour les immigrés et les sans-papiers pour leur faire connaître le visage du Christ à travers la charité, le service et l’amour du prochain. C’est un moyen de leur faire connaître l’Église et les attirer à elle.

Aider en donnant Jésus ! En portant notre Évangile dans nos mains et sur nos langues ! Et toujours par AMOUR…

5. CONTACT HUMAIN ou évangélisation dans les rues et au cœur des villes :

o Mission du Père Guy Gilbert prêtre chez les loubards, mission des moines de la Fraternité de Jérusalem, témoignages de vies, exemple des mouvements protestants de prêche de la foi…

6. DIALOGUE INTERRELIGIEUX :

o Rapprochement et rencontre avec les églises orthodoxes et protestantes - organisation de mouvements et d’actions communes pour créer ce rapprochement (de toutes sortes : prières, actions caritatives…) ;
o Ouverture, rapprochement et rencontre avec musulmans et juifs (ex. diners interreligieux, actions caritatives qui rapprochent les cœurs par la charité donnée…).

7. LA PERSONNE :

o Importance du charisme, de l’« Attitude, style audacieux » transmettre sa « Joie et ferveur » avec une « Force prophétique et transformatrice du message évangélique » ;
o Importance de la volonté de transmission de la foi « Ce ne sont pas les capacités personnelles du célébrant qui comptent, mais uniquement sa foi, dans laquelle transparaît Jésus-Christ » (extrait du Jubilé) ;
o Importance de l’exemplarité à l’image du Christ (humilité, parler au nom de la communauté et pour le service du Christ et non pour sa gloire) « L’Église doit apprendre l’humilité de Jésus. La puissance de Dieu

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apparaît dans le dépouillement du Fils, dans l’amour qui est crucifié mais sauve réellement parce qu’il s’est vidé de soi pour le bien des autres » (Cardinal Tagle – Cœur du Christ, modèle), « Appel à une spiritualité profonde » (Lineamenta Synode 2012).

8. HOMÉLIES :

Le Pape François a touché le cœur de plusieurs athées par le message qu’il véhicule sur la pauvreté du cœur, la modestie, la miséricorde, etc. Il donne ainsi quelques conseils pour rendre efficace une homélie d’aujourd’hui :

Les homélies « doivent être brèves et éviter de ressembler à une conférence ou à un cours », elles doivent savoir dire « des paroles qui font brûler les cœurs » (Pape François, Evangelii Gaudium)

« Les sociétés apparemment indifférentes et désœuvrées de notre époque recherchent Dieu avec ardeur. L’humilité de l’Église, son respect et son silence pourraient révéler plus clairement le visage de Dieu en Jésus. Le monde trouve plaisir à un témoignage simple de Jésus - doux et humble de cœur » (Cardinal Tagle, Cœur du Christ, modèle).

Il faut donc bien étudier l’efficacité des homélies en tablant sur le style, la méthode, la technique, les moyens,…etc. surtout quand on s’adresse aux jeunes et aux enfants.

9. AFFICHAGES ET DECORS DE L’ÉGLISE : analogie avec ce qui peut être affiché sur le Net, i.e. un message concis et porteur qui peut toucher les cœurs.

o Affichages dans l’église : des messages clés en rapport avec le thème annuel de l’Église, des paroles de l’Évangile, spiritualité des Saints, des Pères ;
o Utiliser l’humour pour faire passer des messages très sérieux ! ;

o Distribuer en libre-service des prières dans les églises : prières spirituelles, mystiques des saints accompagnées de leur icône, prières humoristiques, prière scoute, façonner et réécrire des prières traditionnelles (ex. Notre Père) porteuse des messages du Christ pour qu’elles soient plus compréhensibles et actuelles dans nos sociétés.

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D. Exemples d’activités pour dynamiser une paroisse :

À souligner l’importance du soutien ecclésial (prêtres, religieuses) dans la démarche des laïcs vers la nouvelle évangélisation, i.e. implication active dans les activités paroissiales (ils doivent aussi bénéficier de l’aide de moines et des religieuses) :

1. Partage de la foi lors des veillées de prière, veillées évangéliques, lectio divina, veillées charismatiques, veillées d’adoration du Saint Sacrement… ;
2. Catéchisme, catéchuménat, éveil à la foi ; 3. Centre d’aumônerie des jeunes ;
4. Scouts de France, Scouts d’Europe ;

5. Cours d’arabe pourquoi pas « catéchétique » [pour que les parents y voient un intérêt… et l’intérêt est double : apprendre l’arabe et y transmettre la foi] !, cours de syriaque ;
6. Messes des jeunes, messes des familles, messes des enfants ; 7. Chorale des enfants, chorale des adultes ;
8. Enfants de cœur, servants de messe, formation des servants de messe ; 9. Équipe Notre dame, foyers en prière ;
10. Mouvements : Focolari, Jeunesses Mariales (JM), …etc. ; 11. Équipes liturgiques ;
12. Témoignages de vie (moines/moniales, personnes reconverties) ;

13. À travers le socio-culturel : soirées paroissiales, danses, sorties paroissiales ;
14. Théâtre et projection de films des Saints, ou histoires de la vie courante en lien avec l’Évangile et le christianisme ;
15. Prières des mères : s’adresse aux mères qui veulent prier pour leurs enfants ;
16. Entretien des églises : fleurs, décors, nettoyage ;

17. Pèlerinages et participation active aux Journées Mondiales de la Jeunesse, Saint Jacques de Compostelle, autres mouvements et rassemblements (JM).
18. Retraites spirituelles pour toutes les catégories d’âges ou autres regroupement sociaux ou professionnels...
19. …

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IV. Importance de la formation des nouveaux missionnaires (prêtres et laïcs) à la nouvelle évangélisation1

La formation consiste à parler un langage de la foi2 compréhensible et compatible avec notre société et temps actuel.
Les réseaux sociaux actuels3 (Facebook, Twitter, Flickr, LinkedIn, Myspace,…) sont notre nouvelle moisson4 qui est grande et a besoin des experts qui la manipule. Ce fait ne consiste pas à « poster » des photos et de rédiger des paragraphes mais de maitriser le génie de ces réseaux et d’utiliser leurs propres langues.
Proposer la foi dans la société actuelle5 et aujourd’hui6 nous suscite à développer nos méthodes de communication, nos mentalités,…nous-même pour être une église missionnaire.

En guise de conclusion, nous citons Mgr Celli qui incite les chrétiens missionnaires d’aujourd’hui à « évangéliser avec de nouveaux langages et de nouveaux comportements », tout en cherchant « à comprendre les problématiques de l’homme d’aujourd’hui », « il s’agit de communiquer de l’amour de Dieu, d’un Dieu qui aime l’homme et le cherche inlassablement avec amour ».

1 Observatore Romano, Retour au premier amour, 29.07.2012 : La nouvelle évangélisation doit être orientée pour faire en sorte que l’homme et la femme de cette société sécularisée recommencent à vivre la joie de la présence et de la proximité de l’amour de Dieu dans leur vie.
Compte-rendu du Synode de la nouvelle évangélisation : « S’adapter au monde qui nous entoure pour annoncer le Christ et être entendus, adopter un nouvel élan missionnaire, voilà ce qu’est la Nouvelle Evangélisation. »
2 S. Thomas d’A., s. th. 2-2, 1, 2, ad 2 : Nous ne croyons pas en des formules, mais dans les réalités qu’elles expriment et que la foi nous permet de toucher
3Les 10 sites de réseaux sociaux qu’il faut connaître, article sur internet publié le 16 Avril 2010 : http://www.20minutes.fr/index/398400-10-sites-reseaux-sociaux-faut-connaitre
4 Luc 10, 2 : "La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson »
5Lettre aux catholiques de France, proposé la foi dans la société actuelle, 9 Novembre 1996

6 Mille question à la foi, proposer la foi aujourd’hui, programme diffusé par Kto le 19 Décembre 2009, Durée 52 minutes. http://www.ktotv.com/videos-chretiennes/emissions/nouveautes/mille-questions-a-la-foi-proposer-la-foi-aujourd-hui/00047760

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Commission 7
Enseignement primaire et secondaire

Modérateur Secrétaire
Membres

Père Jihad Saliba Maguy Feghali Morin
Jérôme Tousaint, Joëlle Assaf

Introduction

Parce que la question de la transmission est spirituellement et culturellement fondamentale, parce que le projet d’une ouverture d’école n’est pas dans une perspective commerciale ni neutre, il nous semble utile d’étayer les questions de fond qui motivent cette réflexion. Les inquiétudes que j’ai récoltées de mes différents contacts sont multiples et légitimes. Certains posent la question de l’utilité de ce projet surtout que la France nous offre les écoles et les églises, d’autres posent la question du risque financier, de la rentabilité, d’autres posent la question du besoin en réduisant le sujet à l’apprentissage de l’arabe, d’autres posent la question de la faisabilité au regard de la dispersion des libanais en France, d’autres expriment la peur d’une perspective d’abandon des maronites de l’intérieur (du territoire libanais) pour faire « migrer l’église » vers l’extérieur.
A côté de ces inquiétudes, beaucoup ont exprimé un enthousiasme et une admiration devant un tel projet. Ils jugent que notre église a déjà accusé plusieurs années de retard pour accompagner le départ continu des chrétiens du Liban et des pays environnants. Un sursaut de la part de l’église maronite éviterait d’assister, les bras croisés, à une extinction annoncée. Au-delà des réponses pratiques qui ne leur semblaient pas insurmontables, ils ont perçu ce projet comme une propulsion de notre église sur la scène internationale. Maronites, chrétiens d’Orient, connus juste par les initiés pour la souffrance, les divisions et la persécution subie, ces maronites vont enfin sortir de l’ombre pour jouer un rôle au cœur de la société occidentale. Ils s’apprêtent à s’afficher avec un élan vital et une volonté d’enrichir de leur apport, le pays qui les accueille.

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Des cas et des exemples

Pour exister et se faire une place, les religions se saisissent des circonstances importantes historiques ou sociales ou scientifiques ou autres.

En Indonésie, les musulmans ont édifié la Mosquée « Istiqlal » pour fêter la joie de l’indépendance de l’Indonésie proclamée en 1945. Depuis, cette mosquée ne désemplit pas.
Dans ce même pays, les Chinois ont construit leur propre mosquée pour créer une place à leur culture et la propager.
Mieux encore et toujours en Indonésie, les Yéménites ont leur quartier, leurs cimetières, leur école et leur mosquée dans un même périmètre, créant ainsi un espace très important où leur vie et leur culture s’affichent, où ils se croisent, où les soucis fondamentaux de réseau, d’éducation et de spiritualité, notamment pour leurs enfants, jeunes et adolescents, trouvent une réponse globale et structurée. Tous les enfants, jusqu’à la quatrième génération actuelle, parlent arabe yéménite. Leur langue et leur culture se perpétuent tout naturellement.

Au Liban, Les jésuites se sont implantés avec l’aide du ministre de l’Education de l’époque, Jules Ferry, combattant acharné de l’enseignement privé et père de l’école publique, laïque et gratuite. Ce choix stratégique fut déterminant au bénéfice des liens entre la France et le Liban. Au-delà de la qualité de l’enseignement dispensé, les jésuites ont apporté au Liban une culture, une langue, une religion et des clefs pour comprendre la démocratie et s’ouvrir au monde. Ils ont apporté une école.
En France, l’enseignement privé musulman connaît un grand essor. Certaines écoles demandent à passer sous contrat, c’est-à-dire qu’elles demandent à l’état de payer leurs enseignants après plusieurs années d’exercice. Actuellement, les musulmans ont en projet d’ouvrir dix nouveaux établissements pour accueillir 2 000 élèves dans différentes communes de France. Ces exemples ne sont pas forcément des modèles à calquer.

Origines et société d’accueil

Il nous arrive d’entendre de la bouche de nos enfants la question pertinente : qui on est ? Cette question n’est pas juste le propre des enfants dont la mère est libanaise et qui est interdite par les lois en vigueur de transmettre sa nationalité. On l’entend autant de la bouche des enfants dont les deux parents sont libanais. Sommes-nous français ? Libanais ? Maronites ? Français maronites ? Maronites libanais expatriés ? Des nomades modernes, des sédentaires, des volants, qui sommes-nous ?

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Si à l’origine chacun de nous est libanais, chacun a migré silencieusement vers l’identité d’accueil. La vie à la française dans son rythme, dans ses exigences, son luxe, ses loisirs, ses détentes et le temps qui grignote notre vie sont une réalité qui ne serait ni à nier ni à dénigrer. Pour nous, quelque part, elle est une chance malgré ses multiples contraintes. Nous n’avons pas peur de déployer nos compétences, d’exprimer notre potentiel individuel, de laisser nos marques partout : le commerce, la médecine, l’enseignement, l’entreprenariat, la justice et tant d’autres domaines. Là où nous nous trouvons, notre touche libanaise et plus globalement orientale, nous distingue. Elle devient une valeur ajoutée lorsqu’elle est cohérente et conciliante avec notre environnement français de qualité. Aujourd’hui, il est temps de colmater ces réussites individuelles afin de stopper cette dispersion et de mettre fin à l’éparpillement de notre famille maronite. La fondation d’une école constitue un projet fédérateur et rassembleur. L’éducation de nos enfants dans l’amour du Christ et sur ses pas est un souci intergénérationnel. Les écoles catholiques contribuent largement à cette mission fondamentale mais qui d’autres que nous, parents, responsables, religieux originaires du pays des cèdres est à même d’offrir à nos enfants la part culturelle, affective, spirituelle et orientale de nos racines, de leurs racines.

Pour nous donner les chances de réussir dans nos projets spirituels et éducatifs, la société qui nous accueille doit être intégrée dans nos esprits comme une société amie, une seconde patrie. En toute bienveillance, posons sur elle un regard ouvert. C’est là un devoir d’élégance et de reconnaissance. En France les chrétiens battent le pavé pour défendre les enseignements de l’Evangile. Nombreux sont ceux d’entre nous qui ont choisi l’ouverture, la proximité et l’échange. Beaucoup de nos couples sont mixtes. Beaucoup de nos enfants baignent dans les deux cultures qui ne sont pas présentées comme des cultures antinomiques mais convergentes sur les valeurs fondamentales qui font le tissu positif de chacune de nos sociétés. La schizophrénie qui consiste à vivre dans un pays tel que la France et de le rejeter inconsciemment pour un ensemble de peurs est une attitude terrible pour nos enfants. Les retombées psychologiques sur nos jeunes, tiraillés, peuvent être déroutantes. Parce que la France nous a appris la tolérance et l’ouverture nous devons s’afficher à Paris comme les initiateurs de cette église en veille, ouverte, accueillante et tolérante.
La biculture n’est pas une ambivalence, pas plus que le bilinguisme. Faire le tri et ne garder que le juste pour nos enfants, telle est la mission des parents et des responsables de notre jeunesse, en tout lieu, y compris au Liban. On fait vite d’accabler nos jeunes qui ne correspondent pas à nos critères sans mettre en cause nos incapacités d’adulte dans la transmission et la clarification de nos attentes et ce dès le jeune âge. Faute d’accompagnement initial, la situation de

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nos enfants s’aggraverait pour avoir été délaissés sans indicateur spirituel, religieux, culturel, historique, social et linguistique. Accompagner tel un pasteur, voilà notre mission permanente. Une école lui donnera les conditions de s’exercer efficacement.

Le devoir d’expansion

Notre montagne et notre terre sont bel et bien le berceau des maronites mais de cette terre à laquelle nous sommes tous profondément attachés, nous emportons notre manière de penser, de juger, de prier, de témoigner de nos origines spirituelles et culturelles. Pourquoi réserver nos appartenances à la sphère privée, dans nos milieux sécurisés. Le Liban et la Syrie côtoient les Terres Saintes mais la chrétienté rayonne au-delà de cet Orient. Le Christ a envoyé ses disciples pour apporter la parole de Dieu et le témoignage de la vie de Jésus bien loin du temple et de Jérusalem. Rendons à notre Eglise orientale sa puissance et gardons-nous de l’étouffer dans son berceau. Il en va de sa pérennité, de sa survie. Elle emprunte aujourd’hui, sous nos yeux émus, le chemin de la résurrection. C’est pourquoi nous devons conquérir tout espace de formation et de construction de chacun de nos petits et de nos jeunes pour qu’ils grandissent dans son ombre et en témoigner ; C’est pourquoi l’école est le lieu par excellence pour enseigner, guider, éclairer et ouvrir à la connaissance du monde et de la foi. Jésus lui-même n’est-il pas un Maître ? Ouvrons une école pour que sa parole circule et s’apprenne. Quittons la peur pour apporter au monde et en particulier à l’occident notre foi comme parcours. Le chemin de Saint Maroun dans nos grottes et nos montagnes débouche sur une lumière que nous devons diffuser. Quittons la peur de la prise de risque ou d’abandon du Liban et vivons cette expansion comme un devoir, une nouvelle page, une nouvelle chance pour nous enrichir, enrichir la société et renforcer nos origines. Nos liens y trouvent un espace et une expression structurée, réfléchie et inspirée de nos fondamentaux. Accueillons cette expansion avec joie surtout que le « croire et croître ensemble » de notre évêque nous invite à aller de l’avant et à chasser nos peurs. Notre église grandit, ne la privons pas de notre aide.

Entre le spirituel et le temporel

Historiquement, le curé fut le maître, puis le maître a pris plus de prestige en raison du développement des états et de la prise en charge de l’Education par les gouvernements. L’enseignement catholique est depuis relégué au domaine du privé mais n’a pas pour autant disparu ni dit son dernier mot. L’église a su se positionner dans son rôle éducatif au prix d’un combat qui reste d’actualité, à la chasse des moyens et du droit. Dans notre pays, au Liban, nous devons à l’enseignement catholique et aux missionnaires français bon nombre de nos élites diplômées. Notre église maronite, historiquement en lutte pour la survie

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et pas assez disponible pour un rayonnement culturel loin des lieux de culte et des monastères, serait à sortir sur la place publique et sociale, mondiale. Aujourd’hui, elle devrait pouvoir s’appuyer sur ses fidèles dispersés pour se faire une place, un nom, une voix. « Le chant du coq » est l’anti-exemple de ce qu’elle attend de chacun de nous pour se construire solidement sur de la Pierre. Au moment où nous sommes disséminés dans le monde, où nous baignons dans des cultures diverses et variées, la question des savoirs communs est à saisir par notre église pour gérer nos différences et nos futures appartenances qui nous menacent de dissolution locale et de disparition globale.
Ajoutons à cela qu’Internet verse les multiples savoirs en tout lieu et massivement. Notre église a un rôle à jouer pour discipliner ces savoirs, les ordonner, les hiérarchiser, les commenter et les critiquer. Dans ce monde brouillé, l’église peut apporter la clarté nécessaire et montrer la voie. Internet est en train de devenir un droit universel de l’homme alors que le spirituel est marginalisé, renvoyé derrière ses murs. Notre spiritualité est notre bien immatériel le plus précieux. C’est à nous de trouver la synthèse intelligente entre nos besoins de Dieu et nos besoins d’évolution. C’est à nous de savoir donner à nos enfants la formation nécessaire à leur construction dans un esprit d’adhésion à la volonté de Dieu et aux exigences de la société moderne. Ils seront ainsi disciples et ambassadeurs, capable d’évoluer intelligemment sans négation des origines. Notre église a ses écritures, ses chants, sa littérature, ses penseurs mais risque de se scléroser et de s’isoler dans une planète parallèle à la nôtre si elle ne se met pas au cœur de notre vie quotidienne. Jésus est venu vers les hommes et ne s’est pas contenté de rester dans le temple. L’école, un souci majeur pour nos familles, devrait être également un souci pour notre église. Une communauté qui néglige ses enfants est une communauté sans avenir. Il nous manque de nous accorder sur la transmission de la profondeur du message de notre foi (l’humanité, l’humilité, la protection du plus faible, la charité, l’obéissance…).

L’école de l’ouverture

Nous avons été élevés à l’école de l’ouverture et appris par nos valeurs chrétiennes à accorder à chacun une place et un lien. Le repli communautaire et l’exclusion sont contraires à notre démarche, nourrie spirituellement d’un Sauveur de l’Humanité et culturellement d’une terre qualifiée de trait d’union entre l’orient et l’occident. L’étranger est notre hôte. Egaux devant Dieu, nous ne pouvons pas nous détourner de l’Autre. Vivre dans un milieu pluriel est un exercice permanent pour nous tous. Notre capacité d’adaptation a bien fait ses preuves partout dans le monde. Notre terre natale est déjà un modèle de cohabitation entre chrétiens et musulmans. Le dialogue islamo-chrétien y est tout simplement un vécu naturel. Le modèle culturel de chacune des religions y

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est totalement transparent de l’une à l’autre. Sur les bancs des écoles et des universités, aucune discrimination n’est de mise. Le commerce, l’hôtellerie, la banque, l’hôpital, l’industrie, l’artisanat, sont mixtes. Dans les usines les ouvriers sont indifféremment chrétiens ou musulmans. Avant les divisions actuelles, tous les secteurs d’activité s’inscrivaient dans le paysage économique comme une force globale du pays et non pas comme un atout communautaire. Le mélange naturel au Liban est traduit par un schéma politique démocratique. La société civile est construite dans sa législation et son exécutif sur cette bipolarité. L’administration, bien avant la discrimination positive initiée dernièrement en France, tient compte de la diversité de la population et envoie des messages sécurisants à chacune des communautés. Fragilisé et envahi par le communautarisme, le modèle démocratique libanais reste notre seule issue pour préserver le pluralisme au Liban.

Pour faire honneur à notre histoire et à notre religion, une école maronite nous oblige à nous inscrire dans le paysage éducatif français. Elle sera une école chrétienne dans son esprit, citoyenne dans ses démarches, ouverte sur la société et inscrite au service de la commune où elle s’implantera. Elle travaillera à gagner la confiance des habitants du quartier pour que sa voix résonne au loin. Sans cela, elle ne sera pas viable. Elle attachera une attention particulière au respect des programmes nationaux et à la pédagogie. Elle accomplira ses missions d’instruction avec sérieux et exigences. Elle se donnera les moyens de conquérir une réputation positive et valorisante. Sur des fondations compatibles avec la chrétienté et les institutions, elle fixera les pôles spirituel et culturel qui la caractérisent.

L’arabe comme finalité et outil

L’arabe reste sans nul doute une clef essentielle pour accéder à notre culture orientale. La littérature, la poésie, le discours, la communication avec ses images et ses nuances sont facteurs d’intégration de nos enfants dans le sens du retour aux sources. L’arabe commercial et de la vie quotidienne constituent une première condition pour qu’un enfant, devenu adolescent, continue à s’intéresser de près au pays d’origine. L’effort que notre église fait pour assurer des cours d’arabe à Paris est accueilli avec enthousiasme par les parents qui ne comptent pas le temps pour faire gagner à leurs enfants quelques lignes de lectures et d’écriture. Bien que louable, cette démarche engagée reste insuffisante car la langue reste à ce jour isolée de son contexte. L’enseignement de l’arabe de cette manière porte tous les signes d’un choix par défaut. L’isoler dans un seul objectif linguistique serait assez réducteur du rôle de l’église car le besoin manifeste de se regrouper entre chrétiens maronites devrait nous interpeller. Au-delà de la langue, la visée éducative est celle de créer des liens

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avec les origines, de se retrouver avec une communauté qui est la nôtre, de retrouver les racines pour comprendre d’où on vient, avec quel passé ont grandi les parents, où vivent les grands-parents, quels saints ont fait notre histoire religieuse, qui sont nos martyrs, quelle culture défendre et avec quelle posture aborder l’avenir. La langue est alors un substitut de territoire. C’est en cela que l’espace où elle est enseignée aujourd’hui n’est pas suffisamment adapté car il représente une rupture affective et spirituelle comme si la langue était artificiellement implantée dans ces locaux et servie comme un apprentissage technique et laborieux. Lorsque notre église aura les moyens de se doter de ses propres locaux, elle pourra les animer avec les images de notre histoire, des manifestations festives de notre calendrier, des rencontres culturelles avec nos écrivains et penseurs, tout comme elle le fait aujourd’hui avec ses activités et célébrations spirituelles. A ce moment-là, la langue et la culture seraient en harmonie avec la spiritualité et nos origines religieuses. Notre Histoire serait alors offerte à portée des yeux de nos enfants. Ils y découvriraient un modèle éducatif, des schémas sociaux, une reconnaissance et le sens de la filiation. L’éducation n’est pas juste une acquisition du savoir mais une manière d’être comme un parfum, un style, un profil, quelque chose qui ne se définit pas par un trait mais par de multiples traits esquissés imperceptiblement de bout en bout de la personnalité. Implanter une école maronite à Paris, quelque soit l’organisation de l’enseignement de l’arabe qui y sera proposée, serait symboliquement une implantation d’un bout de notre pays pour le faire fleurir au lieu de le laisser flétrir sous la débâcle, et nous permettrait de nourrir nos enfants de son amour et de l’amour du Christ.

D’autre part, l’enseignement de l’arabe libanais par des chrétiens offre une opportunité à la France. Un tel enseignement est le signe concret de la distinction entre l’arabe et l’Islam et attire l’attention sur les chrétiens orientaux. L’arabe n’est pas le propre d’une religion mais d’une région. A cela s’ajoute la compétence des libanais qui maîtrisent le mieux la langue littéraire et qui ont la langue orale la plus proche de la langue classique. Dans le temps, les arabisants allaient faire des séjours à l’école de Bchamoun pour apprendre la langue. Aujourd’hui, les adultes qui ont besoin d’arabe trouvent en France, en Syrie, en Egypte des possibilités d’apprendre cette langue et notre pays se vide des occidentaux. Une école maronite à Paris pourrait envisager le développement de l’arabe pour adultes. Cet enseignement intéresserait les hommes d’affaires, les diplomates, les journalistes les chefs d’entreprise implantée dans un pays arabe ou tout simplement les intellectuels précoces et curieux pour qui l’apprentissage d’une langue orientale est un défi intellectuel motivant. Une école maronite avec un enseignement structuré de l’arabe pourrait se présenter comme un moyen d’ouverture au dialogue islamo-chrétien en acceptant dans

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ses murs des élèves d’origine musulmans à la recherche d’un enseignement de qualité. Le crédit dont bénéficie l’église permettrait d’accorder à une langue pointée du doigt, une place de choix.

Où s’implanter ?

L’enseignement de l’arabe comme langue d’origine est fréquent dans les établissements du nord de Paris où se concentrent les communautés maghrébines. Mais les arrondissements du centre et du sud connaissent un besoin important de cet enseignement. Malgré cela, les responsables des établissements scolaires n’expriment pas d’enthousiasme pour héberger ces cours. Ayons la crédibilité de convaincre les responsables de l’appui que nous apportons à la société française et de l’apport, parfaitement en accord avec ses institutions, d’une langue supplémentaire positive, riche et utile, au même titre que le chinois ou le japonais qui sont accueillis sans réserves dans tous les arrondissements de la capitale. Les établissements prestigieux tels qu’Henri IV proposent la préparation de l’arabe pour le Bac alors que les collèges environnants ne l’enseignent pas !
Pour répondre à un besoin global d’éducation chrétienne et de langue arabe, le sud de Paris ou sa banlieue proche ouest et sud-ouest offrent sans nul doute un atout pour réussir une implantation d’école unique en son genre qui fera de l’arabe une fierté et non un repli identitaire. Cette école se doit de se distinguer par la qualité de son enseignement en adéquation avec les exigences et programmes de l’Education Nationale et par l’apport d’un bilinguisme fort, socialement rassurant, car ce ne sera pas l’arabe du religieux mais d’une culture et d’une société qui nous appartient et qui s’accorde naturellement à la civilisation française par sa chrétienté. Qui d’autre que nous, les chrétiens d’Orient et plus particulièrement du Liban, pays de l’instruction ouverte et de la liberté d’expression, pourrait envisager la réussite d’un tel projet ambitieux mais combien nécessaire pour notre environnement européen.

Pour répondre au besoin de la communauté libanaise, la géo-implantation d’une école maronite est exactement la même que celle indiquée ci-dessus, puisque la concentration des libanais est la plus haute dans le 16ème arrondissement (où l’enseignement du japonais est assez rayonnant) et le 15ème et 14ème arrondissement. A cela s’ajoutent plusieurs communes de la banlieue proche (92) où les jeunes familles sont de plus en plus nombreuses au vu du prix inaccessible de l’immobilier à Paris. L’enseignement des langues orientales pour adultes pullule dans la capitale, où sommes-nous dans cette offre ?

Dans l’intérêt de notre pays, de nos enfants, de l’image que l’occident portera sur notre savoir-faire, de nos convictions, de la mise en avant de notre valeur-

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ajoutée dans une société où les établissements scolaires sont richement déployés, reprenons ensemble le flambeau de nos ancêtres et apportons nos Lettres de noblesse à un occident qui nous méconnaît ou même qui nous ignore. Jésus a porté la croix d’épines, une croix de service et nous invite à le suivre. Ne nous dérobons pas à son appel car c’est sa parole que nous avons à diffuser, enseigner, pour la sortir de l’espace muré du temple où ne viennent que les invités.

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Questionnaire Synode du 30 et 31 mai 2014

Pour une réflexion commune dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement, la commission vous remercie d’avance de vos réponses à ce questionnaire.

1) Est-ce que l’église maronite en France a un rôle à jouer dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement ? Pourquoi ?

2) Est-ce qu’un établissement scolaire peut contribuer à l’épanouissement de l’église maronite en France ? Comment ?

3) Quelle forme à votre avis une école maronite pourrait-elle avoir ? a) Ecole chrétienne d’enseignement général ?
b) Ecole de soutien scolaire ?

c) Ecole d’enseignement général franco-arabe ? Justifiez votre choix.

4) Dans quelle mesure une école maronite contribue à renforcer les liens entre les
adultes ?_______________________________________________________________ ______________________________________________________________________ ___________________________________________________________________

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Commission 8 Enseignement supérieur

Modérateur

Secrétaire

Fouad Bou Mansour

Mouna Ghossain Zaïter

Notre Eglise maronite a considéré et considère toujours la question pédagogique avec l’enseignement comme un trésor pour l’avenir de nos jeunes. En même temps notre Eglise a offert un cadre solide pour l’enseignement en général et surtout pour l’enseignement supérieur. Sa richesse existe surtout dans le patrimoine humain instruit et intellectuel. L’avenir demeure dans l’enseignement supérieur donné et acquis par nos jeunes et surtout dans le monde Occidental.

Cette énergie vitale exige un recensement, une expertise, un cadre et un milieu d’échange et un moyen de communication pour faire avancer dans l’avenir de notre Eglise en France et en Europe. Il est évident que la majorité de nos jeunes trouvent en Europe et en Occident en général un lieu pour élargir leurs connaissances, pour aiguiser leur intelligence et après instrumentaliser et institutionnaliser leurs pouvoirs cognitifs.

Dans la vision de notre Eglise en France et en Europe, cette force intellectuelle, demeure un champ fertile qui peut être fondateur d’un nouveau monde mais surtout une force d’évangélisation et de mission sur la terre européenne comme l’ont fait nos ancêtres les phéniciens qui partirent dans une mission pour une aventure humaine extraordinaire, pour enseigner le monde entier les premières lettres de l’alphabet.

Pour accomplir notre mission et réaliser le but de notre synode, nous allons tout d’abord, défricher le terrain universitaire, les grandes écoles comme les centres de recherches et d’expérimentations.

Cette commission nécessitera des éclaireurs ou des rapporteurs universitaires dans chaque ville et chaque université française ou européenne. Nous collecterons toutes ces données pour créer une data bien organisée et efficace. Il faudra regrouper par spécialité et par spécificité cette data pour une efficacité logistique et exécutive.

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Pour se faire, il va falloir valoriser nos jeunes universitaires, les cibler dans leurs compétences et leur mérite scientifique et intellectuel. Il faut les pousser à s’investir dans des missions scientifiques et évangélisatrices en se basant sur le fait qu’ils sont fondateurs et pilotes de l’envol de notre Eglise en France et en Europe.

Nous allons travailler tout de suite avec les professeurs d’origine libanaise déjà en exercice dans les diverses universités françaises, et qui voudraient bien être une référence et un relai pour nous. Recenser si possible le plus fidèlement les étudiants ayant des origines libanaises et maronites. Nous envisageons d’une façon plus pratique et plus concrète d’approcher les personnes concernées et de former deux sortes de niveaux pour rendre le travail exhaustif.

Concernant l’enseignement supérieur nous allons essayer de composer un groupe de professeurs à travers la France et l’Europe. Selon les réponses et les bonnes volontés il est possible de former un groupe de professeurs à la retraite.

Deuxièmement, il serait possible de choisir des étudiants au niveau de l’enseignement supérieur commençant par ceux et celles présents dans nos paroisses et qui vont rentrer dans le monde du travail en France et en Europe.

Il nous est apparu un grand nombre de médecins généralistes et spécialiste dans tous les coins de France. Un groupe les concernant sera le bienvenu.

Nous vous soumettons une liste succincte de noms de personnes que nous tentons de mobiliser et de nous aider. Nous contactons d’autres et nous vous donnerons leurs noms plus tard :

- Professeur Antoine Assaf Paris Sorbonne

- Professeur Nehmtallah Abi Rached Université de Strasbourg - Georges Matta
- Samir Karam CNRS Bordeaux - Toni Hawat
- Maya Kallas MCF à Nancy - Jacqueline MCF à Bordeaux - Pr. Boutros Hayek à Lille
- Nehmé Taouk à Lille

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Commission 9 Culture

Modérateur Secrétaire
Membres

Père Gaby Geagea Sigrid Abi Acar
Sabine Mohasseb Saliba, Faddoul Khallouf, Joseph Torbay,

Soeur Dima Chebib

1. La culture maronite : des terres d´origine au contexte européen à l´heure de la mondialisation

La culture est l´ensemble des comportements humains acquis. Plus explicitement, la culture est un ensemble complexe qui comprend les connaissances, les croyances, l’art, le droit, la morale, les coutumes et toute autre capacité et habitude acquise par l’homme en tant que membre de la société. Si la culture se définit comme étant “ce qui est commun à un groupe d’individus”, comme l’ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social, (englobant les arts, les lettres et les sciences, les modes de vie, les droits fondamentaux de l’être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances), on peut définir la culture maronite comme étant une culture fondamentalement religieuse et même ecclésiale étant donné qu’il s’agit d’une communauté confessionnelle (chrétienne) ou d’une communauté religieuse.

Le patrimoine culturel maronite est fondamentalement religieux voire ecclésial : liturgie, littérature syriaque, modèles pastoraux, arts sacrés, dévotion mariale, courant ascétique, mouvement monarchique... Il s’agit d’un patrimoine essentiellement oriental, sémitique, antiochien, syriaque, chalcédonien, patriarcal, monastique, catholique, libanais, arabophone et francophone.

Les maronites proviennent dans leur majorité du Liban, terre d´une démocratie consensuelle qui peine à survivre dans une région où la liberté de croyance ne s´est pas développée complètement. Les fidèles maronites proviennent d´une géographie marquée jusqu´à présent par la persécution discrète ou affichée. Ils sont fiers de leur passé glorieux : création de la première démocratie au Moyen-Orient, réussite d’un modèle de convivialité islamo-chrétienne, commencement de la renaissance culturelle dans le Monde Arabe, maintien de la langue arabe au temps des Ottomans…

Ils arrivent dans une Europe marquée essentiellement par le sécularisme voire une certaine déchristianisation. Une Europe qui remet en question ses racines chrétiennes. Un moment historique où l´échelle des valeurs sociales est bousculée par des questions cruciales : éclatement du noyau familial, théorie du genre, bioéthique, basculement démographique dans un continent qui risque de vieillir, système économique capitaliste labile et remis en question, monopole des grandes sociétés et l´esclavage moderne,

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problème de l´énergie et des matières premières, crise culturelle et éloge de la laideur, société consumériste, incohérence de l´Union Européenne. …

À l´ère de la mondialisation, de la révolution numérique et de la fort probable genèse de l´« homo numericus », penser ces problèmes concernent aussi l´homme au Moyen-Orient, malgré. Les problèmes de sécurité qui sévissent dans cette région du monde.

En Europe, les maronites sont appelés à prendre conscience de l´état actuel des choses, et à rejoindre le débat public sur toutes ces questions. Ils sont appelés à saisir la plume pour contribuer, à leur mesure, à la recherche de solutions pour ces problèmes.

La culture est un outil puissant pour la survie humaine, mais c’est un phénomène fragile. Puisqu´elle est vouée aux changements réguliers. Elle est en constante évolution, elle se perd facilement, car elle n’existe que dans nos esprits. Si nos ancêtres nous ont laissés un passé glorieux, nous ne pouvons pas nous contenter de dépenser d´une réserve de bonne réputation.

Il faut tout d´abord garder la culture maronite dans notre conscience pour réussir à la préserver et à la promouvoir. Ce qui ne peut se passer d´une compréhension de ses caractéristiques, ses constantes historiques, ainsi que du contexte dans lequel cette culture s´est constituée et surtout là où elle est appelée à se développer, sans oublier les défis qui en résultent.

Toute activité culturelle maronite doit prendre en considération ce contexte et aider à garder en tête le patrimoine et la cause des chrétiens au Moyen-Orient d´une part, et d´autre part à sensibiliser l´opinion publique maronite en Europe aux questions majeures qui marquent l´époque de notre temps ici pour les aider à assumer leur citoyenneté européenne.

En observant les risques et les conséquences de cette mouvance historique, nous nous demandons comment nous pouvons rester nous-mêmes, ici, en Europe, tout en demeurant ouverts à la modernité et à ses outils ? En d’autres mots : comment être un maronite européen ?

Avant de dresser une feuille de route où nous étalons des propositions pratiques, nous avons choisi de récapituler rapidement les :
Caractéristiques et constantes de l´identité culturelle maronite Défis de l´existence maronite en Europe

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2. Caractéristiques et constantes de l´identité culturelle maronite

Lorsque les gens parlent de la culture assyrienne, ou syriaque par exemple, ils font référence à la langue commune, aux traditions et aux croyances qui établissent chacun de ces peuples comme entité culturelle distincte des autres. Les maronites ne sont pas un peuple lié nécessairement à une terre et une langue, bien que le Liban ait joué historiquement, et joue toujours, un rôle fondateur et vital dans la constitution de l´Eglise maronite. À tel point que la question du sort précaire qui frappera les maronites - si le Liban, comme espace vital pour les chrétiens et siège du patriarcat maronite, est déstabilisé -, doit être prise au sérieux.

Les Maronites sont une communauté de croyants qui porte un projet spirituel, dont les implications ont façonnées un espace vital, pour les chercheurs de l´adoration de Dieu en toute liberté, sur le territoire libanais. La tradition monastique est par conséquent restée au cœur de l’Eglise et de la communauté maronite, une tradition que l’on peut lire dans ces vers d’Alphonse de Lamartine :

« - Quel est ce peuple saint ? - Ce sont les maronites,
Tribu d’adorateurs, peuple de cénobites, Qui, semblable aux Hébreux dans leur captivité,
A caché sur ces monts l’arche de vérité » (La Chute d’un ange).

A cette tradition s’ajoute aussi la piété populaire, un autre trait culturel, qui nous rappelle que dans la montagne libanaise, les fidèles priaient et jeûnaient au même rythme que les moines et qu’ils assistaient aux offices des heures dans les monastères, même de nuit.

Une culture essentiellement religieuse mais qui a contribué d´une façon décisive à la formation de la Nation libanaise comme espace vital pour les minorités religieuses au Moyen-Orient et comme point fort de la rencontre entre l´Orient et l´Occident. Au-delà de la religion du culte, limitée à la sphère privée, la culture maronite s´est développée dans l´espace public libanais, comme acteur principal en faveur de la diversité religieuse, de la cohésion sociale dans une société complexe et du développement par l´éducation scolaire, académique et civique. D’où l’importance du Liban comme centre de gravité de l’Eglise et de la communauté, et inversement, le rôle des maronites dans la formation du Liban moderne.

Passionnés de la liberté, les maronites continuent à militer en faveur de celle-ci dans deux sens qui se recoupent et se complètent : enracinement dans la terre de genèse de leur Église d´un côté, expansion partout où les conditions de possibilité de cette liberté requise s´avèrent mieux honorées. L´enracinement préserve le charisme historique, voire la vocation principale de cette communauté, et l´expansion l´ouvre vers une dimension universelle et futuriste.

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Le caractère monastique de l’Eglise maronite. C’est une communauté monastique qui est à l’origine de la formation de l’Eglise et de la communauté maronites. Caractéristique majeure, qui distingue cette Eglise orientale d’obédience catholique, d’autant que l’institution monastique est restée au cœur de la communauté : en témoignent les très nombreux monastères maronites de la montagne libanaise (les monastères traditionnels et ceux réunis en congrégations) qui ont joué un rôle culturel, socio-économique et politico-religieux fondamental dans l’histoire de la communauté, ainsi que les monastères maronites en Europe, notamment ceux des différentes congrégations religieuses.

Le syriaque, langue d’origine de la communauté, qui s’est maintenu dans la liturgie, représente un autre trait culturel et historique, que les maronites partagent cependant avec d’autres Eglises orientales. Dans les archives historiques de la communauté, cette langue s’est aussi maintenue dans l’écriture sous la forme du karchouni (arabe écrit en caractères syriaques), comme une affirmation de l’identité chrétienne des maronites ainsi que pour marquer le caractère sacré de certains de leurs documents. Il en est de même de la liturgie, des chants et des poèmes liturgiques ainsi que des fêtes propres à l’Eglise maronite. C’est le cas d’une anaphore (prière de l’offrande, partie consécratoire de la messe) particulière à l’Eglise maronite, ainsi que des fêtes de saint Maron, saint Charbel et saint Nohra. C’est aussi le cas des poèmes dédiés aux saints ou à la Vierge Marie, composés par les évêques maronites Gebrayel Ibn el Qilaï (XVe siècle), Youssef al-Aqouri (XVIIe siècle) et Germanos Farhat (XVIIIe siècle).

L’Eglise et la communauté maronites se distinguent aussi par leurs liens avec la France. Ces liens débutent au Moyen-Âge, à l’époque des croisades (XIIe-XIIIe siècles), puis, après une longue période d’interruption, reprennent aux XVIIe dans le

cadre de la réforme catholique de l’Eglise maronite, ainsi que dans le cadre de l’alliance politique nouée entre la monarchie française et la Porte ottomane à partir du XVIe siècle. L’établissement des missionnaires religieux, Français, notamment les capucins, établis sur la côte, dans la montagne libanaise, à partir du XVIIe siècle ; ainsi que les lettres de « protection » adressées aux maronites par Louis XIV (en1649) et par son successeur Louis XV (en1737), en témoignent. En témoignent, de même, les liens qui se sont noués autour de la production de la soie, puisque la soie de la montagne libanaise, en l’occurrence celle produite par les régions habitées par des maronites, était, à partir du XVIIe siècle, en partie exportée en France. Ces liens se sont intensifiés au XIXe siècle, avec l’établissement des écoles missionnaires françaises au Liban, ainsi que la participation des capitaux français aux travaux d’aménagement réalisés à Beyrouth. La création de l’Etat du Liban en 1920, état fondé en réponse au souhait des maronites, puis l’instauration du Mandat Français, représentent une nouvelle étape dans l’histoire de ces relations qui se poursuivent encore, notamment à travers la permanence de l’enseignement du français dans les écoles et universités maronites, et plus généralement le rôle important du Liban dans la promotion de la francophonie.

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À partir des caractéristiques et des constantes nous soulignons les traits suivants : - Culture antiochienne syriaque
- Obédience chalcédonienne

- Institution patriarcale imprégnée du monachisme et de l´ascétisme - Communion avec le successeur de Pierre
- Cachet oriental et arabophone, particulièrement libanais - Composante francophone distinctive
- Expansion universelle

3. Défis de l´existence maronite en Europe

Assimilation : Les Maronites qui vivent en Europe ne sont pas à l´abri du « danger » d´assimilation, voire de la fusion dans l´entité culturelle majoritaire dans les pays d´accueil. Néanmoins, l´histoire et la réalité des différentes communautés paroissiales maronites montrent que le choix de se recroqueviller dans un ghetto impénétrable est quasi impossible. Opter pour l´intégration positive, qui préserve les caractéristiques de l´identité culturelle chez les futures générations, et qui se greffe sur le tissu social des pays d´accueil, s´avère comme modèle type. Ce qui nécessite un effort constant, d´ouverture à la culture locale et de fidélité au patrimoine oriental hérité. Dans ce cadre, les maronites sont appelés à réfuter la multiculturalité qui court le danger de juxtaposer les multiples entités culturelles d´une façon antagoniste. Il faut plutôt privilégier le modèle interculturel dans lequel les entités culturelles provenant en Europe cherchent à s´inculturer dans la souche européenne et à interagir les unes avec les autres pour constituer une société complexe et cohérente.

Diversités linguistiques : Les Maronites sont dispersés en Europe Occidentale et sont voués à la diversité linguistique dans ce continent. Quelle sera la langue commune qu´ils pourront utiliser pour communiquer entre eux ? Comment réussir et accompagner la traduction de la liturgie maronite dans les différentes langues ? Des questions dont les réponses deviennent de plus en plus urgentes.

Centralisation : Nous vivons dans une ère où la communication et le voyage sont plus faciles, il faut en tirer l´avantage pour initier une démarche collégiale et une administration sensible à la culture du débat et de l´institutionnalisation. Nous serait-il possible de sortir de la mentalité de centralisation sans risquer notre union ? Autrement dit, le caractère fédéral de l’Europe et, partant, la multiplicité des implantations des communautés maronites en Europe peuvent fournir l’occasion d’initier une démarche collégiale et une administration sensible à la culture du débat et à la promotion du rôle des laïques dans le travail ecclésial.

Identité plurielle : Le Liban comme lieu de genèse de l´Eglise maronite, est un pays à la croisée de trois grands continents, à savoir l´Europe, l´Asie et l´Afrique. Ce qui produit au sein de la société libanaise une pluriethnicité et une pluri-culturalité qui façonnent une personnalité à identité plurielle. Il en est de même pour les maronites

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vivant en Syrie ou en Terre Sainte. Néanmoins l´ouverture à l´Occident est plus accentuée dans le pays des Cèdres. Au maronite émigré en Europe, s´ajoute un élément décisif à cette complexité héritée, à savoir le choix d´assumer sa citoyenneté européenne, particulièrement en ce moment historique où l´Europe remet en question ses racines chrétiennes.

Dissolution dans l´Eglise latine : Les Maronites sont des Catholiques mais pas des Latins. Sauront-ils vivre au sein de l´Eglise catholique en Europe sans pour autant se diluer ou laisser se perdre une liturgie syriaque et antiochienne ? Les proximités culturelles, cultuelles, sociales et matrimoniales pourraient conduire les maronites à se fondre dans les sociétés européennes et plus particulièrement en France. Trop de points de convergence conduit fatalement à une forme de fusion. La coopération des évêques catholiques en Europe en une communion qui préserve la particularité rituelle est souhaitée et doit faire l´objet d´un dialogue permanent sous l´égide de Rome. Il faut néanmoins faire preuve de communion complète avec les catholiques européens, et éviter une attitude de se poser en s´opposant, voire un discours critique vis-à-vis de l´Eglise locale.

Dialogue avec l´islam : Les Maronites proviennent essentiellement de pays arabophones. Sur le continent Européen d´autres arabophones musulmans, du Moyen-Orient comme du Nord de l´Afrique, constituent une composante démographique non négligeable. Le dialogue avec les différentes sociétés musulmanes arabophones en Europe est un chantier indispensable sur le chemin de l´intégration en Europe. Serait-il possible d´initier et de réussir un dialogue malgré la prévalence de l´islam politique dans plusieurs milieux musulmans en Europe ? Les maronites iront plus naturellement vers les musulmans libanais avec qui ils pourraient créer un partenariat éclairé, avec qui ils réussissent une forme de convivialité. Comment s´inspirer des expériences positives au Liban pour les reconduire en Europe ? Ce dialogue ne se fait pas d´une façon bilatérale seulement, il doit se faire en partenariat avec les Européens de souche qui veulent bien s´inspirer de notre expérience.

Patriotisme et nationalisme : Les Maronites libanais sont très attachés au pays des Cèdres. L´affection pour le Liban comme espace vital de l´Eglise maronite, reflète un patriotisme louable en lui-même. Néanmoins, le projet de l´Eglise maronite n´est pas un projet national, même si elle doit se sentir responsable du sort du petit pays voué aux tempêtes de l´Orient qui souffre. Le devoir vis-à-vis du Liban ne doit pas mettre dans l´ombre le charisme de l´Eglise maronite, non plus la place des Maronites non libanais. Serait-il possible à nos communautés paroissiales de s´ouvrir d´avantage aux maronites et aux chrétiens arabophones non libanais ?

L´indispensable ouverture vis-à-vis de l´orthodoxie : L´ouverture des Maronites à Rome ne doit pas être interpréter comme désintérêt vis-à-vis de l´orthodoxie. Beaucoup de chrétiens orientaux émigrés en Europe sont des orthodoxes : Syriaques, Assyriens, Arméniens, Coptes, Arabes Grecs-Orthodoxes (de rite byzantin),… L´ouverture des

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Maronites à leur égard est un commandement du Seigneur et une priorité ecclésiale majeure, qui est d´ailleurs souhaitée et promue par les ordinaires catholiques en Europe. Sans oublier que l´ouverture à l´orthodoxie nous aide à préserver notre identité orientale.

Désespoir et Cynisme : Les blessures dues aux guerres successives au Moyen-Orient et au totalitarisme hégémonique, marquent profondément la psychologie du maronite émigré. Les résidus de la féodalité et de la culture de propagande idéologique… se laissent sentir dans le comportement et les propos d’un nombre non-négligeables de chrétiens orientaux, y compris parmi ceux qui sont expatriés. Ils sont sources permanentes de discordes séparatistes et de phénomènes claniques. Les dépasser est une mesure indispensable pour éviter des conflits intracommunautaire au sort fatal. Promouvoir la démocratie des valeurs et l´optimisme réaliste et constructif, s´avère le seul choix salvateur qui doit se substituer à l´auto-flagellation et l´accusation réciproque qui ronge les piliers de régénération.

Culture ou sous-culture : La deuxième couche de la culture qui peut faire partie de l´identité culturelle est une sous-culture. Dans diverses sociétés complexes qui accueillent des populations de différentes parties du monde, ils conservent souvent une grande partie de leurs traditions culturelles originales. Par conséquent, ils sont susceptibles de faire partie d’une sous-culture identifiable dans leur nouvelle société. Les traits culturels communs des sous-cultures les distinguent du reste de la société. Les tenants de chacun de ces sous-cultures partagent une identité commune, une tradition culinaire, dialecte ou langue, et d’autres traits culturels qui viennent de leur fond ancestral commun et de l’expérience. Quand les différences culturelles entre les tenants d’une sous-culture avec la culture nationale dominante finissent par disparaître, la sous-culture cesse d’exister. Le danger de vivre la culture maronite dans des ilots renfermés, voire exhaustivement au sein des communautés maronites, voue nos communautés à devenir des sociétés à huis clos, qui risqueront de devenir des agglomérations destinées de se scléroser. Il faut s´adresser à des publics divers pour se faire connaitre et il faut chercher des partenariats locaux pour apporter notre contribution aux différentes sociétés d´accueil. Ce phénomène n’est pas à craindre chez les Maronites, mais le fait de se replier sur soi-même et de ne s’intéresser qu’à soi-même entrave le rayonnement de notre Eglise.

La culture des jeunes : Les nouvelles générations qui sont nées en Europe, pensent naturellement autrement leur façon d´être maronite. Les établissements scolaires en Europe, poussent les jeunes, pendant leur période de scolarisation, à une prise d´autonomie et d´indépendance, d´abord intellectuelle et ensuite sociale et sociétale. Ce qui les conduirait davantage à une fusion dans le « moule » européen en abandonnant, brutalement ou lentement, les coutumes des parents libanais, voire orientaux, et la culture orientale/maronite, au bénéfice de celle du pays d´accueil. Le désintérêt qu´ils peuvent montrer vis-à-vis des coutumes, du culte ou de la vie paroissiale, nécessite un effort de compréhension pour la culture des jeunes, sensibles aux vedettes idoles, à la

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musique, au cinéma, à la mode… Les réseaux sociaux jouent un rôle fondamental et très important dans le changement de comportements, des valeurs… Comment les contenir et limiter leurs effets, sur les adultes comme sur les jeunes par ailleurs ? Comment faire sortir notre modus vivendi ecclésial parfois un peu trop « figé » pour comprendre la révolution numérique et rejoindre des jeunes assez souvent abandonnés dans les périphéries ? Comment réussir à les stimuler pour les gagner comme membre écouté, compris, actif et reconnu dans l´Église.

4. Feuille de route

Faire connaître le patrimoine culturel et religieux de la communauté, qui puise en partie ses origines dans les relations entre les maronites et l’Europe, à travers les recherches et les publications (à partir des nombreux dépôts d’archives et des bibliothèques, au Liban, en Syrie et en Europe), l’organisation de colloques et de conférences, le recueil de témoignages et le tourisme religieux.

Ces thèmes ont été interprétés et cités par des auteurs contemporains ; ainsi notre actuel évêque maronite pour la France et l’Europe, Mgr Maroun Nasser Gemayel, dans son ouvrage « Les Echanges culturels entre les maronites et l’Europe » ; Mgr Debs, ancien évêque de Beyrouth, dans « La perpétuelle orthodoxie des maronites » ; et feux les PP. Michel Hayek et Youakim Moubarak.

Il s’agira ainsi de continuer à étudier l’histoire des maronites d’Orient et d’Occident, celle des institutions (écoles, universités, hôpitaux, revues, séminaires..) comme celle de leurs individus. Pour l’Europe, citons le Foyer franco-libanais et l’Eglise Notre-Dame du Liban à Paris et à Marseille, ainsi que les monastères et les maisons religieuses des différents ordres religieux maronites, masculins et féminins : l’Ordre Libanais Maronite, l’Ordre Maronite Mariamite, l’Ordre Antonin Maronite, la Congrégation des Missionnaires Libanais Maronites, les Sœurs des Saints Cœurs de Jésus et de Marie, la Congrégation des Religieuses Antonines Maronites, la Congrégation des Sœurs Maronites de la Sainte Famille, l’Ordre des Sœurs Libanaises Maronites. Citons de même les savants maronites qui ont contribué à la promotion de l’orientalisme en Europe, enseignant les langues orientales dans plusieurs universités européennes, cataloguant les manuscrits orientaux des diverses bibliothèques européennes, et qui ont de même introduit la théologie occidentale en Orient. Grâce à leur connaissance et leur rôle précité, on a hérité en Europe l’appellation suivante : « Savant comme un Maronite » C’est le cas de Jean Hasronite, Gabriel Sionite et Abraham Ecchellensis enseignants des langues orientales au Collège de France ; de sensibiliser les maronites à la conservation et à la restauration des œuvres d’art situées dans leurs églises (fresques, mosaïques et tableaux) ; de favoriser l’enseignement du syriaque (pour mieux apprécier la messe maronite), l’enseignement de l’arabe aux enfants et aux jeunes, ainsi que l’apprentissage des chants liturgiques maronites traditionnels et modernes ; œuvrer également pour la consolidation des paroisses maronites en Europe.

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5. Vocation : authenticité et ouverture

Les cultures ne sont pas le produit d’individus isolés. Ils sont des produits, constamment en évolution, de personnes qui interagissent les unes avec les autres. Les modèles culturels tels que la langue et le folklore n’ont de sens que dans le cadre d’une interaction de personnes.

Raison pour laquelle les maronites en Europe sont appelés à se réunir régulièrement pour faire Église. Dans le cadre de cette réunion ils seraient appelés à vivre leurs traditions et promouvoir leurs valeurs qui sont par ailleurs tellement liées à leur foi.

Les Maronites ne sont pas une nation, ils ne l´ont jamais été. Ils sont une communauté de croyants qui portent un patrimoine spirituel qui s´engage et imprègne son entourage social. Un patrimoine qui a réussi depuis Chalcedoine et à plusieurs reprises durant l´histoire l´adaptation à de nouvelles langues sans avoir abandonné son projet spirituel principal ; être Eglise pour témoigner de Jésus-Christ : vrai Dieu et vrai homme

Le Maronite est appelé à être fidèle à ce qui a marqué ses ancêtres : homme d’une grande vision pour l’humanité : passionné de liberté, ivre d´indépendance, pratiquant l´hospitalité, généreux, « ´aouni » le principe d´entraide entre villageois, audacieux, habitant les montagnes, surfant sur les océans et risquant des aventures, profondément convaincu, persévérant, polyglotte, polyvalent, plurilingue... Sensible à la liturgie accessible au peuple, ayant une piété ascétique, une dévotion mariale, une ferveur pour la vie des saints, vénérant ses parents, ayant une culture de la famille. Le Maronite a fait preuve tout au long de l´histoire d´une ouverture d´esprit, de tolérance, d´aptitude à la cohabitation, de convivialité multiconfessionnelle et interculturelle. Mais il n´a jamais craint tout ce qui porte atteinte à sa liberté voire à sa foi chrétienne.

Concrètement les maronites en Europe sont appelés à :

- Assumer leur citoyenneté européenne

- Insister sur l´attachement au Liban comme terre du patriarcat, symbole et garant de l´unité des maronites

- Préserver le patrimoine culturel maronite : antiochien, syriaque, chalcédonien et chrétien arabe

- Affermir le lien avec la francophonie et le partenariat avec la France

- S´ouvrir à la diversité européenne, « s´inculturer » dans les pays européens

- Intensifier les recherches sur l´orientalisme pour conforter leur rôle comme spécialistes de l´Orient

- Promouvoir le patrimoine des chrétiens d´Orient et plaider pour leur cause

- Contribuer au dialogue avec l´islam en Europe en collaboration avec les européens de souche

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- Soutenir l´Église catholique en Europe dans la milite pour la préservation du patrimoine chrétien

- Consolider la communion avec les catholiques en Europe

- Comprendre la culture des jeunes et leur proposer un discours compréhensible et stimulant

- Être à l´écoute des signes des temps

Avant-gardistes de la Modernité en Orient, les communautés paroissiales maronites au Mont-Liban étaient les premières écoles et sièges pédagogiques du Liban. Guetteurs de "l´interculturalité" en Europe, le caractère culturel de nos paroisses en Europe doit être développé soigneusement pour préserver le patrimoine chrétien oriental et pour faciliter l´intégration de nos fidèles afin qu´ils occupent leur place et jouent leur rôle vis-à-vis de la société qui les accueille. Autrement dit nous souhaitons que nos paroisses soient des agoras pour le patrimoine culturel oriental chrétien, des lieux de fêtes pour les traditions, le folklore, l´art culinaire et surtout des foyers d´accueil et d´échange avec tous ceux « qui nous demandent compte de l´espérance qui est en nous » (1 Pierre 3, 15).

Selon la mythologie, l’appellation du continent Européen vient de la princesse phénicienne Europe enlevée sur la côte phénicienne, près de la ville de Tyr, par le Dieu Zeus ayant pris la forme d’un taureau et a traversé la Méditerranée, à la nage, jusqu’aux côtes du continent d’en face, d’après une légende. Son frère, le prince Cadmos, parti pour la récupérer, est resté sur le continent qui a pris l’appellation de l’Europe et a enseigné l’Alphabet phénicien aux Peuples de ce continent !

Selon la mythologie, le nom du continent européen est donné en souvenir de la jeune princesse Europe, file du roi Agénor de Tyr, enlevée par le dieu Zeus, métamorphosé en taureau. Ses frères partirent à sa recherche, l’un d’eux, Cadmos, proposa aux Grecs l’alphabet en échange, pour retrouver sa sœur.

Cette légende d’Europe résume les réalités historiques, économiques et culturelles qui devaient correspondre aux déplacements des foyers de civilisations du Proche-Orient vers les régions d’Occident, appelées par la suite "Europe".

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Commission 10
Relations avec les Eglises Orientales et œcuménisme

Modérateur Secrétaire
Membres

Père Robert Maamary Saïd Haaya
Père Charbel Azzi, Père Maroun Tarabay, Georges El Hage,

Maurice Melki, Antoine Zainoun

Commission pour les Relations de l’Eglise Maronite avec les Eglises Orientales et œcuménisme
« Nous serons chrétiens ensemble ou nous ne serons pas »

1. Présentation de la commission et Plan de travail

Notre commission a pour tâche d’élaborer une réflexion sur les Relations de l’Eglise Maronite avec les Eglises Orientales et œcuménisme. Nous sommes 7 personnes dans cette dernière : P. Robert Maamary (O.A.M) : Modérateur, Mr. Saïd Chaaya : Secrétaire, P. Charbel Azzi (O.L.M) Royaume-Uni, P. Maroun Tarabay, Suisse, Georges El HAGE, Paris, Maurice MELKI, Lyon, Antoine Zainoun, Paris.

Pour développer notre réflexion nous nous sommes basés sur la Parole de Dieu, sur le texte du Concile VII, sur le Synode Patriarcal Maronite, sur les Exhortations Apostoliques des papes (Espérance nouvelle pour le Liban de Saint Jean Paul II, et Ecclesia in Medio Oriente de Benoit XVI) et sur nos expériences dans nos paroisses.

2. Les grandes lignes

A.Marcher vers l’unité

UNITÉ ET OECUMENISME prennent leurs sources en chacun de la communauté chrétienne par :

1. L’Evangile : Toute rénovation de l’Église et son unité consistent essentiellement dans une fidélité plus grande à sa vocation, vocation qui se manifeste à travers le Message de l’Evangile, Parole de Vie : « Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé » (Jn 17 : 21).

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2. La Foi : Benoît XVI dit : « La foi est le centre et le fruit du véritable œcuménisme. C’est elle qu’il faut commencer par approfondir ». C’est la foi en Christ qui est la vigne dont nous sommes les sarments. « Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn 15 : 5). Jésus unit ceux qui croient en Lui et qui l’aiment en leur donnant l’Esprit de son Père.

3. Conversion du cœur, Pardon et Réconciliation dans le Christ comme unité : Il n’y a pas de véritable œcuménisme sans conversion intérieure. L’unité surgit de la prière persévérante et de la conversion qui fait vivre chacun selon la vérité et dans la charité. Par une humble prière et avec beaucoup d’humilité, nous devons donc demander pardon à Dieu et aux frères séparés, de même que nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. « Si nous disons que nous n’avons pas péché, nous faisons de Dieu un menteur et sa parole n’est pas en nous » (1 Jn 1, 10). En reconnaissant notre péché et en renonçant à penser que nous possédons toute la vérité, nous aboutissons à une vraie réconciliation selon le cœur de Dieu.

4. L’Amour et le témoignage de vie : Evidemment, la vocation missionnaire de l’Eglise est inséparable de sa vocation œcuménique, affirme le Synode Patriarcal Maronite. La relation entre la vocation missionnaire de l’Eglise et son unité est fondamentale et organique. C’est à travers l’amour les uns pour les autres et l’unité de ses fils que l’Eglise du Christ une et diverse, à l’image de la Trinité, rend témoignage au Christ même : « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jn 13 : 35). La division entre les chrétiens constitue un contre-témoignage aux yeux du monde entier.

B.Marcher dans l’unité

Le « Synode de l’Eparchie Maronite de France n’ayant pas à refaire le même travail que le « Synode Patriarcal Maronite », ni celui du « Conseil des Patriarches Catholiques d’Orient », encore moins à reproduire les recommandations de l’ « Exhortation apostolique » du Pape. Il aurait pour mission de susciter une réflexion propre à l’Eglise Maronite de France, afin de mettre en application, de rendre vivant « l’esprit œcuménique » auquel nous invitent les conclusions de ces travaux.

L’exercice théorique sur l’universalité (l’œcuménisme) de l’église, sur la nécessité vitale de notre unité des chrétiens orientaux, par-delà nos différences rituelles, liturgiques, linguistiques ou « nationales », fut

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largement élaboré par d’éminents spécialistes et savants assemblées et instituts [Association des facultés et instituts de théologie au Moyen-Orient (ATIME) et Conseil des Eglises du Moyen-Orient (CEMO)]. Il est richement référencé par des textes d’Evangile, d’exhortations papales ou autres recommandations et communications, aboutissant au postulat : au Moyen-Orient, cela s’entend, « Nous serons chrétiens ensemble ou nous ne serons pas ».

Notre tâche, comme participants au présent « synode éparchique », se doit d’être une prospection d’actions pratiques et tangibles, d’attitudes vécues et visibles, qui mèneraient à la réalisation de cette unité, d’abord au sein de notre église maronite de France, puis avec nos frères des églises-sœurs orientales, syriaques, catholiques aussi bien qu’orthodoxes. Le but final serait une communion en Christ, avec les différentes églises de France, au sein d’une Eglise apostolique universelle.

3. Propositions

Que pouvons-nous proposer comme éléments de travail ? Qu’avons-nous à faire, ici et maintenant, pour réaliser « la restauration de la pleine communion » à laquelle nous exhorte ledit Synode ?

- Sortir de chez soi pour aller à la rencontre des autres

Nous sommes parfois perçus comme une église « patriotique », politisée, taxée d’individualisme et d’orgueil, ayant un comportement de « grand frère, le plus beau, le plus intelligent », proférant des leçons dans tout domaine. C’est à nous donc de corriger cette image, de savoir se présenter, d’aller avec humilité à la rencontre des autres.

- Connaître soi-même pour connaître les autres

Pour connaître l’autre ne faut-il pas commencer par se connaître soi-même ? D’abord, c’est constater notre ignorance des églises-sœurs, et admettre la nécessité d’une connaissance concomitante du « moi » (individu ou église maronite de France) et de « l’autre » (individu ou église orientale). Or dans l’état des choses nous ne nous connaissons pas réellement, ou pas assez. Il est important de découvrir notre spécificité, notre patrimoine et de retrouver notre Eglise Syriaque d’origine, l’Eglise d’Antioche qui parle plusieurs « rites ».

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- Visiter les autres églises orientales

Fréquenter, individuellement, en famille ou en groupe, les églises orientales proches de nos lieux de résidence aussi souvent que possible. Notre présence est un témoignage de fraternité. Témoigner par une présence amicale et massive (clergé comme civils) notre communion avec eux, à l’occasion des fêtes spécifiques de ces paroisses. Que cette présence soit naturelle plutôt que formelle et officielle.

- Œuvrer ensemble

C’est travailler ensemble et ne pas tirer chacun de son côte, pour la pérennité de notre église et de notre présence en Orient, là où le Christ et par conséquent le christianisme sont nés. C’est organiser ensemble des rencontres fraternelles, culturelles, liturgiques, théologiques et autres... . Coopérer avec les autres, c’est les associer à nos projets, surtout ceux concernant la jeunesse, telle est l’avenir de nos églises. Solliciter la participation des paroissiens appartenant aux différents rites, aux commissions paroissiales, dans les diocèses de la diaspora, quand les autres rites n’ont pas de représentants.

- Célébrer ensemble

Vu que beaucoup de fidèles d’autres rites fréquentent nos paroisses de rites maronites, nous proposons de célébrer parfois en d’autres rites : Byzantin, syriaque… en invitant un prêtre byzantin ou syriaque ou autres. Ainsi nous découvrons la richesse liturgique, théologique et spirituelle des autres rites. Rien n’empêche d’introduire dans les célébrations des paroisses locales, des chants et rituels des autres rites.

- Eduquer les nouvelles générations à l’Œcuménisme

À la base, il s’agit de l’éducation chrétienne et spirituelle de chacun dès le jeune âge et au quotidien, tout au long de la vie : dans les familles, les séminaires, les couvents, les monastères, les instituts scolaires, les instituts universitaires, les paroisses.

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- Communier au même pain eucharistique

Ne jamais refuser de donner l’eucharistie à quelqu’un (chrétien) qui s’avance avec foi et de toute volonté pour communier au corps et au sang du Christ, signe éminent de la communion ecclésiale.

Bref l’œcuménisme, se réalise en vivant le pardon, en vivant dans l’amour de l’autre, par le témoignage de vie en pratiquant le dialogue, le partage en développant la convivialité. Développer la convivialité, implique la participation physique ou spirituelle avec les autres communautés croyantes. Ainsi les divisions sont gommées, pour aboutir à l’unité dans le Christ et aboutir à une église en communion.

Une petite réflexion au sujet de la ligue maronite dans le monde Dr Maurice Melki

Cette ligue a le grand mérite d’exister afin de développer et d’entretenir le lien de la diaspora maronite avec le Liban.

A l’image de la ligue maronite, je propose une réflexion, au sujet de l’œcuménisme des églises d’orient. Réfléchir sur l’idée suivante : Les racines culturelles et historiques de l’ensemble des Églises d’orient a ses vastes Terres Bibliques que sont tous les pays du proche orient, la Turquie comprise.

Suite aux persécutions et exodes successifs depuis le début de l’aire chrétienne, le Liban est devenu, ce qu’il a toujours été, à des périodes successives de l’histoire, le refuge de toutes les communautés, musulmanes comprises. Je propose à l’occasion de ce synode maronite de l’Eglise de France d’insister sur l’appartenance spirituelle des maronites et de l’ensemble des chrétiens d’orient, l’Eglise Copte comprise, à cette Terre Biblique qu’est le Liban, une approche historique et spirituelle de l’œcuménisme.

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Commission 11
Commission Affaires sociales et seniors (CASS)

Modérateur Secrétaire
Membres

Père Antoine Jabre Christiane khalifé
Antoine Abi Acar, Sigrid Abi Acar, Boutros Karam, Raad Habash, Amale Sawan Hazael-Massieux, Marie El Khoury,
Madina Estephan, Mireille Salloum, Leila Moubarak.

1. Présentation de la commission :

Il s’agit d’un groupe de personnes désignées pour réfléchir, à la lumière de la Doctrine Sociale de l’Eglise, sur les questions concernant notre mission de fidèles au sein de notre Diocèse afin de faire de notre CASS un authentique pilote de l’action sociale avec la contribution active de nos seniors.

2. Mission de la commission :

La CASS se charge de l’assistance aux fidèles et assure leur accompagnement. Elle les épaule et leur propose des activités et des projets en étroite collaboration avec les acteurs et les organismes de proximité. Elle les écoute, les conseille et les oriente dans le respect, la dignité et la discrétion.

3. Méthode de travail de la CASS :

La méthode de travail de la CASS consiste à : - Créer un bureau (équipe de travail)
- Recenser les besoins (mise en place de questionnaire) - Fixer les objectifs
- Etablir un agenda

- Evaluer régulièrement l’action.

- Utiliser les nouvelles technologies de communication

(site internet de l’Eparchie www.maronites.fr et éventuellement devenir partenaire du site www.aleteia.org qui diffuse en plusieurs langues dont l’arabe).

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4. Propositions suggérées :

L’engagement des seniors est une richesse pour l’Eparchie. Grâce à leur

« retraite active », ils mettront au service de la communauté leur énergie et leur expertise.

Activités cultuelles
- Messes, chapelet, rencontres et retraites spirituelles ; conférences, partage autour d’un thème avec l’aumônier.
- Pèlerinages aux lieux saints et grands sites historiques

Actions sociales
- Former et initier les bénévoles
- Travailler en coopération avec les ministères, les instances gouvernementales et diverses organisations.
- Mettre en place des partenariats avec d’autres centres ayant le souci du social et des seniors.
- Organiser l’assistance sociale oCentre d’écoute et d’orientation
oAccompagnement des personnes isolées et en difficulté (appels téléphoniques…)
- Proposer des travaux manuels pour des expositions caritatives
- Inviter et initier les seniors au service de la communauté :
oDévelopper le lien intergénérationnel et devenir des grands-parents de cœur (soutien scolaire et aide aux personnes dépendantes).
oProposer des actions pour lutter contre la solitude.

Activités culturelles
- Débats
- Sorties et expositions artistiques
- Transmission et sauvegarde des nos coutumes et traditions…

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Telle est notre Devise :

« CO - M – MISSION ET AUTHENTICITE »

CO M
MISSION Coopération
et Ouverture des Maronites sous le regard
de Marie à son Image dans la Sainteté et la Sagesse pour préserver
Notre Identité Omniprésente dans toutes les Nations ET
Espérance Transparence

AUTHENTICITE

Amour Union Tendresse Hospitalité Ecoute Noblesse
Tradition Idéal Collégialité Investissement Transmission Engagement

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Commission 12 Pastorale des Vocations

Modérateur

Secrétaire

Père Charbel Daniel Bou Haydar

Sœur Marie Touma

Changement du nom de la commission : La Commission de la Pastorale des Vocations.

Introduction : Nous avons dans notre diocèse maronite en France 3 catégories de jeunes :

- Les jeunes maronites nés en France, et qui y trouvent leur avenir.

- Les jeunes maronites qui vivent provisoirement en France, soit pour des études, soit pour un travail, mais qui avisent un retour définitif au Liban.
- Les jeunes français qui sont influencés par la spiritualité maronite.

Notre pensé cible nos possibilités comme commission de la Pastorale des Vocations, de leurs offrir une espace de réflexion et d’écoute de la Voix de Dieu dans la mesure du possible.

Les ambitions :

- Etre à l’écoute des jeunes au niveau personnel à travers la création d’un centre d’écoute et d’orientation dans chaque paroisse, et à travers la formation des personnes qui vont être à l’écoute des jeunes.
- Définir des pistes d’action pour susciter une culture des vocations et sensibiliser les jeunes au sens de la vocation.
- Sensibiliser le peuple de Dieu (les familles) à mieux poursuivre sa mission pastorale des vocations dans le monde d’aujourd’hui.
- Encourager le partage des sources de formation existantes, les sources d’animation et de réflexion pertinentes dans le cadre de la mission.
- Favoriser la mise en lien entre les acteurs de la pastorale des jeunes et des vocations.
- Soutenir l’engagement auprès des jeunes, et valoriser sa continuité. - Creuser la « Parole de Dieu » et l’approfondir auprès des jeunes.
« C’est le Christ qui nous interpelle sans cesse par sa Parole… » nous dit le Pape François. (Lettre à l’occasion de la journée mondiale de prière pour les vocations, 2014)

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Pistes de travail :

- Mettre à la disposition des fidèles des informations sur les actualités via des réseaux de la pastorale des jeunes et des vocations.
- Encourager et assister tout évènement pour les jeunes dans le cadre du diocèse ou de la paroisse.
- Diffuser des réflexions et des études pour nourrir la Foi des jeunes afin de pourvoir discerner la Vocation.
- Former les animateurs afin de mieux accompagner les jeunes, à travers des colloques, des sessions…
- Proposer et semer le grain de la vocation dans tout rassemblement et trouver l’occasion propice pour la diffuser auprès de différentes catégories d’âge (KT, pastorale des jeunes, pastorale étudiante…)
- Elaborer des espaces d’informations relatives aux réseaux de la vie chrétienne : agenda, annuaire, échange (forum) et de petites annonces…
- Consacrer la Journée Mondiale de Prières pour les Vocations (4e dimanche de Pâques) comme une journée qui rassemble tout le diocèse autour du Christ et avec notre évêque, en impliquant tous les jeunes de toutes les paroisses du diocèse.

Lettre du Pape François à l’occasion de la Journée Mondiale de la Prière pour les Vocations :

Les vocations, témoignage de la vérité

Chers frères et sœurs !

1. L’Évangile raconte que « Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages... Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger. Alors il dit à ses disciples : “La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson” » (Mt 9, 35-38). Ces paroles nous surprennent, car nous savons tous qu’il faut d’abord labourer, semer et cultiver pour pouvoir ensuite, le moment venu, moissonner une récolte abondante. Jésus affirme en revanche que « la moisson est abondante ». Mais qui a travaillé pour que le résultat soit tel ? Il n’y a qu’une seule réponse : Dieu. Évidemment, le champ dont parle Jésus est l’humanité, c’est nous. Et l’action efficace qui est à l’origine du « beaucoup de fruit » est la grâce de Dieu, la communion avec lui (cf. Jn 15, 5). La prière que Jésus sollicite de l’Église concerne donc la demande d’accroître le nombre de ceux qui sont au service de son Royaume.

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Saint Paul, qui a été l’un de ces “collaborateurs de Dieu”, s’est prodigué inlassablement pour la cause de l’Évangile et de l’Église. Avec la conscience de celui qui a personnellement expérimenté à quel point la volonté salvifique de Dieu est insondable, et l’initiative de la grâce est à l’origine de toute vocation, l’apôtre rappelle aux chrétiens de Corinthe : « Vous êtes le champ de Dieu » (1 Co 3, 9). C’est pourquoi naît tout d’abord dans notre cœur l’étonnement pour une moisson abondante que Dieu seul peut accorder ; ensuite la gratitude pour un amour qui nous précède toujours ; enfin, l’adoration pour l’œuvre qu’il a accomplie, qui demande notre libre adhésion pour agir avec lui et pour lui.

2. Bien des fois nous avons prié avec les paroles du Psalmiste : « Il nous a faits et nous sommes à lui, nous son peuple, son troupeau » (Ps 100, 3) ; ou encore : « C’est Jacob que le Seigneur a choisi, Israël dont il a fait son bien » (Ps 135, 4). Eh bien, nous sommes la “propriété” de Dieu non pas au sens de la possession qui rend esclaves, mais d’un lien fort qui nous unit à Dieu et entre nous, selon un pacte d’alliance qui demeure pour l’éternité « car éternel est son amour » (Ps 136). Dans le récit de la vocation du prophète Jérémie, par exemple, Dieu rappelle qu’il veille continuellement sur chacun, afin que sa Parole se réalise en nous. L’image adoptée est celle de la branche d’amandier qui fleurit avant tous les autres, annonçant la renaissance de la vie au printemps (cf. Jr 1, 11-12). Tout provient de lui et est don de lui ; le monde, la vie, la mort, le présent, l’avenir, mais — rassure l’apôtre — « vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu » (1 Co 3, 23). Voilà expliquée la modalité d’appartenance à Dieu : à travers le rapport unique et personnel avec Jésus, que le baptême nous a conféré dès le début de notre renaissance à une vie nouvelle. C’est donc le Christ qui nous interpelle sans cesse par sa Parole afin que nous mettions notre confiance en lui, en l’aimant « de tout notre cœur, de toute notre intelligence et de toute notre force » (cf. Mc 12, 33). C’est pourquoi chaque vocation, malgré la pluralité des voies, demande toujours un exode de soi-même pour centrer sa propre existence sur le Christ et sur son Évangile. Que ce soit dans la vie conjugale, que ce soit dans les formes de consécration religieuse, que ce soit dans la vie sacerdotale, il faut dépasser les manières de penser et d’agir qui ne sont pas conformes à la volonté de Dieu. C’est un exode « qui nous conduit à un chemin d’adoration du Seigneur et de service à lui dans nos frères et sœurs » (Discours à l’Union internationale des supérieures générales, 8 mai 2013). C’est pourquoi nous sommes tous appelés à adorer le Christ dans nos cœurs (cf. 1 P 3, 15), pour nous laisser rejoindre par l’impulsion de la grâce contenue dans la semence de la Parole, qui doit croître en nous et se transformer en service concret de notre prochain. Nous ne devons pas avoir peur : Dieu suit avec passion et habileté l’œuvre sortie de ses mains, à chaque saison de la vie. Il ne nous abandonne jamais ! Il a à cœur la réalisation de son projet sur nous, mais il entend cependant l’obtenir avec notre assentiment et notre collaboration.

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3. Aujourd’hui aussi, Jésus vit et chemine dans les réalités de la vie ordinaire pour s’approcher de tous, à commencer par les derniers, et nous guérir de nos infirmités et de nos maladies. Je m’adresse à présent à ceux qui sont bien disposés à se mettre à l’écoute de la voix du Christ qui retentit dans l’Église, pour comprendre quelle est leur vocation propre. Je vous invite à écouter et à suivre Jésus, à vous laisser transformer intérieurement par ses paroles qui « sont esprit et sont vie » (Jn 6, 63). Marie, la Mère de Jésus et la nôtre, nous répète à nous aussi : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le » (Jn 2, 5). Cela vous fera du bien de participer avec confiance à un chemin communautaire qui sache libérer en vous et autour de vous les meilleures énergies. La vocation est un fruit qui mûrit dans le champ bien cultivé de l’amour réciproque qui se fait service mutuel, dans le contexte d’une authentique vie ecclésiale. Aucune vocation ne naît toute seule ou ne vit pour elle-même. La vocation jaillit du cœur de Dieu et germe dans la bonne terre du peuple fidèle, dans l’expérience de l’amour fraternel. Jésus n’a-t-il peut-être pas dit : « À ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jn 13, 35) ?

4. Chers frères et sœurs, vivre cette « haute mesure de la vie chrétienne ordinaire » (cf. Jean-Paul II, Lett. apost. Novo millennio ineunte, n. 31), signifie parfois aller à contre-courant et comporte de rencontrer également des obstacles, en dehors de nous et en nous. Jésus lui-même nous avertit : la bonne semence de la Parole de Dieu est souvent volée par le Malin, bloquée par les difficultés, étouffée par des préoccupations et des séductions mondaines (cf. Mt 13, 19-22). Toutes ces difficultés pourraient nous décourager, en nous faisant nous replier sur des voies apparemment plus commodes. Mais la véritable joie des appelés consiste à croire et à faire l’expérience que le Seigneur, lui, est fidèle, et qu’avec lui nous pouvons marcher, être des disciples et des témoins de l’amour de Dieu, ouvrir notre cœur à de grands idéaux, à de grandes choses. « Nous chrétiens nous ne sommes pas choisis par le Seigneur pour de petites bricoles, allez toujours au-delà, vers les grandes choses. Jouez votre vie pour de grands idéaux ! » (Homélie lors de la messe pour les confirmations, 28 avril 2013). À vous évêques, prêtres, religieux, communautés et familles chrétiennes, je demande d’orienter la pastorale des vocations dans cette direction, en accompagnant les jeunes sur des itinéraires de sainteté qui, étant personnels, « exigent une vraie pédagogie de la sainteté qui soit capable de s’adapter aux rythmes des personnes. Cette pédagogie devra intégrer aux richesses de la proposition adressée à tous les formes traditionnelles d’aide personnelle et de groupe, et les formes plus récentes apportées par les associations et par les mouvements reconnus par l’Église » (Jean-Paul II, Lett. apost. Novo millennio ineunte, n. 31).

5. Disposons donc notre cœur à être une “bonne terre” pour écouter, accueillir et vivre la Parole et porter ainsi du fruit. Plus nous saurons nous unir à Jésus par la prière, la Sainte Écriture, l’Eucharistie, les Sacrements célébrés et vécus dans l’Église, par

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la fraternité vécue, plus grandira en nous la joie de collaborer avec Dieu au service du Royaume de miséricorde et de vérité, de justice et de paix. Et la récolte sera abondante, proportionnée à la grâce qu’avec docilité nous aurons su accueillir en nous. Avec ce vœu, et en vous demandant de prier pour moi, je donne de tout cœur à tous ma Bénédiction apostolique.

Du Vatican, le 15 janvier 2014

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Commission 13
Information et communication

Modérateur Secrétaire
Membres

Louis El Rahi Georges Sassine
Thomas Wallut, Robert Chidiac, Christian Feghali, Bechara

Elbon, Joseph Rahmé, Antoine Zainoun.

Constat et Recommandations

La commission de l’information et de la communication s’est réunie pour la première fois le 30 mars 2014 au siège de l’éparchie maronite à Paris pour réfléchir ensemble au sujet des objectifs et des moyens.

Après avoir partagé autour des textes lus antérieurement, nous avons débuté notre réflexion sur la communication dans l’éparchie. Ce compte-rendu ne veut pas être les minutes de la réunion. Nous avons fait le choix de regrouper nos réflexions en deux catégories : constat et recommandations.

Constat

L’éparchie couvre un territoire large : principalement le territoire français mais également le territoire européen du fait de la visite apostolique.

Des moyens sont en œuvre actuellement. Un site internet, une base de données, des newsletters,… ces moyens demandent à être actualisés.

La question de langue est une question importante. Avec quelle langue communiquer ? Avec quelle langue prier ? Pour la deuxième question, nous la renvoyons vers la commission liturgique. Nous leur livrons également nos réflexions. Nous nous sommes posés la question de savoir s’il fallait, pour les non-arabophones, inventer de nouveaux chants sur des airs maronites, s’il fallait transcrire les chants en phonétique pour qu’ils puissent être chantés en l’état, au risque de ne pas comprendre ce que nous chantons ou s’il fallait traduire les chants pour que les croyants puissent suivre sans chanter ? A propos de la langue de communication, le plurilinguisme est important.

Nous avons également relevé l’amalgame que certains font, qui consiste à lier maronite avec libanais. Il y a des libanais non-maronites et des maronites non-Libanais.

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Nous avons identifié les différentes cibles à atteindre. 5 cibles prioritaires : les paroisses, les communautés, les jeunes, les familles mixtes (maronites et latines) ainsi que ceux qui n’ont pas de paroisse ni de présence maronites à proximité.

Pour ces dernières personnes nous avons évoqué l’idée d’utiliser le site internet comme une paroisse virtuelle. Il ne s’agit pas de remplacer les paroisses physiques mais d’entretenir le lien avec la communauté maronite. On peut envisager de diffuser, occasionnellement, des temps de prières sur le site internet.

Recommandations

1 - Œuvrer très rapidement pour constituer une base de données complète avec des adresses mails, des adresses postales et des numéros de téléphone.

2 - Le message à communiquer doit être simple et succinct.

3 - S’enrichir de l’expérience de l’église maronite au Canada et des autres églises orientales en France pour les textes de prière et des chants (avec une transcription phonétique et / ou traduit).

4 - Mettre des prières et des chants sur le site de l’éparchie pour mettre en valeur notre liturgie et également des vidéos telles que : paroles de l’évêque, d’un prêtre et d’un laïc. Mettre des liens avec Télé Lumière, KTO etc.

5 – Former une cellule de communication qui soit au service de l’éparchie, de ses paroisses et des paroisses « virtuelles ».

6 – Nommer une personne pour superviser le site internet de l’éparchie.

7 – Créer un bulletin diocésain.

8 – Lancer un questionnaire enquête pour analyser et mettre en commun nos manières de communiquer.

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Commission 14 Economie

Modérateur Secrétaire
Membres

Mgr Amine Chahine Nazih Khoueiry
Mounira Atallah, Eddy Barakat, Najat Bou Karam, Joseph

Estephan, Georges S Fadlallah, Antoine Karam, Louis Mallat

Introduction générale

1. L’économie est l’activité humaine qui consiste en la production, la distribution, l’échange et la consommation de biens et de services. On parle également de la situation économique d’un pays, c’est-à-dire de sa position conjoncturelle ou structurelle. Dans ce sens, l’économie est donc à la fois un système et un régime. De manière générale, en français, on parle d’économie comme synonyme d’épargne ou réduction de dépense.

2. Aujourd’hui l’économie est un domaine d’études prenant appui sur des théories mathématiques et impliquant l’analyse et la gestion de nombreuses techniques, tel que les finances, la comptabilité, le management et le marketing. Mais elle reste avant tout une science de l’Homme, faisant à ce titre partie des sciences humaines et sociales. La maîtrise et le perfectionnement dans ces différentes disciplines a ainsi des effets positifs pour toute organisation, entreprise ou autre, facilitant l’atteinte des objectifs à la fois quantitatifs et qualitatifs.

3. L’Eglise, étant une institution et une organisation humaine, est soumise à des nécessités économiques. Elle ne peut rester indifférente à des outils modernes de gestion, ni ignorer des techniques de communications qui lui permettent de gérer efficacement son patrimoine et ses ressources humaines. Elle a sans cesse besoin d’améliorer ses modes de fonctionnement dans le respect des valeurs évangéliques.

4. La Commission Economie, afin de délimiter son périmètre d’actions, a procédé à l’étude et l’analyse de plusieurs documents et articles publiés par le secrétariat de la conférence des évêques de France sur ce sujet.

5. C’est tout d’abord autour du modèle stratégique diocésain, proposé par Pr MAYAUX et Mgr ULRICH, que la Commission a articulé ses recommandations, ses membres l’ayant jugé adapté à la mission et aux valeurs de notre éparchie ainsi qu’à la particularité de son fonctionnement.

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Cependant notre propos n’est pas de fournir une solution exhaustive, mais plutôt de relever quelques éléments pouvant s’avérer utiles en la matière

Observations et réflexions

Changer de modèle

6. La Commission a élaboré un modèle stratégique et opérationnel inspiré des définitions proposées par les institutions ecclésiales avec la collaboration des spécialistes sur le sujet, notamment le modèle stratégique diocésain conçu par le Pr MAYAUX et Mgr ULRICH.

Gérer et comprendre * Septembre 2006 * N° 85

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7. La mise en évidence de quatre enjeux stratégiques qui se réfèrent à quatre groupes d’acteurs se distinguant selon deux dimensions ; institutions versus individus et organisation interne versus société externe.

a. Habitants de l’éparchie : servir et annoncer

L’Eparchie peut s’inspirer utilement des méthodes du marketing notamment des techniques de segmentation et de ciblage. Ce mode de démarches favorisera une réflexion stimulante qui n’oubliera personne et qui respectera les différences. Ainsi la communication pourra tenir compte de différents critères de segmentation ;
- Convictions religieuse (pratiquants réguliers, occasionnels, non-pratiquants, ..)
- Variables socio-économique (âges, sexe, professions, catégories sociales …)
- Géographique (commune, milieu rural, urbain,…)

- Etat civil (célibataires, mariés avec ou sans enfants, divorcés, veufs…) - Variable comportementale (donateurs, engagés, participants …)
b. Ressources humaines : animer et motiver

L’Eglise doit être capable de pratiques exemplaires dans la gestion des Ressources humaines, fruits d’un management nouveau marqué par les valeurs évangéliques.
Ceci passe par l’adhésion totale des paroisses au projet du diocèse à travers une démarche constructive. Ce projet doit être porté par des équipes paroissiales engagées. Elles sont dirigées par des prêtres chargés d’animer et de motiver les fidèles, et développant un climat de dialogue et de confiance, œuvrant en cela à l’épanouissement de la paroisse et contribuant activement à ce que chacun y trouve sa place.
On pourrait par ailleurs parler d’une nécessaire professionnalisation du bénévolat, professionnalisation qui nécessiterait un plan diocésain pour l’accompagner et l’encadrer, assurant une transition dans un climat de respect et de confiance.
c. Réseau d’Eglise : fédérer et mobiliser

L’Eglise catholique a un large réseau bien implémenté qui a été constitué durant des siècles à travers ses établissements, ses institutions, ses congrégations, et ses mouvements caritatifs humanitaires. Il est essentiel de mobiliser et fédérer ce réseau à notre mission et à nos projets sans oublier le nombre impressionnant de médias catholiques.

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d. Réseau externe : coopérer et dialoguer

L’éparchie est appelée à entrer en dialogue avec les institutions civiles ; préfectures, collectivités locales, associations culturelles et organismes de finance, Cette collaboration avec tous les hommes de bonne volonté, s’avère utile pour amplifier les ressources nécessaires à l’accomplissement de nos projets.

Changer de regards

8. La mission de l’Eparchie N.D du Liban en France sera au cœur de ce modèle. Il est question de son avenir dans un milieu qui ne reflète pas entièrement son origine. Les recommandations reconnues et appliquées au Liban pourraient en effet être réfutables en France, ne serait-ce qu’en raison des lois en vigueur, malgré une certaine similitude.

9. Tous les fidèles n’ont pas forcément connaissance ni du droit français applicable aux différentes Eglises implantées en France, ni des contraintes juridiques de l’Association Diocésaine qui sont celles dues à son statut, régi par le droit civil français, tandis que le ministère de l’évêque est régi par le droit canonique de l’Eglise.

10.Les paroisses et les services pastoraux diocésains sont en général synonymes de proximité géographique. Ce qui n’est pas souvent le cas des fidèles d’une paroisse maronite qui regroupe et réunit des habitants de villes différentes, parfois lointaines.

11.Il est évident que les ressources principales d’un diocèse proviennent toutes de la générosité des fidèles ; Denier de l’Eglise, quêtes, offrandes de messe, casuel, legs et donations. Cette situation particulière conduit l’Eglise à expérimenter la nécessité, à la fois, spirituelle et économique, de devoir toujours solliciter, attendre, demander, et espérer. Elle nous oblige également à améliorer toujours davantage notre communication financière pour une meilleure capacité de mobilisation et de solidarité.

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Changer de réflexes

12.Accroître le volume des donations est un impératif de politique économique. Pour y parvenir, nous devons abandonner certains de nos réflexes qui, au lieu de favoriser cette démarche, freinent son développement.

a) Le premier réflexe dont nous devons nous défaire, c’est celui qui consiste à favoriser les situations acquises. Confrontés à un changement technologique, nous nous demandons comment protéger l’existant alors qu’il faudrait d’abord chercher à tirer au mieux parti du changement.
b) Le deuxième réflexe à abandonner, c’est celui qui consiste à focaliser l’attention de façon excessive sur les donateurs actuels et notamment les plus grands d’entre eux, alors que le gisement de ressources et de croissance se trouve tout autant, et sinon plus, dans l’ensemble de la diaspora maronite en France.
c) Enfin, le dernier réflexe à corriger concerne la façon dont nous appréhendons nos actifs : cesser de considérer que nos ressources se limitent aux seuls fidèles maronites pratiquants. Au contraire, développons une politique dynamique de valorisation de l’ensemble de la diaspora libanaise, qui permettra non seulement de disposer de ressources budgétaires supplémentaires, mais surtout de faire croître le nombre des fidèles.

Changer d’échelle

13.Il y a des questions budgétaires qui ne peuvent plus être traitées efficacement au niveau paroissial, mais dont la réponse se situe nécessairement au niveau national et souvent européen.

14.Les recommandations et leurs modalités d’applications, décrites dans ce document, reflètent le contexte français. Bien que certaines recommandations soient très probablement applicables dans d’autres pays européens, cela ne doit pas empêcher de développer des méthodes spécifiques à chaque pays.

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Légitimité de nos sollicitations

15.Nous ne saurions commencer autrement que par un recours à l’Ecriture Sainte afin d’assurer la légitimité de nos sollicitations.
L’histoire de la collecte signalée dans les Actes des Apôtres peut être utilement rappelée : à Antioche, on annonce une famine à Jérusalem et les décident de venir en aide aux frères de Jérusalem et de Judée. C’est Barnabé et St Paul qui seront chargés d’acheminer les dons récoltés (Ac 11, 27-30). Il s’agit de communion et d’un exercice de solidarité, d’une charité ordonnée aux frères.
Aux Galates, St Paul précise ; « Que celui qui reçoit l’enseignement de la Parole fasse une part de tous ses biens en faveur de celui qui l’instruit. »(Ga 6,6)
Ce droit a été signalé dans l’Evangile ; Jésus dit que l’ouvrier mérite son salaire (Mt 10,10).

16.Le Concile Vatican II, ainsi que les deux Codes qui en sont l’expression juridique, soulignent l’importance capitale de l’éducation des fidèles à la liberté et à la responsabilité. Cela vaut aussi dans le domaine du financement de l’Église, comme en témoigne le canon 222 § 1 : « Les fidèles sont tenus par l’obligation de subvenir aux besoins de l’Église afin qu’elle dispose de ce qui est nécessaire au culte divin, aux œuvres d’apostolat et de charité et à l’honnête subsistance de ses ministres »

Savoir demander

17.Demander est un appel à participer à l’expérience de la foi, car le don crée la communion entre les personnes et les communautés. Il invite aussi à communiquer, à entrer en relation avec ceux que l’on aide, et à ne pas être seulement un donateur mais un « donateur ».
Il est de notre affaire de présenter cet appel de façon respectueuse, sans préjuger de l’intérêt de solliciter ou non telles personnes ou tels groupes, mais en demeurant chargés d’annoncer et de proposer la foi à tous.

Lisibilité de nos pratiques

18.Il est important de rendre visibles les obligations économiques de l’éparchie au même titre que ses autres obligations, ainsi que notre souci pour une gestion saine, habile et prospective. La jonction de deux droits, le droit civil français et le droit canonique ne saurait nous empêcher d’énoncer des idées claires sur l’organisation à adopter.

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19.Il est obligatoire, et institué par la loi, de faire certifier les comptes de l’éparchie par un commissaire aux comptes, lorsque le montant de donations excède le seuil de 153 000€, fixé par le décret n° 2006-335.

20.Il est nécessaire d’établir un guide de contrôle interne, contenant l’ensemble des règles et procédures, pour aider les économes et les comptables des paroisses à la bonne gestion matérielle des entités diocésaines, ceci facilitera la consolidation annuelle des comptes des paroisses dans les comptes de l’Association Diocésaine qui est la structure civile couvrant toutes les activités cultuelles de ses entités canoniques.

21.Rappelons que l’élaboration d’un budget annuel, étant un instrument indispensable de contrôle et de gestion, reste également un outil de communication : en interne, il est témoin d’une œuvre collective lors de son établissement avec les responsables des services diocésains ; en externe, il est gage de transparence des pratiques financières de l’éparchie auprès de ses fidèles et de ses donateurs.

Recommandations

Thème n°1 : Denier de l’Eglise

Recommandation : Récolter des intentions de dons et mettre à jour la base de données de l’éparchie.

Moyen : Une équipe bien formée, 10 à 15 personnes, et une base de données opérationnelles.

Modalité d’application : Une campagne d’appels téléphoniques, sur plusieurs jours, au début du lancement de denier de l’église, utilisant la base de données actuelle, afin de maximiser la récolte des intentions de dons, et de mettre à jour en parallèle les coordonnées des donateurs.

Thème n°2 : Donations et legs

Recommandation : Approche ciblée pour expliquer et encourager les fidèles qui correspondent au profile de ce type de donation à franchir le pas,

Moyen : Une équipe spécialisée en la matière, utilisant des informations fiables extrapolées de la base de données de l’éparchie.

Modalité d’application : Appel ciblé à des fidèles représentant un critère bien défini pour ce type d’opérations.

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Thème n°3 : Subventions et aides financières des collectivités

Recommandation : Création d’une association culturelle habilitée à recevoir des subventions et des aides de l’administration.

Moyen : Association culturelle reconnue d’utilité générale ou publique.

Modalité d’application : Demander aux services concernés de l’administration des subventions et des aides financières pour des projets et des activités à vocations culturelles, sociales ou humanitaires.

Thème n°4 : Financement par la taxe d’apprentissage

Recommandation : création d’un établissement, institution, ou centre de formation qui aura l’habilité à recevoir la contribution des entreprises et de toutes les professions libérales qui sont assujetties à la taxe professionnelle,

Moyen : établissement habilité et reconnu comme centre de formation professionnelle.

Modalité d’application : Demander aux organismes habilités à recevoir l’argent pour la formation professionnelle de solliciter toute entreprise souhaitant réorienter le versement de sa taxe professionnelle.

Thème n°5 : Projet d’investissement ; une maison de retraite médicalisée, école ou autres

Recommandation : Lancer le financement d’un projet d’investissement, en prévalant la défiscalisation via TEPA pour les personnes assujetties à l’ISF (montant plafonné à 45000€ et 50% de l’investissement), le dispositif de réduction d’impôts sur le revenu au titre de souscription au capital de ce projet, non coté à la bourse.

Moyen : l’existence d’un projet bien préparé par des professionnels,

Modalité d’application : lancer par l’intermédiaire d’une boite spécialisée, une campagne générale pour financer ce projet en visant particulièrement les personnes assujetties à l’ISF et les grands donateurs.

Thème n°6 : Transparence de nos opérations financières

Recommandation : Mettre en avant la transparence et le respect des lois en vigueur pour toutes les opérations financières. Faire la séparation entre les différents types de collectes en étant fidèle à la destination annoncée pour chacune des charges.

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Moyen : avoir un système de comptabilité centralisé et une pratique comptable commune.

Modalité d’application : Publier le bilan et le rapport financier annuel. Informer les donateurs de la destination et le résultat de leurs dons.

Thème n°7 : Collecte en ligne permanente

Recommandation : Développer sur le site web de l’éparchie une application sécurisée pour la collecte des dons avec un enregistrement automatique des coordonnées du donateur ainsi qu’un envoi rapide d’un reçu fiscal si demandé,

Moyen : un site web et une équipe informatique

Modalité d’application : Viser le monde internet, notamment les jeunes ayant l’habitude de faire facilement des transactions en ligne.

Thème n°8 : Dialogue avec les élus municipaux d’origine libanaise

Recommandation : Fortifier le réseau de contact diocésain par les nouveaux élus municipaux d’origine libanaise afin de les faire adhérer aux projets de l’éparchie.

Moyen : équipe de communication et une liste des élus municipaux d’origine libanaise.

Modalité d’application : Organiser pour les élus municipaux d’origine libanaise de l’île de France, des rencontres avec l’évêque pour les fédérer aux projets diocésain et solliciter leur support pour les paroisses.

Thème n°9 : Recenser et mobiliser les fidèles occasionnels

Recommandation : Profiter de la présence massive des fidèles durant les cérémonies liturgiques chères aux maronites, telles que les Rameaux, Vendredi saint, Pâques et toute autre fête, pour recenser au maximum tous les fidèles et les motiver à devenir des fidèles pratiquants et réguliers.

Moyen : équipe de recensement, motivée dans chaque paroisse et prête à remplir cette fonction primordiale.

Modalité d’application : Lancer dans chaque paroisse une opération spéciale de recensement lors des grandes fêtes liturgiques.

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Conclusion

La commission a veillé à justifier ses propositions et a essayé de pousser la réflexion autant que possible, dans le délai qui lui était imparti. Elle n’entendait pas se borner à la formulation de simples vœux. Au contraire, et compte tenu des nombreux travaux réalisés par l’Eglise catholique en France en la matière, elle a consacré son énergie à assimiler ces documents et à élaborer des propositions opérationnelles.
Les différentes propositions de la commission s’inspirent ainsi d’un modèle stratégique diocésain qui les met en perspective et leur donne une cohérence. Si ce rapport est au départ une réponse à une demande de l’évêque, il est aussi, nous le souhaitons, un message adressé aux fidèles maronites.

Les dates des réunions de la Commission

• Réunion du 11.03.2014 de 21h00 à 23h00 • Réunion du 20.03.2014 de 21h00 à 23h00 • Réunion du 31.03.2014 de 21h00 à 23h00 • Réunion du 10.04.2014 de 21h00 à 23h00
• Réunion du 28.04.2014 de 21h00 à 23h00

réunion de travail réunion de travail réunion de travail réunion de travail
réunion de travail

Références

- L’Eglise Catholique et ses Evêques à l’heure de la Stratégie et du Management (Mgr L.Ulrich et Pr F.Mayaux)
- Pour une Gestion Evangélique des biens d’Eglise (Mgr L.Ulrich)
- L’Argent dans la vie des paroisses catholiques en France (P Nicolas de Bremond d’Ars)
- Finances de l’Eglise, analyse des comptes (Conférence des évêques de France en 2011)

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Commission 15 Pèlerinages

Modérateur Secrétaire
Membres

Père Fadi Elmir Bernadette Duvic
Claude Martinez, Marie-Louise Hokayem, Nathalie Asmar,

Chérine Eliane Bitar, Charbel Abi Frem

1. Le pèlerinage chrétien :

Il est important pour une éparchie et par le fait même une paroisse de « mettre en marche » son peuple chrétien à la suite et dans la fidélité du Christ qui lui-même se rendait régulièrement en pèlerinage à Jérusalem pour les grandes fêtes.

Comme l’indique la « Charte des Pèlerins » de la Commission des Évêques de France : « le pèlerinage est un acte pastoral et cultuel. Les pèlerins se rendent vers des lieux où Dieu a visité son peuple, dans une démarche fraternelle de conversion et de prière, en communion avec leurs évêques, et guidés par les prêtres qui tiennent leur place auprès d’eux ».

Le pèlerinage doit recouvrer trois objectifs :

-  Découvrir : un lieu, un pays une culture, une histoire.

-  Rencontrer : des témoins, d’autres pèlerins et surtout Dieu. - Partager : ce que l’on est, sa Foi et l’Eucharistie.

La mise en route d’un groupe de pèlerins est un acte d’Église locale, qui en prend la responsabilité pastorale et spirituelle. En France, l’évêque responsable pastoral du diocèse, en est aussi le responsable légal. Les pèlerinages entrent dans le champ d’activité de l’Association Diocésaine tel que défini dans ses statuts.

Quelques types de pèlerinages : - Pèlerinage d’un jour.
-  Pèlerinage avec nuitées.

-  Pèlerinage purement spirituel (retraite spirituelle).

-  Pèlerinage à portée spirituelle et culturelle (touristique)

-  Pèlerinage pour tout âge, catégorie sociale ou professionnelle.

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2. La législation française concernant l’organisation des pèlerinages :

Tout pèlerinage comportant, au minimum, une nuitée, entre dans le cadre juridique de la loi n° 92.645 du 13 juillet 1992 du Code du Tourisme.

L’Association Diocésaine, et elle seule, doit recevoir un agrément de tourisme délivré par la préfecture.

Le dossier à transmettre à la Préfecture pour son obtention doit comporter :

-  La nomination par l’Éparque d’un Directeur Diocésain des Pèlerinages, prêtre ou laïc, avec une lettre de mission.
-  La formation de celui-ci auprès d’un organisme agréé par le Ministère, tel l’A.N.D.D.P. (Association Nationale des Directeurs Diocésains de Pèlerinages).
-  La souscription, par l’association diocésaine, d’une Assurance Responsabilité Civile, couvrant : les accidents corporels des participants, l’assistance-rapatriement, certains dommages ou pertes de bagages, la défense et le recours pour les accidents causés à autrui ou subis par le fait d’un tiers.
-  La souscription d’un cautionnement solidaire, ou garantie financière affectée au remboursement des fonds reçus par l’organisateur du pèlerinage et au rapatriement des pèlerins. Celle-ci est rarement souscrite par le diocèse mais par l’agence de voyage agréée avec laquelle le pèlerinage est organisé.
-  La souscription facultative d’une assurance-annulation.

3. Sur le plan pratique :

Pour une bonne planification et organisation des pèlerinages diocésains et paroissiaux, ces conseils peuvent être utiles pour les membres des équipes paroissiales des pèlerinages :
- Une formation professionnelle pour les membres des équipes de pèlerinage.
- La légalisation de tous les pèlerinages, selon la loi, se fait au bureau diocésain des pèlerinages. Ainsi l’Éparque et toute l’éparchie en seront informés.
- La collaboration avec les autres paroisses ou communautés en France, au Liban, en Europe ou ailleurs rend facile l’organisation des pèlerinages et en même temps promeut l’union de notre Éparchie.

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- La mise en place d’un calendrier annuel des pèlerinages au niveau diocésain comme au niveau paroissial aide les diocésains à planifier leurs vacances au préalable pour y participer.
- La mise en place d’un système de communication informatisé dans le diocèse et la paroisse facilite le marketing de nos activités et en plus il peut aider à faire des enquêtes auprès des pèlerins pour décider les lieux des pèlerinages.
-  L’élaboration sur le site web du diocèse d’une page spécifique pour les activités des pèlerinages. Sur cette page seront affichés les points suivants :
o Le calendrier annuel des pèlerinages.

o Les liens avec le diocèse et les autres paroisses. o Un album photo.
o Une inscription en ligne comportant les conditions du voyage, la modalité du paiement ainsi que les conditions d’annulation.
o Il ne faut pas oublier la vérification, avant le déclanchement de la procédure d’inscription, des pièces d’identité de chaque participant.
o Indication des sites internet des lieux proposés. o Les expériences des pèlerins.
o Les post-évaluations faites par les équipes paroissiales.

- Le contrat avec les agences de voyage et d’assurance doit être décidé après la demande de trois devis. Il est préférable de travailler avec une seule agence de voyage au niveau diocésain pour un meilleur prix et surtout une facilité de collaboration, d’échange et de confiance.

Le pèlerinage n’est pas seulement un temps particulier réservé à la recherche de Dieu,
il est la condition même de l’homme en route vers le Royaume.

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Commission 16 Dialogue interreligieux

Modérateur Michel Younes

Commission 17 Juridique

Modérateur

Secrétaire

Père Jean-Maroun Kouaik

Maître Marianne Issa Elkhoury

Pour des raisons d’ordre professionnel et personnel, ces deux commissions n’ont pu démarrer leurs missions. Néanmoins, une rencontre avec Monseigneur Gemayel est prévue prochainement, permettant la constitution des équipes, avec des spécialistes dans chacun des domaines.

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Commission 18 Mécénat (Fundraising)

Modérateur Secrétaire Membres
Invités

Fouad Hasoun Hoda Njeim
Françoise Hachem, Georges Hachem

Père Raymond Bassil, Abbé Louis Rahi

Avant d’aborder le sujet du fundraising, l’Eparchie, Notre-Dame-du-Liban des Maronites de France, a besoin de se poser les questions suivantes : Pourquoi le fundraising ? Pour qui le fundraising ? A qui va le fundraising ? Ou trouver les fonds nécessaire pour le fundraising ? Cette commission a pour rôle de former et d’informer.

Le diocèse naissant a besoin de penser un travail de partenariat avec les autres Eglises et avec la société civile en France, qui accueille la nouvelle structure, en Orient, qui a vu naître l’Eglise Maronite et les pays de l’expansion qui ont cheminé avec cette Eglise depuis des générations. Peut-être, faut-il également voir ce qui existe dans ces pays et cibler des chantiers précis comme : les jeunes, les familles, la formation, le dialogue, la solidarité, …

Tout en restant fidèle à la devise de Mgr Maroun-Nasser Gemayel : « Authenticité et Mission », la commission a pour objectif le domaine culturel. C’est avec l’association culturelle que la commission est invitée à travailler et à œuvrer pour les projets diocésains et la planification et la réalisation de l’ensemble des dossiers.

Une antenne de solidarité et de communication est à mettre en place entre les différentes commissions synodales et la commission du fundraising. Il est important de créer des dossiers, de les classer selon des thèmes. D’où : montage de dossiers, communication autour de chaque dossier à part, faire le point avec les personnes concernées et intéressées par un dossier, lister lorsqu’il le faut : les projets, les dépenses, les donateurs, les mécénats, les partenaires, …

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Pour le suivi, un travail d’accompagnement est exigé pour chaque dossier. Puisque ce n’est pas uniquement un travail purement financier ou économique que la commission est invitée à faire, mais plutôt un travail à but ecclésial et à viser spirituelle.

Un « Road Mapp » est à mettre en place, avec un arrière fond spirituel. La commission œuvre pour et avec les autres pour le bien de tous. Une éthique chrétienne est exigée pour l’ensemble du travail. Notre réflexion doit s’inspirer de l’enseignement social de l’Eglise Catholique, du magistère de l’Eglise et du synode patriarcal de l’Eglise Maronite. Une collaboration est à penser avec les diocèses maronites de l’expansion : USA, Canada, Amérique Latine, Australie, Afrique.

A rappeler que le travail ne se limite pas à la paroisse Notre-Dame-du-Liban, au 15 rue d’Ulm. L’Eparchie a pour chantier tout le territoire français. L’Europe est également visée par ce travail de développement du réseau et du listing de l’Eparchie des Maronites de France.

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Commission 19 Développement des Projets

Modérateur Secrétaire
Membres

Père Nabil Mouannes Georges Aoun
Camille Kiwan, , Pierre Noujeim, Elie Assaad, Marwa harb, William Abado, Paul Jouanny, Marie Christine Mehanna, Elie
Younes.

Projets en vue :

Projets prioritaires : la résidence de notre évêque Gemayel est la pierre angulaire de tous les projets. Tout clergé et paroissien devrait porter ce projet à cœur. La résidence à Meudon est une grande opportunité devant nous. Notre évêque et Bkerké travaillent là-dessus. Pour nous aujourd’hui nous devrions comme priorité d’élever nos prières au Seigneur comme un seul esprit devant le Seigneur pour que ce projet se réalise. Deuxièmement on allume une bougie dans cette intention.

Nous devrions être prêts à participer même avec la pièce de la veuve. La bible dans les Actes nous apprend d’être aussi généreux avec nos églises et nos assemblées pour témoigner par nos actions « regardez combien ils s’aiment ».

Deuxième priorité, notre évêque Gemayel ne cesse de nous répéter qu’il a besoin de nouveaux prêtres, presque 16. Déjà on entend les voix dans beaucoup de villes françaises réclamant un prêtre maronite pour servir nos communautés. Réjouissons-nous, car la parole de Dieu tombe dans des champs fertiles. Nos ancêtres dans la foi qui nous ont passé cette foi, la tradition chrétienne, et cet amour pour les prêtres en priant pour eux et en répétant sans cesse « envoie nous Seigneur des prêtres Saints pour nous servir ». Faisons de même. Soyons prêts à aider notre évêque pour essaimer cet appel. Il est essentiel d’avoir parmi nous des prêtres afin d’éduquer nos enfants et de bâtir l’avenir de nos jeunes. Il faut surtout construire une maison de Dieu où on peut garder cette flamme de Jésus qui émane tout droit de lui, de notre terre pour nous envelopper, envahir le monde entier et faire de nous une église missionnaire.

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D’autres projets :

Nous avons 16 villes en France qui se regroupent actuellement. Elles ont besoin de préciser leurs projets et leurs plans d’actions, c’est-à-dire, pour leur avenir d’une manière concrète, elles ont besoin de trouver un local à louer ou à acheter. Pour se faire on a besoin des experts disponibles, d’agents immobiliers et des juristes d’affaires privés et de biens immobiliers, pour les aider à acquérir selon le droit français. Si vous faites partie de ces fonctions et de ces villes, manifestez-vous, contactez-nous ou notre diocèse, le plus tôt possible vous le faites pour être mieux efficace et organisé et saisir toutes les opportunités.

1- Le denier du culte :

Notre évêque Gemayel a lancé l’année dernière durant le synode le projet du denier du culte. Sa remarque fut qu’en France vivraient 80 000 libanais maronites. Si chacun d’eux donnait un euro, notre église pourra devenir, efficace, indépendante, et servir nos besoins à travers toute la France. Répondons donc positivement à cet appel et faire écho tout autour de vous, vous affirmerez ainsi votre acte de foi, de confiance et d’espoir dans notre avenir.

Notre église maronite a toujours été unie avec le sort de son peuple où que qu’il soit !

2- Les dons et les legs :

Nos nouvelles missions, comme les projets d’acquisitions et de constructions exigent une générosité et un détachement dans les dons monétaires ou immobiliers. L’histoire de notre peuple au Moyen-Orient et au Liban avec l’histoire des chrétiens fervents en Occident montre que les legs et les dons de notre vivant ou après la mort sont une source vitale et une expression de miséricorde à travers l’église pour l’avenir des nouvelles générations.

A ce niveau-là, comme avec les autres projets, des prospectus explicatifs et initiatiques seront édités et mis à votre disposition pour faire savoir pour des éventuels donateurs , amis, des personnes de bonne volonté et de générosité de cœur. L’Histoire de notre église a prouvé sa fidélité à la volonté des donateurs, à honorer les promesses en protégeant les legs et les héritages et en exécutant la volonté testamentaire.

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Commission 20 Parole de Dieu

Modérateur Secrétaire
Membres

Sœur Yara Matta Hanna Bou Ali
Fouad Abi Dib, Michèle Merliaud

Introduction

Dans la foi ferme que Dieu, « après avoir parlé autrefois, à plusieurs reprises et de bien des manières, par les Prophètes, nous parle, dans ces derniers temps, par le Fils… » (He 1,1-2) ; et dans l’assurance que cette parole « est tout près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique » (Dt 30,14 ; cf. Rm 10,8), l’Église a cherché, tout au long de son histoire, à se nourrir de la Parole de Dieu dans les saintes Écritures, tout comme du pain de la vie dans l’Eucharistie. Il n’est donc pas étonnant de lire à travers nombreux textes du Magistère une exhortation pressante à étudier et à méditer cette Parole vivante et vivifiante (Encyclique Providentissimus Deus – 1893 ; Encyclique Divino Afflante Spiritu – 1943 ; Constitution Dei Verbum, Vatican II – 1965 ; Exhortation Verbum Domini – 2010, etc.)

En outre, à chaque nouveau défi posé à l’Église par un monde en continuel mouvement, celle-ci se penche sur la Parole de Dieu, pour scruter Sa volonté et actualiser son cheminement dans la Vérité, à la gloire du Père et au service des frères. Cette démarche s’avère particulièrement importante pour notre Éparchie naissante, confrontée aux problèmes des maronites en diaspora, dans un milieu bien différent de celui du Liban. Qu’ils viennent d’arriver ou qu’ils soient de la deuxième, voire de la troisième génération, ces fidèles ont toujours à porter un nouveau regard quant aux traditions de la foi et aux pratiques religieuses et éthiques corrélatives. Comment alors ré-évangéliser et approfondir notre culture biblique dans le cadre de la tradition de l’Église Maronite ?

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État des lieux

A partir de l’expérience pratique et des sondages et échantillonnages opérés dans différentes paroisses, la commission synodale sur la parole de Dieu pourrait résumer les besoins concrets selon trois axes, lesquels commanderont nos propositions pratiques par la suite. Le premier concerne le manque de connaissances bibliques approfondies parmi les fidèles ; le second s’intéresse à l’évolution technologique et à l’expansion des réseaux sociaux ; alors que le troisième se rapporte à l’insertion dans l’Église Catholique Romaine, avec laquelle nous sommes en pleine communion.

Suggestions et propositions concrètes

1) Premier axe : la Formation Permanente pour les prêtres et diacres, ainsi que la Formation Initiale et Permanente pour les fidèles.

L’ensemble devrait se faire dans un climat de prière tout en assurant l’unité de l’enseignement au niveau de l’Éparchie.

Quelques outils de concrétisation :

Concernant les prêtres :

•Consacrer une partie des retraites et sessions annuelles réservées aux prêtres de l’Éparchie, aux méthodes de Lectio Divina et de méditation de la Parole.
•Insister sur l’importance de l’homélie et donner les moyens de la perfectionner comme un outil de témoignage et d’enseignement adapté au message et aux destinataires (cf. Exhortation du Pape François : La joie de l’Évangile).

Concernant les fidèles :

•Établir dans chaque paroisse ou communauté des groupes bibliques pour des réunions régulières autour de la Parole de Dieu.
•Proposer un parcours biblique commun au niveau de l’Éparchie dont le thème peut être initié chaque année par l’évêque ou par une équipe déléguée par l’évêque.
•Encourager, moralement et pratiquement, des laïcs engagés dans l’Éparchie ou dans les paroisses, à faire des études bibliques poussées de niveau universitaire, afin de démultiplier, à leur tour, la formation aux autres fidèles.

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2) Deuxième axe : Communication et informations.

Quelques outils de concrétisation :

•Offrir aux fidèles, via le site internet de l’Éparchie, des sources fiables de documentation et des outils d’approfondissement de leur culture biblique.
•Informer tous les fidèles de ces activités et leur donner une matière de méditation et d’approfondissement de leur rapport avec la Parole de Dieu par un bulletin paroissial qui accompagne les temps forts de l’année liturgique. Le rythme et le format de ce bulletin sont à adapter aux moyens de chaque paroisse, (par exemple les courriers électroniques peuvent remplacer le format papier).
•Permettre les échanges d’idées et les réponses aux questions des fidèles sur des blogs ou forums agréés ou dirigés par les paroisses.
•Mise en ligne de vidéos ou de conférences bibliques, sinon proposer une liste de sites bibliques fiables quant à l’enseignement de l’Église Catholique.

3) Troisième axe : Lecture œcuménique

« Écouter et méditer ensemble les Écritures nous fait vivre une communion réelle même si elle n’est pas encore pleine » (Verbum Domini), une ouverture réelle à la richesse de la tradition latine et à celle des autres églises orientales en matière de culture biblique.

Quelques outils de concrétisation :

•Organiser des rencontres entre les groupes de partage biblique des paroisses ou communautés maronites et ceux des autres paroisses latines ou orientales.
•Participer aux propositions des diocèses français ou européens dans les commissions, partages, équipes ou groupes de réflexion, afin de demeurer présent sur la scène ecclésiale et de partager en profondeur les richesses ecclésiales mutuelles de nos traditions respectives.
•Organiser au niveau de l’Éparchie un séminaire d’étude une fois par an ou tous les 2 ans, autour d’un thème biblique particulier, sur deux ou trois jours avec des interventions bien ciblées.

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Commission 1
Identité de l’Eglise maronite, son histoire, son présent et son avenir

Modérateur Secrétaire
Membres

Monseigneur Maroun Nasser Gemayel Rabih Nahra
Charbel Youssef, Bakhos Janid

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ىلإدوعتوةيمار ا سئانكرلئا اسنع قمعلايففلتخلتيهف،ةيناحورلا ةيحاننم امأ
ّيبدَ ا ثارتلطاببترةيتنوراملا ةسينكنلإا.اهتاذةيئاب او ةيتوه لاو ةيسقطلاو ةيباتكلا عيبانيلا ،)444+( يلابو،)593+( مارفأو،)543+( طاهارفألاثمأنايرسلءااب هفالخ يذلاّيحَورلاو ،)355+( يجَورسلا بوقعي،و)343+( ياسرنو،)439+( ّيكاَطن ا قحساو،)454+( لوبرو
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Synode diocésain – 2° session – 30/ 31 mai 2014 102

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 :ابوروأيفةينوراملةاسينك،لاايناث

دحَيأ ىلاوةينوراملا ةيوهلا ىلعيبورو عاقاولرايثىأتدم لوح نمكتةيساس ا ةيلاكش ا نّإ َ يفةرذجتملا ةيوهلاكلتىلعةظفاحمللائاسوولبسيه امو عقاولااذه عم ينوراملىا هامتي
.انناسنإ

 :رضاحلاعقاول،ااثلاث

راشتنماواع لكشبةيبورو ا بوعشلىا دلنامي عاجارتويدرتعقاودحأ ىلعايفخ دعيملَّ نّإ َعبطلاب.تواعمتجملكا لتكرحم وه دعي مليحيسملراكفل.افةذاشلا راكف داواحللا ناميلا ىلعنيمئاقيلاعامتجلايفاقثانلثا رإوانتيوه ىلعابلس رثؤيدق اهيفطارخنلا
اذا روظنملىا دملاىلععايضلناوابوذلةلضرعم ةينوراملا انتيوهف.ةيليجنلا ميقلنابيلصأتملاو .ف س اهأادبيتلةرايسملةعاباتاهمنمةياغلناوكتةيويؤرو ةيلمع تاوطخ ذاختماتيمل

يفطرخنلامامأ قئاوععضووابوروأيفةينورام ةيلاجاننأ رابتعىالعفرصتلا فدهلاسيل .ةنراومنكلونييبوروأ نينطاونموكننأ وه فدهلالبةيبورولتا اعمتجملا

راطا يأ نود ابوروأيفنوتتشم مهفةسسأملاوميظنتدقلتل فةنيراوملالمع نا اذه انمويىتح ةزجاع ةدودحم ةيدر تاردابمىلعزكترديوجوم وه ام َّضعبلمهاضعبمبهطبرييلعف ةيجاتنا لجأ نم بسانملرااطلا داجيلدوهجلاديحوتىلعلمعلايغبنةينيفعم دودح يطختنع
.ةيعامتجا وا ةيركفوأ ةيفاتقثناكنا تايوتسةمفلاكا ىلعلضفأ

 :تايصوتلتاواحرتقمل،ااعبار

درفللازع فدهبسيلوعيرسلكشبةويلمع تاوطخ ةدع ذاختاةنجلليائترعتقاولااذه مامأ يذلايعامتجلاويفاقثيلخاويراتثلرا اهيللاقنضرغللب,انفلاسمكأهطيحمنع ينوراملا
,عمجأملاعليافنورامَّجرهانمرارمتسناامضلجأ نمو ةينوراملا انتيوه هبزيمتت : ةنجلليائتركتلذل

ةيبرتنويعم وج قلخلجأ نم ابوروأ يفةينورام سرادم حتفىلوصقةرورضكانه نأ -١ . يبورو عامتجملدارفيأ قابعم طارخن انلدلو ةنيعم

Synode diocésain – 2° session – 30/ 31 mai 2014 103

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ةضرعم ةينوراملةايوهلافةيبورو ا لودلاةفاكيفنكمأاذا سئانكءلانا بواياعرلءااشن-إ ٢ . اياعرلاوسئانكرلفاوتمدع لّظَيفعايضلل

رفوتمدع لظَيفةيعرءاشناليحتسنملما هنا ثيحباياعرلكا لتةمدخلةنهكلنا يمأت- ٣ ةنهكلا

دقعربعكلذوةيبورو ا لودلايفةمدخللهجوتلتا ونهكلولعدملايقرشملباابشلثاح -٤ فدهبةيحيسمتلاعامجلالكىدلوةينابهرلةايونوراملتا ايكيريلكلا يفتاودنوتاءاقل
. جراخلاوحنق طنلةايمهأ ريسفت

ةيوهلا ىلعفرعتلا ةيلمع لهستيقرشملايونوراملخا يراتلىانبعتةبتكءماشنىإ لعلمعلا-٥ صاخ فيشرءأاشنكإ لذكةءارقلاوةعلاطملىا وهييبورو باابشنّلأا ىَلإارظنةينوراملا
.قئاثوّللكاَعيمجتظوفحةلبتكلمكيف

 :ةمتاخ

يدصتلا ىلعانلمعزكترييوقلتملا عقوميفنوكننأ بجيل ةينوراملا ةيوهلا ىلعةظفاحملل نا بجيلبقحل تقوي روم لانتجلاعيمتأتنأ لو تامدصلا فقلتو بيرغوه املمئادلا نيعتمتم هيدليبلسوه امبرثأتنلو اباجيا انطيحمربثؤنامئاد انكامك نيق خ نيردابنموكن طبرامئاد يغبنهنيأوامكنابوذلاو عايضلانلميقو انتيوه ضرعيام ّلكَةهجاومبةيتاذ ةناصحب ساس ااهناذا روذجلاكلترلكنتلا مدع و ةركاذلاظفحوةيقرشمالهراوذجبةينوراملا ةسينكلا
.قلطنملاو

ّفَطصتّنأَّاهَيلعّيَغبنيّبَرغلاّيَفّتَرحبأّةيَقرشمّةسَينكّيَهّةيَنوراملاّةسَينكلاّنإَّامَاتخ ىلعَّاهّئلجاَسأّنرماَّامئَادّةنرَاوملاّلعَفّامكَّفَقس اّوهَّيذَلاّاهسَأروّاهنَاطبقّفَلخّفَتاكتتو
.اهرارمتساَّنيمأتّناَم الّرجبأََّن

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Commission 5 Liturgie et chorale

Modérateur Secrétaire
Membres

Père Abboud Chahwan Père Youhanna Geha
Père Elie Alam, Georges Daccache, Père Charbel Massaad, Jacques Matta, Georges Daoud, Françoise Hokayem, Fouad Abi
Dib

ةينوراملا اسنرةفيشربأ يفةيجروتيللا ةنجلللامع ةدوسم

 :ةمدقم

ّيسَركلابةدحتملا ةيقرشلاو ةيبرغلا سئانكةلعاومجم ىلإةينوراملا ةسينكيلماتناتيرادإو ايسنك ّصَخيام يفاميسل ةيكيلوثاكلا ةسينكيلفا لصأتم ءزج اهنإ يأ ،ناكيتافيفلاّيسَرطبلا
.يق خ ميالعترلاراوس اةوديقعلناوامي عايضاوم

يتلا ةلئاعلهذاه ،ةينايرسلا ةيكاطن ا سئانكةللائاعىلإيمتنةتينوراملا ةسينك،لايافجروتيلامأ راكنلاملايتسيننكيوينادلكلاو نييروش او سكذوثر ناايرسلاكويلوثاكنلايا رسلماضَت ةيكاطن ا ةسينكملسا ا ّصَأ لمحتةيطنزيبلا ةسينكنّلأاَهركذ ردجيو .نيتيدنهلا راب ملاو
.ةيكلملا

عمجملاتاررقم بسح-بةماعلا يجَروتيللا ديدجتئلداابملةينوراملا ةسينكتلعاضخنإو ،كلذل ىلإ،ءيشلكَلبق،ةوعدم اهنأ ّلإ َ)ةجاحلاتعد اذإ( يجَروتيللا ح ص ةيلامع يف-ّينوَكسملا اهلةنام اوةيجروتيللا اهزونكواهديلاقىتلعظافحلاةويكاطن ا ةينايرسلا روذجلاىلإةدوعلا
.اهتيمنتو

ةصاخ امسق ينوَراملا يكرَيرطبلا عمجملا تاررقم يفةينوراملا ةسينكتلاصصخ دقو ّيناَكيتافلا عمجملايفايجروتيرلولتاسىد لإةفاض ،اصب نلا اذه لكشي،ةسدقملا ايجروتيللاب نم ىلعأامئاد وه ماعلاقحَلا نأ املع ،ةيجروتيللا ناجللّلا كلَلو ا ّيمسَرلا عجرملا،يناثلا
.صَّاخلا قحَلا

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 :ةسدقملا ايجروتيرلولتا سيدناثليا ناكيتافلا عمجملاميلعنتم تاراتخم

ةسينكّرلساَيفايجروتيللا

دعاست،ةيهل ا ايتسراخف ا ةحيبيذفاميسلو ،)1("انئادلفمع اهبيرجي" يتلايا جروتي-ل2ل-اف نعو حيسملراسَنع نيرخ اولحصفيمهوتايحةريسنبونمؤملاربعينأ ىلعةدعاسملماظعأ ريغقئاقحةّبلفاَحو ّةروَظنم ،اعم ّةيهَلإو ّةيناَسنإ اهنوكبزاتمتيتلةيا قيقةحسليا نكةعليا بةطلاصأ
.ةحزانهنعاهنأ عمملاعليافةرضاح،لمأتلىالإةّلسَرتسمو لمعلايفةّراحَ،ةروظنم

عيمجربتعةستدقملا م اَةسينكّنلأاَنلعي،ةنامأ يفديلقّاتيعلاَرا م ،سدقملا عمجملاّنإ َمث-َ4-ظفاحتنأ ماي ا نم لبقملديلرت،وةماركلاوقوقحليا فّةيوَاستم اّعرَشاهبفرتعملسا وقطلا ةلماشلراظنلةاداعإ نم هيلةإجاحلاوعدتام يفبغريوهو ،قئارطلعايمجباهنأشززعتو اهيلع ةديدجةيويح ّثبتَنأ يفو،حيحصلديا لقحتولرابديقتيفوةنطفيفكلذنوكينأ ىلع،اهيف
.اهلاوحأوةرضاحلمااي تاايضتقّاقامفلَو

نوموقي،هعم نونفد،هعمينوتوم"ي :يحَصفلا حيسملراسَيفسانللا خديةيدومعملاب..ف. -6-نيدجاسنلاوحبصاذيكهو ،)11 :8 مور( "ب اهيأ ابأ هبوعدنيذلا" ينبتلا حور نوذخأي"هعم
...يتأنيأ ىلإهتومباوربخّبأ رَلا حصفاولكاأملككلذك.ب ماهبلطنييذلا

لامع ايفاميسلو هتسيبنكناجىلإاّرضَاح حيسملكافنَيل اذهك ميظعلمعبمايقل-ل7و-ةطاسوبن امدقييذلا"ف،رسلا مداخ صخشيفوسادقلةاحيبيذ فرضاحهنإ .ةيجروتيللا لاكشأتحتةجرد ىلعأبو،"كاذنيح22(بيلصلا ىلع هتاذ مدق يذلا هسفنوه ةنهكلا ،اهيفربعيةيتونهكلا حيسملعاوسيةفيظوةلسرامم قحبربتعتايجروتيل..ل.اايفتسراخف ا حيسملعاوسيدسجاهيفيرج ،يصو خشلكلَّاقافوَمتييذلاناسن سايدقنتع ،ةيسح تاراشإب
.ةلماكلةاماعلاةدابعللامع ،ءاضعأو اّسأرَ،يرسلا

وه ،ةسينكولهايذلاهدسجونهاكلاعوسيلمع هنوكثيحنم ،يجروتيللافتحّلاكفَاذكهو .ةسينكللاماعأ نم رخآ لمع يأَةّجرَدو ةميقهتيلعافيزاويل ةسادقليافةياغلمع

يفاهيلإىعسنيتلةايوامسلا قوذتلّلاجَعتسا انكارتشنواكيةيضر ايا جروتييلفلا-8-ّامداَخ نيميىلإحيسملسا لجيثيحةسدقملا ةنيدملمايلشرويأفاهبلفتحييتلا،وانلاحرت اننإو،دجملاديشّبنرَللدشن،نيولعلا شيجلداانجأعيمجعم ،ثيحو،يقيقحلا نكسملاسو ادق ل
حيسملعاوسيانديسرظتناننأ امك،مهعمتجميفبيصاننلنوكينأ لمأننيسيدقلا ركذانميركتب .دجملايفهعم نحنىلجتنو انلّةايحَوه ىلجتينأ ىلإانلّاصَلخم

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هنمعبنيتذلاعبنمكلالذىلإيهو ةسينكللمعا اهيليإ قترييتلةامقلا يه ايجروتيل-ل1ا2و-نامي ا ب ءانباوأ حبصدأقو،عيمجلداحوتينأ ىلإفدهتةيلوسردلواهجلاعيمجف،اهتوقّلكَ
.ّبرَلا حصفاولكأي،وةحيبذيلفا اوكرتش،يةسو ينكطلسا ويف اوحبسيو ،ةيدومعملاو

اونوكينأ ىلع،"ةيحصفلا رارس " انم اوعبشدقأ و،نينمؤملثّاحَتاهسفانيجروتيللبلاافقملابو دهع ديدجت؛و"نامي اهبوسبتامقبامهتايحيفاوديقتي" يكليلصتاهنإ "ىوقتيلافّادحَاو اّبلق"َ .ةحلملا حيسملةباحم ىلإنوقرحتيمهلعجيونينمؤملبا ذتجيايتسراخف ا يفرشبلعام بّرَلا لصحيو،عوبننيم امك ،ةمعنلانييفرجت،ايتسراخف ا ايجروتايميلسلو ،ايجروتينلملفا ىلإامك،هيليإ هتنيتذلا ديجمتلصحيامكةيلعافيلفاّةياغَّلوصَح حيسميلافرشبسلايدقت

.ةسينكللاماعأ رئاس،ريخ فادهلا

ةسدقملا ايجروتيىلللعااولبقنأينم نينمؤملدبللَةلماكلةايلعافهذلها ىلعلوصحلل-و11-نوكي ّئلَةيولعلا ةمعنلااورزاؤيو،مهتوصىلإمهسفانومضينأو ،ةميقتسسمفنتادادعتساب ايجروتيللمعلاىلعاورهسينأ ةسدقملا ةمدخلاةاعر ىلععقياذهلو .)28(لطابليافاهلمهلوبق اّضَيأ هيفكرتشنيأ ثيحنم لب،بسحفزئاجلاوحيحصلافتحلنايناوقديبقتلا ثيحنم ل
.ةرمثموةلعافةويعاوةقيرطنبينمؤملا

ةلماكلةاكراشملىا لعمهعيمجنينمؤمللامحينأ يفةبغرلداشأَبغرتم اةسينكّنلإاَ-14-يتلاو،اهسفانيجروتيةلعليابطاهيضتيقتلهاذه ايجروتيتللاافتحيافةلعافلاةويعاولاو يّكوَلم تونهكوراتخمليج" هن و ،ةيدومعملا لعف،بهبجاووّيحَيسملا بعشلقاحَنم تحبصأ ةاعر دنعهقبسملياذإ كلذقيقحيتفلمأ لو ...)1-4 :2،9 :2 طب1( ىّنتَقم بعشوةسدقم ةمأو ّلوأَيعسلا يضتقاذهيو ،اهميلعةتردقملكلمت،واهتوقو ايجروتيحلولرانم لماكعبشتسوفنلا
...ّةيجَروتيلةئشنستوريلك ةئاشنىتلإ

اّكارَشإ اهيفمهكارشإوةيجروتينليلنا مؤملةّائشَنترّبصَو ّةريَغبسوفنلةّااعَر َّ -ل1ص9-او ي مهتفاةقجثردو ،مهتايحعونومهعضوبسحو،مهرامعأ ىوتسم ّبسَحب،ايجراخو اّيلخَاد ،ايلعف نودوقي،و رّارَس نيم عازوملا ىلعةعقاولفا ئاظولّماهأَىدحإبّنوعَلطضياذكهو ،ةينيدلا
.ّاضَيأ لثملالببطقفلوقلالبرم ااذه يفمهتيعر

- 22-

يسركلاةّبطوَنم اهنإ يأ :اهدحو ةسينكةلطالسبةسدقملاايجروتيةلرلاداإ قلعتت-1 § .ةينوناقللوصا قااطننمضفقس ايبلووسرلا

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رمأ يفةراد اّاضَيأ دّوعَت،ةموسرم ّدودَح نمضو ،نوناقلهالوخييذلاناطلسلا-ب2 § ةيح صتلاذو ،ةيعرشةّقيرَطبةمئاقل،اةفلتخةميلافقست ارامتؤملىا لإايجروتيللا
.ةيلحملا

وأ ،صاخلاّهناطَلسب،فيضنأ ي،انهاكولو،رخآ صَّخشيأ ىلعَّكلعذنلتج مي-3 § .ايجروتييلفلءايشيأ ريغيوأ ّفذَحي

رسفتو أرقتيتلصا وصنلّا َ.اّدجهَنةّرمفيَبكةيمهأايجروتيتلللاافتحيافسدقملبا اتكل-2ل4-ّديشَان او ةّيعَد او تّاوَلصلا لّهنَتهّقفدو هيحونمو ،لترتيتلرايمازملّا َ،ةظهعنوموملايف
.اهيناعزّمومَرلاو َّ يلاقمعت سهناتمو،ةيسقطلا

يأ "ةدحولارس" يهو ،ةسينكتللاافتحاهانكلو،ةيدرفّلامَعأ تسياليجروتيّللَا -2ل6ام-عأ .ةفقاسة طلاستحتّامظَتنمو ّاعمَتجم سدقملا بعشلا

لمعينأ ،انمؤم وأ رسَللّامداَخ ناكءاوس،صخشلكَنم بلطيةيجروتيللا تلافتحلياف-28 ةمظن اءارج نمو روم اةعيبطءارج نم هيلععقييذلاهلك لمعلا،هتفيظهومابيقىدل
.لامع انم هاوسىلإهادعتيل نأو ةيجروتيللا

ةمدخبنوموقيمهعيمجنيلترملا ةعامج ىلإنووضنملا،وحارشلاو ،ءارقلاو ،مادخلا ىتح -29-لثمبناقيلنيذللا ماظنلاوىوقتنلما ريثكمهبتفيظاوومبوقينأ مثنَم مهيلعو.ةيقيقةيحجروتيل
.قحَب بعشامهبلطتينيذللاو ،ةمدخلاهذه

،تانوفيتن،ل ياتورت،لةباووج ا،وبعشلتا افاتعهجشتل اعفلا كارتشلتا اثحتسل-و32-.هتقيوفسدقملا تمصلمازلي.ودسجلعااضوأوتاكرحلواأ لامع انع ّ ضَف،ديشان او

يفكلذ ناك ءاوس زكارمللوأ دارف صا اخش لةاعارم ةيأ ايجروتييلفلاسيل-32-تاجردلاوةيجروتيللا ةفيظوهلياضتيقذتلازييمتادلعاام ،ةيجراخلبا كاوملايفوأ تلافتحلا
.ةيجروتيللا نيناوقاّقلافلوَةيندملا تاطلسلبلجاولاميركتادلعاامو ،ةيتونهكلا

هينمؤمةايحام اّعوَنهبقلعتتو هنعردصتيذلاربك هتياعر نهاك فقس راابتعباجي-41-لوح ةيشرب يفاةيجروتيللا ةايحلرايدقتّللكاَاوردقينأ عيمجلىا لعبجياذهل .حيسملياف لماكلاكارتشليافوه ةسينكرلهظلم مهأَنّأ اَوعنتق :ةيلئاردتاةكسليا نكيلفااميسلو ،فقس ا

Synode diocésain – 2° session – 30/ 31 mai 2014 108

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ايتسراخفي فااميسلو ،اهسف،نةيجروتيللا تلافتحلهذاه يفهلكسدقملا بعشللاعفلاو .هونواعموهتنهكهلوحوفقس ساأرتيثيحدحاولاحبذمللاوح ،ةدحاولاة صل،اوةدحاولا

،ناكملّكَيفلو اّمئاَد ل ،هعيطقهسفنسبأرتينأ هتسيينفكعيطتسل يفقس ّنأا َامب-42-عار ةياعرباّيلحَم ةمظتنملايااعرلا اهنيبزربتنينمؤملنام تاعامج ءاشنإنم هلدبلَناك

.ةيضر ةراكلىا لعةمئاقلةراوظنملةاسينكاملّااعوَنلثمتاهنإ :فقس لّحاَم لّحَي

لاجرو نينمؤملسا فنيفكلذو،فقس اهابطابتراةويجروتيللا ةيعرلا ةايحعيجشبتجياذهل لو ،ةيوعارلا ةعامجلاحور رهدزيّنأ ىَلعلمعلابجيو،ةيلمعلا مهتايحةريسيفوسوريلك ا
.دح سا ادقبيعامجلالافتحيلافاميس

ةرادإييّجَروتيللا لمعلاطشنتيكلةسدقملا ايجروتيةنلجللةيشربلّأكَيفأشنت... -41-
ّ مَع لمعتةدحاو ةنجلىلعتايشربأ ةدع عمتجتنأ اّنايحَأ بسانملنام نوكيدقو.فقس ا .ايجروتيرلولمأامدقتىلعّاكرَتشم

،ةيسنكلا ىقيسومةلنلجل،كلذنكميثيح،ةيشربلأكَيفايجروتيللا ةنجلىلإفاضي-46-.ّيسَنكلا نّفللَةنجلو

.ةدحاو يفاهعمج نسحيام اّريثَكو ،لمعلاىلعاهاوقرفاضنتأتنم ث ثنلااجللهاذهلدبلَو

 :ةيشربلأا ةيجروتيللا ةنجللتا ايلوؤسم

ناك ّيدَعتأ ءاوسةيجروتيللابفرصتلا اهلوخيّناطَلسيأبَةيوعرلاو ةيشرب ا ناجللعا تمتلت ىوتسىملعوأ تاءارقلواأ نهاكلاصوصنىوتسىملعأ،اناصقنوأ ةدايزوأ اراكتبا وأ ،رم ا
.ةسدقملا ىقيسومللايوتارتلا

تاطلسلايلجروتيرليلبا دةتيلوؤسم ةسدقملا ايجروتيرلولتاسديفيناكيتعافمجلمالارصحي )22 ددع ايجروتيرلولتاس(داهاوسنود ايل ةصعلتخاملا

ةنجلةلود لكَيفوةينامورلا ايل ةيععلجارملا كانه فارط اةيمارتملةايبرغلا ةسينكيلفا !ةيجروتيللا ةرادإ ىلوتتةيفقسأ ةيجروتيل

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زوجيل ةيعيبطلا تلاحلايفف.كريرطبدلياسلابةروصحمةيلحملا ةطلسلاقفرشلايفامأ .همتخبةروهمملالّإ اَيجروتيبلتلاكنلام ّيأَلامعتسا

ام ةينيت لا ةسينكعلما بيرقللاصاوتلاتواغللاعونتبراشتن يفا ةنراوملاسئانكزيمتت لمعلارهوج ّسمَتل ةدارفلهذاه .ةيجوتيللا ةسرامم يفةعورشملاةدارفلضا عبانايحأ يعدتسي
.ايجروتييلفلةدامتعملةغاللااهسأرىلعوتايلكشلا ضعبلبّيجَروتيللا

فقسأةيعجرم تحتو،ةيشرب ا ةيجروتيللا ةنجللةايلوؤسم نمكتتايطعملهاذه ىلعءّانبَ :يليام يفةيشرب ا

ناجلو،حبذملماادخو تاقوجلاوةيلوسر تاعامج ىلإنيمتنمالمياسل ،نينمؤملةائشن-ت1 :ادحوم ناجلللاكَفده نوكيةلرمتسمو ةقيمعةيجروتيلةئشنلتافط ةاوبيبشناجللا وفقولا ايرظنلمعناثبع .ةمدخلاوفشقتلا لامعأو ةيوقتلا لامع اوايجروتيرلبلعانينمؤملسا يدقت رصانعلنامو .ةيجروتيللا ةئشنتهذهلانّونَمؤملا مث،َلوأ ةنهكلاّقلتَيملاذإ ايجروتيميللظانىتلع موقتل رصانعيهو .تاسدقملا مارتح،إسدقملا تمصل،امادنهلنا سح،اهيلعديدشتبلجاييتلا

 !ةرمثموةلعافةيجروتيلّيأَاهنودنم

مهأَيّنوَرام لّكَفرعينأ نم دب َف.يكاَطن ا يناَيرسلا ديلقتىللإاءامتن سّاحَةيعوت-2 لامعتسنّاأ اَمك .اهيلعةظفاحملىا لإىعسيةوحلاصلهدايلاقىتلعفرعتيو هتسيخنيكراتلحارم يّتوَنهكلا سابللصّا َختيتلا ديلاقتملازابتل ساوادقلا ءازجأ ضعبيفةينايرسلا ةغللا اذه نيتميتفديعدبحَىلإمهاستةيداعلا ريغبترلاتو انوقي ةساودقملا يناو اّيوجَروتيللاو
 !ءامتن ا

قئاثوىلالإدانتسل،اابيجروتيلو ايتوهل ،ةسدقملا ىقيسومىللا عةرمتسمو ةقيمعةئشن-ت3 اهرودو ةقوجلالمعلةيليصفتطباوضعضوو1،923 ماع نم ّءادتَبا تردصيتلا ةيمسرلا
.توصلةازهجأو ةيقيسوتمللا الامعتسةايفيكو ،اهئادأويمينرتاهلزنا كو

عناميل !هريذاحمَّهتانسهحلوّ،َايجرهلوتيىلللعا ّيخَدو اثيدح اينقتارصنع ةشاشللاكشت-4 .ايصخشنهاكلاةرادإ تحترم انوكينأ رصَيهنكلو ةشاشللاامعتسنام ةطبغلبا حاص امدنعةشاشللاامعتسةايفيكيفةمزلم ةيليصفتطباوضةيشربلا عضتنأ ّحلمَلا نم تابنكلو

 :طباوضهلذاه لمشت.ةجاحلاوعدت

Synode diocésain – 2° session – 30/ 31 mai 2014 110

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ليدعىتندأنود نم ةيعرشلا ةيجروتيللا صوصنلّيابفرَحلا مازتل ا•ةيفلخ يّأبَصنلقا افرمإدع •
.ةيرصبلا تارثؤملا عاونأنم عونيأ ثّبَمدع •.بترلرااسموايجروتيةكلرلحا ةينقتلا تل اقيعلتنأ •
ق طإوتافلملا حتفزوودنيوقلا طإةيلمع اهيفامبىرخأ رصانعّيأَراهظإ يشاحت •.ليغشتجلماانرب

.يجَروتيللا لمعلاةيدجو سادقلا ةماركعمقفاوتةيتنقتةئشناهتيلغشم ةئشنت•لمعت،ةرورضلاوعدتثيح،ايئزج ةيسنرفلا ةغللادامتعاةدايسلباحاصررقلاح يف-1 )ةيدومعم ،ليل(كبإ ترلضا عبوةيجروتيللا تامدخلاضعبةلدحوم ةمجرتعضوىلعةنجللا ّلكفَ.كريرطبدليسا لا ةقفاوملانت،ل)سرطبرامو رشعينث يرا وفانهلقأ( ريفاونضلاعبو لبقّيلوَسرلا يسَركلا ةقفاو،مامكح ،بلطتةتيلحم ةغلىلإةيلص ا اهتغلنم ايجروتيةملجلرت

.)36 ددع ايجروتيرلولتاسعدجار( ايجروتييلفلاهالامعتسإ

ةعومجم لامتكمادع يفنمكتةلكشةممث.حاحلإببولطمرمأ وه ّيجَروتيللا لمعلاديحوت-6 اهلامكتسىالعدهجبلمعتةيكريرطبلا ةنجللتالازامو .يكركبنع ةرداصلةايجروتيللا بتكلا
 :نارايخةمثكلذل.تقولضا عببلطتيرّمأَوهو

ّرمأَوه هاوسنود نم هلامعتساف،يكركبنع رداصيجَروتيلباتككانهنّاكَلاح يف • !مزلم
تحت– ةرداصلبا تكلداامتعاىلإوعدن،يكركبنع رداصباتكدوجو مدع لاح يف •اهدمتعييتلا يهو ،كيلسكسلداقلحا ورلاةعماج يفايجروتيدلهعلما نع -رابتخ ا روفرخآ باتكلكَلامعتسلاطبي.وةيكريرطبلا تلافتحليافكريرطبالنايبةطأبغ
.ةيمسرلا يكركبةخسنرودص :ةيجروتيللا تلافتح لياصافضتعبوتاكيربورديلاحوتىلعلمعلا-7

ّيئاَبرهكل يّقيَقح رون :نابرقتلايبحابصم •.ةفيزم لو ةيعانطصإ نوكتنأ نكميل ،ةجاحلاوعدتامدنع،سروخلاةنيز •

سادقلا لبقنينمؤمللاوخد ل خو،نيبارقلحابو ذملةائيهتل خسدقملا تمصلا •.هدعبفارصن او

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،ةسينكيلفاملاعلراون-حيسملراوضحاهل خنم نلعيةيدادعإ ةبتعرومشلةاءاضإ •.ةقئلوةنيصةرقيرطمبتتَنأ بجي

.يجَروتيللا نوللاوتاسادقلا يفبجاولاّيجَروتيللا سابللا•.سادقلا نم لوأ ّمسقَكءاسملواأ حابصتلااولصلبافتحة يفياك •
اهنع ضاعتسنيأ ،فورظلا تناكايأ ،زوجيل ،ةيح ةمدخ :فزعلاوليترتل•ا نود نم يأ ديلقبتسلاحليترتريلصا ،يءوفكفزاع دوجو مدع لاح يف.ت يجستب
.ةيلآ ةبحاصم .نيدرفننمليلتارملاو نيلترملاو نيفزاعةملداخ ميظنت•
.تاءارقلةامدخ ميظنت•؟فيكوىتم :ةينيصلا ةمـل •

ضعبيفروخبلاوعمشلاوتيزل( ارمخلاوزبخلىا وسءيشل :نيبارقةملداقت •.)تابسانملا

.اهلاطبإ بجييتلا تازواجتلا،واهدامتعاحومسملقا رطلا :ةلوانملا •.سدقملا تمصلتا اقوأ •.يكركبةخسنبسحباهديحوتروخبلعاضوةبتر•
.نيسيدقلا تاحايز •ناكم ،عومشلاددع :سدق ناابرقلدماصطورشبريكذت :سلادق ناابرقلتاادابع •نم( نهاكلاتاولصدمصلاةليترديتدحت،حايزلا قايس،يجروتيللا سابلل،دامصلا ةداعإ حايز،ريخبتةيفليكا ،سودقلا ديشةنيمازلإو نابرقلةكابربل،)اةيلص ا اهعجارم .هماتخيفوحايزللا خاهليترتزوجييتلا ليتارتديلداحت.نابرقتلايبىلإنابرقلا

.ةكربلاحوايزلادومصلةاليتنريتبتمصلا ةدابعتاعاسيه لب.ليترتىلاقويسومتللاعاستسي :لنابرقلدولجسلاتاعاس •تاعاسيه .لماكتمصيفةسينكءلابا آتاباتك لوةملكلةءارقوةيصخشة صو ىلإهتداعإوحايزلدانعونابرقدلماصدنعطقفليترتنولكا ي.دوعقتاعاسل دوجس

 !نابرقتلايب سادق،ةعامجلاسادقيفةكراشملىا لعةصاخ ينوَراملاو ةماع ّيناَنبللا بابشلعايجش-ت7 تلافتحراكتب،ااكهاودج مدعو اهلشفتتبةثبأيرغةيبرغ تاداع فلخرارجن مادعو ،ةسينكلا
 :يناَكيتافلا عمجملاميلعّ تمبَع ،يجروتيللا لمعلاقطنموةسينكديلالقنعتةديعبترو

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لّابقَإ عم ،اكرتشم ّلافَتحا ،ةصاخلاّهتعَيبطلاّقافَو سّقَط لّكَ، سوقطلّلمتَاحتةرم لّكَيف" ىلعّلضَفم ،عاطتسمرلداقىلع،وه لافتحالذاه نأ ىلإصَّلخي،مهنمّيلعَفكّارَتشاو نينمؤملل ظّافَحلا عم ،سادقلالبافتحلىالعّصَاخ عّونَبَّاذهريم رجاي.صاخلاهبشوّيدرَفلا مهلافتحا ".رارس حانمتلافتحىالعيرجيامك ،ةيعامتجلاو ةيروهمجلا هتعيبىطلعسادقّلكَيف

)27 ددع(

نأ نم قثوتلا دعبو،ةتباثةلقاويقحةلساينكةّدلئااَفَّ اهذتإ لضإ ءّتيقشَا ّثدَحتسيل ّاريخَأ ..." ردق،اضيأ صَّرحيو .يّوَضع اهل ّومنَاهنأكوةّمئَاقلا غّيصَلا نم ّجرَختستةديدجلّغا يصَلا
.)23 ددع( "...ةريبةكيسقط ّقوَرفةمخاتملقا طانمليا فنّوكَيلأ ىلع،عاطتسملا

ىرتل اهنكلو ،ريدقاتميأ اهردقتو ةسينكاهلبافرتعبتابشرلصا نعاهبعتمتييتلا ةدارفل-ا7 ولوىتح ةعامجلالكَسادقوه سادقلكفَ.ةدارفلهذاه نع ريبعاتبسلانلم اناكم ايجروتييلفلا يف،ةيجروتيلريغلامعأ ةماقإىلعنابشلا عجشنكلذل.بابشلرامع يفنيكراشملّلكا َناك لو ،ةيجروتيللا ة صلمااقملامع اهذه موقتل نأ ىلع.مهتدارفبسان،تةسينكرلياغتاعاق عم ل ،تلافتح هذها قفاوتنتأ بجيو.ايحور اعاعشإ لب،اهلادادتما لكشتلب.اهنعضوعت
.ينوَراملاو يقرَشلاو يكيَلوثاكلاو يّحَيسملا ءامتن تاابلطتم عملب،ملاعلاذاه ةينهذ

ةيناكيتافلا قئاثويلاقابيونوراملاعمجملاويناَكيتافلا عمجملاتاداشرإذيفنزتيحلاعضو-8 ىلعتاقوجلااميسلو نينمؤملاةونهكلعا يجشت.ةوينوراملا ايجروتيملظلنتايتلا ةيكريرطبلاو مازتل ،يالاتل،وابةسينكهتلراقأ ام ىلعةصاخلا تارايخللايضفمدتعبةسينكةللملاكلةاعاطلا
.ه عأةروكذملاقئاثوئلداابمب ّمعَ،اهريفاذحةبيسقطلا تاداشر اةويجروتيللا بتكلاب

ةغيصباموزاحو احيرصو احضاو ام كددصلااذه يفيناثسلالوبانحويابابّيلواَابوطلا لوقي :رم ا

صَّخ اب،يتسراخف ا لافتحلياف،طانتيتلىا مظعلاةيلوؤسمقلابسامم كردنانإ" -12 سيلاهتمدخوةكرشلةاداهشنينمؤم ،حيسملصا خشيفاهوسئرينأ دوعيمهيلنإ يذلةانهكلاب امئاد ةينعملا ءاعمج ةسينكلالضيأ لب ،لافتح يافةرشابم ةكرتشملاةعامجلل طقف تاونسذنم ةصاخب،تازواجتنم لصحامل يثرنّنأ َ، !ّفسَ لايو،بجي.ايتسراخفلإاب فييكترلاكاوتب ّئطلَاخ مهفنع تمجنتازواجت،سدونيسدلعابام ،يجروتيللا ح ص ا يفةصاخب،"تايلكشلابكسمتلا" ىلعلعفةدر يف،ضعبلعافدندقا لو.نيريثمكللآبلتببستف ميظعليّاجَروتيللا ةسينكدليالقاهتراتخايتل"الاكش " نا أ اوربتع،افقطانملانم كلتوأ هذه

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ّقوَذببلاغليا فعتمتتل اهبحومسم ريغتاثادحتسااولخدأو،ةمزلم ريغةيميلعةتطلاسلاو .ميلس

،يتسراخفلإا لافتح يفا،ظفاحيك ايودم ءادنقلطأنأ يلع بجاولانم هنأىرأ كلذلج
؛يقيقحلا يسَنكلا ايتسراخفعب اطا لّسوَملم ريبعاهتنإ .ةيجروتيلملظانلاىلع،ىمظع ةنامأب ماقتيتلةعا امجلللو لفتحمللل،دح اّكلمَّادبأَايجروتينلكلتامل.ّاقمعَترثك اهاانعموه كلذ ددنييكستنروةكعامج ىلإّايسَاقّام َكهجوينأ ىلإسلوبلوسرلرّاطَضا دقلو.رارس اهايف )تاقاق(شتاماسقنىالإتداقتازواجت،يتسراخف ا لافتحلقافارتيتلةرا يطخلتا ازواجتلاب .)34 – 17 : 12 وك1 ار( عدبلكشَتىلإو

عاعشكاهراهظإو ،ةيجروتيلمظلانللةعاطلافاشتكاديعننأ انيلع،اضيأ رضاحلاانرصعيف ميقييذلانهاكلانإ .يتسراخفإ لافتحا لك يفةرضاحلا،ةعماجلاوةدحاولاةسينكلةدلاهشو ،ةسينكاملهلتبحم نارهظي،اهل عضختيتلةاعامجلاو ،ةيجروتيملظلناللّاقفوَ،ةنامأبسادقلا ،ةيجروتيملظلنالقليمعلىانعملااذه زيزعتيفةديكيأ نم ةّبغَرو .ةغيلنبكلوّةتمَاصةقيرطب تاهيبنّةتقفربَم ،ةيعونرثكةأقيثئويهتنأبةينامورلايا روكليافةصتخملرائاودلنام تبلط ةيمهأ نم للقينأ دح قحَيل .ةيمه ا ميظعلعاوضوملااذه لوح ،اضيّيأ نوَناقعباطتاذ ،هاوه ىلعهعم لماعتينأبدح هيفحمس ليّردقَبةمظعلانم هنإ :انيدينأيبعوضوملارّسَلا ،ةسينكةلاايح ايتسراخفلإا ،يناثسلالوبانحوي( .لماشلاهدعبللو سدقملا هعباطل هّبآَريغ
.)2223 امور

.........

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 :ةص خ

ل خنم ةلصاوتملةالوماكتملةئا شنتةيللماع ىلعةيجروتيللا ةنجللبّا كَنت،ه عأرّكذَامك ةداعإ ةياغلاو.ةيشرب ا يفتايعمجلا فلتخعم م تاءاقليفوتاظعلانمضو تارضاحملا ةبيرغلةالويخدلراصانعلءااغلإو،ةحلاصلدايلاقتمالزاتبل ل ا خنم ةيقيقحلا ةدابعلحاور ءايحإ رسَلاو تيبةمارك عم قفاوتليو ،عوشخلاوةناصرلاوةدابعلحاور ضقانيرصنعلّكوَ ةسرامملابةسينكتلااهيجوتشيعوةداهشلايفةنجللءااضعأ دهتجيكلذل.ّهبَىفتحملا
.ةيجذومنلا ةيجروتيللا

ميقكلاردتو )ةينيد لا حورلاىنعمل(ابةيناملعلا حور اهمظعأو ةريبتكايدحتةنجللحااجنمامأ هذه ةهجاوم ّنإ َ.يمهَولا يمقَرلا ملاعلةانميهويدرَفلا سّحَلا نايغطوةيناسن ةياقو خ ا ءامتن ناوامي قامع ىلإةفاضةإقداصلةاداهشلاوةرباثمنلما ريثكىللاإجاتحيتايدحتلا وحنةسينكةلداايقلحورلا اهبختندقا وايلعلتااطلسلماامأ ةيونبلا ةعاطلا حورو ّيسَنكلا
.ص خلا

ةرمثموةلاعفةقيرطةبدابعلباجاو اودؤييكل،انتيشربأ اياعارلانوعو ّ يلَد نوكننأ ان بسح ةبحم قيرطيفنينمؤملبا ولقهيجوتىلعموقتةليسرويخو.مويدعبامويةسادقمهديزت
يه ةسدقملا ايجروتي.لللواصف اوديلاقتةعلاطللاومز لعاوشخلاابهشيعوةسينكايلاجروتيل .هسورعةسينكىللاإحيسمعلاوسينم ةّيطَع مظعأ يهو ،انلمهتكرتنويسيدقلا ثرإ

زارط نم ماظعلانيسيدقلا ةودق :ايجروتيشليلاعيفةّودَقاناطعأدق نّأبَريكذتنلمادبلَامك انتيجروتيلنوكتنأ نكميل !مهلاثمنأ يريثكيلنايَودرحلا ةمعنولبرشسيدقلاو ويبيرداب :ايعشيّأ بنَلا تاملكمهفنىنعملااذهبو .نيسيدقلا ءلؤه ىلإاهتيناحوربدنتسملتاذإ ةرمثم ىلإوهنم متحنيذلا رخصلىا لإاورظنأ،برلا ةلادعنوبلطيقوحَلا نودير نمياياوعمس"إ

)1 :11( ."متعلتقا هنميذلا علقملا

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